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Billet de blog 12 décembre 2024

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Il était une fois…

« Syrie. Comment raconter une histoire à un enfant qui n’a jamais vu ni le ciel ni un oiseau ? » demande Firas Kontar dans une tribune publiée par Le Monde aujourd’hui.

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Un récit à lire…

Un texte émouvant, et courageux qui nous parle. Moi il m’a fait pleurer… Comme aussi celui que j’ai lu hier écrit par Ziad Majed, titré  « En Syrie, la destruction des prisons illustre la fin d’une ère marquée par la répression et l’écrasement de la société »… Un texte courageux oui, à cause de tout ce qu’on entend sur nos plateaux télés ou ce qu’on lit dans les rares commentaires sous ces textes dans le journal Le Monde et qui font honte à notre intelligence.

Le texte de Firas Kontar commence comme ça…

« Si incroyable que cela puisse paraître, des enfants en Syrie ont grandi dans les prisons de Bachar Al-Assad sans jamais voir le ciel. Le regretté et charismatique Michel Kilo, opposant de longue date au régime d’Al-Assad, avait partagé l’histoire déchirante d’un enfant qu’il avait croisé en prison, une histoire qui l’a hanté toute sa vie. Cet enfant de 5 ans vivait avec sa mère dans une cellule d’isolement, sans fenêtre, coupé du monde extérieur. Né et élevé dans les prisons d’Al-Assad, il ne savait ni ce qu’était le ciel, ni ce qu’était un oiseau.

Un geôlier avait secrètement demandé à Michel Kilo, lui-même emprisonné, de venir raconter une histoire à cet enfant. En écrivant ces lignes, je ne peux retenir mes larmes pour cet enfant, mais aussi pour Michel, mort le 19 avril 2021 à Paris, loin de la Syrie qu’il aimait tant. Michel Kilo avait demandé au geôlier de ne plus l’emmener voir cet enfant : la douleur était trop forte, plus intense que la torture, plus insupportable que l’emprisonnement et les privations. Cette souffrance n’a jamais quitté Michel. A chaque fois qu’il évoquait cette histoire, ses larmes coulaient, des larmes chargées d’amour pour la Syrie et les Syriens.(…) »

Sur France 5, c’est Antony Samrani, rédacteur en chef à L’Orient qui a parlé dans l’émission C Ce soir, le 10 décembre.

18’ Nous, au Moyen Orient, on a vécu une année terrible, qui s’inscrit dans la continuité de tout ce qui s’est passé au moins depuis 2011. C’est-à-dire, des guerres civiles, des massacres, des nettoyages ethniques, des choses vraiment horribles, à tel point qu’on avait le sentiment au bout d’un moment que le monde arabe était mort que la Syrie avait été son tombeau, et que la guerre à Gaza avait été le dernier clou dans son cercueil. Et là d’un coup on a en Syrie, dans le pays où il y a un clan qui est considéré comme éternellement indéboulonnable. C’était le pays où cela semblait le plus inimaginable que ça bouge. D’un coup le couvercle saute et ça explose et ça crée un vent de liberté.

Alors oui il y a 150 000 inquiétudes à avoir et la Syrie ne va pas devenir un pays socio-démocrate demain et on pourra dire plein de choses Mais avant il faut bien réaliser qu’on était dans un glacis, on était dans un monde où rien n’était possible et le champ des possibles est désormais ouvert.

(…)

54’ On a cette évolution géopolitique avec d’un côté un grand perdant (l’Iran) et de l’autre côté un grand gagnant (voire un et demi) qui sont Israël d’une part, qui n’a jamais été dans cette situation d’hégémonie régionale comme il l’est aujourd’hui, et la Turquie avec ce qui vient de se passer en Syrie.

Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise chose pour la région, je pense que c’est la question centrale de la géopolitique. L’effondrement de l’axe de la résistance est évidemment une bonne chose mais il doit s’accompagner nécessairement d’une évolution sur la question palestinienne.

Même si on est très heureux de ce qui s’est passé en Syrie, on ne peut pas oublier tout ce qui s’est passé à Gaza aujourd’hui.

Le Liban, la Syrie et la Palestine c’est trois terrains qui sont extrêmement liés et dont l’avenir est très lié.

Et si on remet la Palestine de côté comme ce qui s’est fait pendant des années, alors l’histoire se répètera ? (K Rissouli)

Bien sûr, parce qu’il y a cette évolution, cet espoir qui naît, et en même temps le 7 octobre et ses suites ont créé une telle radicalisation des esprits et si on a tout à coup, un acteur qui s’appelle Israël qui peut faire ce qu’il veut, qui dispose d’une impunité totale alors même qu’on est en train d’espérer la justice en Syrie, la justice au Liban, ça ne fonctionne pas. Tout le monde doit être traité à la même enseigne sinon on ne peut pas stabiliser la région. »

Alors forcément, sur X moi tout à l’heure j’ai envoyé un oiseau… J'espère que du coup ils seront nombreux à aller lire... Sur Le Monde, je ne pouvais pas, c’est pas comme sur Mediapart, il n’y a rien de prévu pour mettre des images. 

Ils sont venus ce matin, nombreux. Les jardiniers ont élagué leur arbre plus bas… Alors forcément…

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© GTK
Illustration 2
© GTK
Illustration 3
© GTK

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