J’ai regardé la série que France 2 consacre à François Mitterrand. J’y ai vu par exemple qu’on a dit beaucoup de mensonges sur Mitterrand du temps de son vivant.
Comme c’est une fiction, je voulais vérifier… Alors forcément hier je suis tombée sur ça, sur ma source d’information de référence et j’en suis sortie marrie de cet article titré et je cite « La malédiction du mitterrandisme plane encore sur la France » La malédiction, carrément… Voir mon commentaire sous cet article.
Il commence comme ça, avec une phrase extraite du « parti pris » du journaliste : « "Après le « droit d’inventaire » proclamé par Lionel Jospin dans les années 1990 et la tentative d’oubli des années 2010, François Mitterrand tente de revenir sous la forme d’un mythe."
Diantre. Quel mec ce Mitterrand. Même mort depuis si longtemps -trente ans- il tente de revenir !!! Je ne sais pas ce qu'il vous a fait mais ça vous a marqué on dirait. J'ai vérifié et c'est bien entendu un "parti pris". Heureusement. (…)
Qui peut imaginer que Danielle aurait épousé et serait restée avec lui jusqu’au bout, un type comme celui décrit dans cet article ? Qui peut imaginer que Badinter aurait accepté de travailler avec lui ?
J’en déduis donc que décidément François Mitterrand, ils l’aiment ou ils le détestent. Et qu’il est et restera un grand Président de gauche. Moi je me souviens de la ferveur du peuple de gauche quand cet homme a été élu en 1981 et même après -parce qu’en 1981, moi j’étais en Calédonie jusqu’en 1983-. Et je me souviens même que mon prof de Droit public à la Fac où je prenais des cours le soir, après mon travail, s’était foutu de moi parce que j’avais dit que j’étais contente que la gauche arrive enfin au pouvoir, en France.
Je me souviens de toutes les avancées sociales et politiques grâce à lui. Je me souviens d’un meeting à Strasbourg le 2 mai 1988 et il avait dit ça que j’ai retrouvé ici : « (…) On vit ici de la vie alsacienne, de la vie de la France, mais aussi de la vie de l'Europe. On a dans l'esprit une certaine dimension, on sait ce que cela veut dire que l'horizon qui s'élargit, que la nécessaire rencontre entre les peuples, surmontant les passions, les querelles et les guerres, les drames et le sang. On a ici une telle connaissance de ces choses que l'on ne peut qu'aimer la paix, la concorde et l'amitié entre les peuples de l'Europe.
(…) - Supposons que Strasbourg soit organisée et prête à recevoir ces nouvelles alluvions, alors quel destin, chers amis ! Oui, capital de l'Europe qui ne serait pas seulement l'Europe mutilée des lendemains de Yalta, l'Europe soumise à la décision des deux empires, l'Europe abandonnée, sans pouvoir jamais décider pour elle-même. Aussi vous ai-je écrit pendant cette campagne, à la manière du Roi de Piémont clamant ses volontés aux peuples italiens : l'Italie se fera elle-même, soyez sûrs que personne ne nous aidera. L'Europe se fera elle-même ou ne se fera pas.
- Mais il faut bien se dire que toutes ces constructions autour de nous, construction économique, monétaire, agricole, technologique, ce fameux Eurêka, qui signifie en vérité l'alliance de toutes les industries de pointe, des hautes technologies en Europe pour savoir résister à l'invasion japonaise ou bien américaine. Quoi ! En Europe, on ne serait pas capable de rassembler savants, techniciens, ingénieurs, travailleurs de toutes sortes ? On ne saurait pas tirer de leur science, de l'esprit et des mains, un capital comparable à celui qui nous vient aujourd'hui d'un extérieur lointain ?
- Quoi ! Nous ne serions pas en mesure de nourrir et de produire pour 320 millions d'habitants la substance qui fera d'eux, non pas comme une ambition de conquête, mais comme une volonté de survivre, et de survivre honorablement, et de valoir les autres sur la scène du monde ? La première puissance commerciale du monde, c'est déjà fait.
- La première puissance agricole, la première puissance économique, la première puissance industrielle, la première puissance technologique... Quand nous en serons là, comme on dit : on pourra causer.
- Même si, je le répète, les propos que je tiens n'obéissent à aucune volonté qui puisse correspondre à un sentiment de domination quelconque, ce serait déjà bien d'exister sur la planète, de ne pas être écrasés par les poussées démographiques, de ne pas être distancés par les aspirations et la puissance qui, sur les continents, aujourd'hui s'affirment de plus en plus. (…)» François Mitterrand
Un discours puissant qui nous parle aujourd’hui, plus que jamais…
Aussi puissant que celui-ci, prononcé par Mitterrand (avec 2 t il disait, comme terre)...
Et ainsi parlait Mitterrand du travail et des travailleurs… En 1993.
Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du centenaire de l'inspection du travail, sur un siècle de conquêtes sociales et de lutte pour préserver les acquis sociaux, Paris le 19 janvier 1993.
(…) "- Eh bien ! tous, quels qu'ils soient, peuvent être légitimement fiers de ce patrimoine social lorsque l'on compare la France à d'autres pays, même si on a le regard très ouvert sur ce qui manque à notre système ou sur ses défaillances. Je crois qu'on peut dire de toutes ces femmes, tous ces hommes que vous êtes ou ceux qui vous ont précédés, ce que disait d'eux Jaurès, je le cite : "c'est la force de leur passion qui a créé la force de la règle".
- Je sais bien que certains voudraient faire croire qu'on est allé - quand je dis "on" depuis un siècle - trop loin, que l'origine des difficultés économiques se trouve dans un modèle social dont on souligne les imperfections. On nous suggère de revenir sur nos pas. Voilà pourquoi il m'arrive, de temps à autre, de parler d'acquis sociaux.
- Je crois l'avoir dit, il y a peu de temps encore, mais j'ajouterai que ces acquis sociaux seraient surtout menacés de n'être pas défendus. Mais qui les défend sinon vous. D'autant plus que tous ceux qui bénéficient de la protection du code du travail, de la sécurité sociale, de la solidarité nationale ont parfois gardé une faible mémoire des sacrifices consentis par les générations passées.\
Et pourtant, il me semble que les pays, surtout occidentaux, qui ont cédé à la vague d'ultra-libéralisme, encore à la mode récemment, commencent à revenir sur leurs réflexions d'hier. On assiste même dans le sanctuaire, c'est-à-dire aux Etats-Unis d'Amérique à un retour de l'Etat avec moins d'aveuglement idéologique. Parfois je suis heureux, même si je n'en suis pas satisfait, de constater que l'on cite notre pays parmi ceux qui ont su créer l'un des systèmes les plus avancés.
- Voilà pourquoi souvent je m'interroge, en me disant pourquoi renoncerait-on au moment où tant et tant de pays désirent nous rejoindre ? Ferions-nous fi d'une sécurité dont chacun à un moment de sa vie a besoin ? Il est vrai que la situation économique mondiale n'est guère encourageante.
- Au nom du libre jeu des lois du marché, on peut être tenté de remettre en cause la réglementation du travail.
- Mais je ne pense pas avoir entendu dire que l'on voulait supprimer le SMIC, qu'il faut revenir sur la retraite à soixante ans, abandonner le régime de répartition de la sécurité sociale, faire passer le régime d'assurance maladie à un système à deux vitesses. Non, je n'ai rien entendu ou bien c'était assourdissant.
- Ce constat ne peut nous conduire à la résignation car l'histoire sociale de la France continue. Le siècle prochain nous appelle à avoir pour les enfants et les petits-enfants du moment la même ambition, la même foi que celle de la fin du siècle dernier.
- Certains diront utopie. Oui, sans doute, est-ce toujours une utopie car on n'arrive jamais au point que l'on désire lorsque l'on veut qu'une société reste vivante, ardente et généreuse. Mais il faut toujours penser à cela : l'homme n'a que ce qu'il construit. S'il ne bâtit pas lui-même sa vie dans la société de son choix alors il ne sera rien.
- Nous devons donc nous poser à nous-mêmes quelques questions si l'on veut poursuivre la tâche, celle qu'a géré avec tant de constance et de fidélité l'inspection du travail.\
Quels sont donc les objectifs sociaux des prochaines années ? Il me semble que le premier d'entre eux, du moins chronologiquement, consiste à maintenir et à consolider les progrès acquis sans pour autant verser dans le conservatisme social.
- Par exemple, aujourd'hui, le débat s'est porté sur l'avenir des retraites. C'est vrai que l'Etat a le devoir de tout faire pour assurer avec les partenaires sociaux la retraite de ceux qui travaillent pour renforcer la solidarité entre les générations : qui peut contester, ce n'est pas mon cas, que l'on confie aux représentants légitimes des salariés des entreprises la gestion du régime général de retraites financé par les cotisations des uns et des autres ? Même si je souhaite que la représentation nationale puisse avoir une vue d'ensemble des dépenses de notre société.
- Les initiatives prises en concertation avec les organisations syndicales et professionnelles ont notamment pour objectif d'empêcher la remise en cause de la retraite à soixante ans. J'y tiens, vous comprendrez pourquoi... Tous ceux qui ont atteint ou dépassé légèrement cet âge ont l'occasion d'y réfléchir. Surtout ceux qui, soit sur le plan politique, soit sur le plan social, ou les deux à la fois, ont pu voir l'angoisse ou la fatigue d'hommes et de femmes qui travaillent depuis leur jeune âge. Ils se rendent bien compte qu'il s'agit là d'un acquis essentiel auquel aucune technique ne doit faire renoncer. On verra bien plus tard quand les choses seront différentes mais pour cette génération c'est ainsi. (…)" François Mitterrand
Sa fille Mazarine aussi lui rend hommage, pour le trentième anniversaire du décès de son père. C’est à voir ici… Il aimait sa fille et sa fille l’aime. Elle n’est pas objective me dira-t-on. A priori, avec Mitterrand, personne ne l’est… Et comme pour tout le monde, ça en dit plus long sur ceux qui parlent de lui que sur lui… Non ?
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