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Billet de blog 18 mai 2024

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C’est le racisme qui tue

En Kanaky comme en Palestine. C’est parce que des humains dénient à d’autres humains leur dignité humaine, que la colonisation et l’apartheid sont possibles.

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Lorsque le racisme tue, c’est parce que les dirigeants ne font rien pour l’empêcher, soit parce qu’ils le minimisent, soit parce qu’ils sont racistes eux-mêmes. « Mon droit, celui de mon épouse et de mes enfants, de circuler sur les routes de Cisjordanie, est plus important que la libre-circulation des Arabes. C'est la réalité ! C'est la vérité ! » a dit un ministre israélien.

C’est de racisme dont est victime le peuple kanak, depuis toujours. Le racisme je l’ai vu avec mes propres yeux lorsque je vivais là-bas, il y a longtemps. Un jour un père de famille est venu jusque chez moi pour chercher son enfant qui jouait avec mes enfants et leurs copains. Il m’a dit en me regardant droit dans les yeux, que les Kanak c’est que du bétail. Que lui et les siens avaient quitté l’Algérie et que cette fois il ne se laisserait pas faire. Il n’était pas seul à penser comme ça.

C’était au début des années 80, avant « les événements ». J’y suis retournée en 92, le calme était revenu. Aujourd’hui à Nouméa, tout a bien changé, puisque je viens de lire ça sur Mediapart : « Dans la période récente, « Nouméa la blanche » a rarement aussi bien porté ce surnom anciennement donné par les indépendantistes : dans les rues, les Kanaks sont rarissimes, et sont scrutés. Posté au bas du rond-point de l’Ancre de Marine, un guetteur, caméra au poing, filme en continu. Sur les boucles WhatsApp, les signalements tournent instantanément. » Les plages et les baies de Nouméa je connais bien, tout le monde y allait, pour nager ou pour fêter… Enfin ça c’était avant…

« Le rejet de l’autre, pourtant au cœur de toute situation coloniale » n’a cessé d’étonner Jean-Marie Tjibaou. Confronté dès ses premières années de séminaire au racisme ordinaire de certains prêtres à l’égard des kanaks, il ne cessera de méditer, puis de dénoncer cette atteinte à la dignité humaine. « Les Européens nous ont empêchés d’être », constatait-il. »  in « Jean-Marie Tjibaou - La présence kanak, page21

C’est du racisme qu’il faut parler, pour le regarder en face et le combattre. Pour le condamner, avec conviction et avec force. 

Et répéter sans cesse, encore et encore que les êtres humains sont tous égaux en dignité et en droits. Tous, sans exception. Rien ne peut justifier ou expliquer le racisme. Rien. Ni là-bas loin ni ici où on tend les micros à l’extrême-droite dont on sait que l’idéologie dominante est le racisme.

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© GTK

Sinon pour continuer à respirer, je me suis fait mon petit Cannes à moi hier. Deux films à la file dans mon cinéma préféré.

D’abord « Petites mains », film magnifique réalisé par Nessim Chikhaoui, duquel on sort prêt à soulever les montagnes d’injustices. A voir absolument. Pas de racisme et même de la fête ? Normal. Les combats justes rapprochent les gens. Se battre pour la justice a du sens. Je suis passées du rire aux larmes et par la fierté de voir Madame Kéké à l’Assemblée nationale. Si ce film existe c’est aussi grâce à elle, puisqu’elle a participé à l’histoire vraie que le film raconte.

Tout de suite après avoir changé de salle dans mon cinéma j’ai regardé « Un p’tit truc en plus » du réalisateur Artus. Une ode à la bienveillance même envers les sales types. Un beau film qui nous fait comprendre que ceux que nous pensons tellement différents parce que handicapés, sont dignes d’être aimés et capables d’aimer au point de rendre meilleurs les plus mauvais d’entre nous.

J’ai toujours pensé que le cinéma peut changer le monde. Je suis sûre que quelqu’un a déjà dit ça, je n’ai pas vérifié parce que là tout de suite c’est de moi.

Et cette nuit j'ai regardé la lune se coucher ; elle brillait tellement qu'elle m'a réveillée...

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