La conférence de Mélenchon à Sciences Po hier.
46’50 Sur la pancarte dehors « Mélenchon clientéliste ». Je l’ai déjà dit cent fois quand vous parlez comme ça, vous parlez comme des racistes. Parce que je sais ce que vous voulez dire. Vous voulez dire que je vais chercher les voix des quartiers populaires. Oui nous voulons que les milieux populaires s’auto organisent, et soient en état d’insoumission à l’égard des règles de la société. Donc nous on fait le travail pendant que vous, vous bavardez sur le peuple, ou vous l’insultez. Et vous me dites les cités populaires, pour une raison bien précise. C’est parce que vous n’osez pas dire ni assumer, votre islamophobie fondamentale. C’est-à-dire que vous pensez quartiers populaires = musulmans. Musulmans = antisémites. La preuve que vous ne connaissez rien à l’islam, ce qui ne nous étonne pas, mais deuxièmement que vous ne nous connaissez pas. Vous ne savez pas qui nous sommes. Vous ne savez pas que les milieux populaires jugent les autres. En tous les cas les milieux populaires salariés. Ceux qui vivent dans la difficulté de chaque jour, vivent dans une culture de la solidarité, qui juge chaque autre personne d’après ses vertus morales, sa capacité à donner, à partager, plutôt que d’après sa religion ou d’après son air, la couleur de ses cheveux, s’ils sont frisés ou pas.
Peut-être que je manifeste un enthousiasme excessif pour la conscience populaire, mais comme je vous l’ai dit tout à ‘heure, il faut faire un choix. Soit vous considérez que c’est un ramassis d’animaux sans conscience, soit vous considérez que ce sont vos frères et sœurs en humanité et par conséquent vous les respectez et vous leur prêtez le meilleur de ce qu’ils sont capables de faire et dont ils font la démonstration quotidienne. Donc ceux qui m’accusent de clientélisme, sont des racistes, sont des islamophobes qui n’assument pas leur haine. Alors ou bien ils l’assument et on en discute parce qu’ils ont des arguments à mettre sur la table, et nous sommes prêts à entendre tous les arguments. Tous les arguments, j’ai bien dit. Y compris ceux qui accusent ceux qui sont d’origine étrangère.
C’est la rigolade cette histoire-là. Ceux qui sont d’origine étrangère d’être les principaux responsables de la délinquance. C’est un mensonge absolu, qu’aucune statistique ne vient confirmer. Alors je dis « d’origine étrangère », ça devient un peu risible. (applaudissements). 48 »46 Moi je fais des réunions avec des jeunes camardes, dont vous vous doutez qu’ils sont représentatifs des milieux que nous portons politiquement. Et alors on dit, il y a des origines étrangères, et ici le seul maghrébin c’est moi. A part moi, personne n’est né en Afrique du Nord, dans ces réunions. Et à chaque fois, il y a un copain, comme ça, je lui dis tu es né où et ils sont nés -en France ndlr. Tout ça c’est une boue qui est destinée à la stratégie fondamentale de l’ennemi. Fractionner le peuple. Parce que s’il ne le fractionne pas, il a perdu. Il lui faut donc répandre le venin de la haine et de la détestation. C’est pourquoi l’unité du peuple est la stratégie fondamentale de l’insoumission. Et cette unité passe par un combat implacable contre le racisme. Parce que le racisme est ce qui sépare le plus définitivement, puisque c’est irrationnel, puisque cela ne repose sur rien, que c’est juste une impression. Dès lors on ne peut pas dissocier la ligne stratégique de l’ère du peuple et la révolution citoyenne du combat pour l’unité du peuple. »
La consigne est la même tout le temps. Résister. Et soyez solidaires. C’est-à-dire, n’abandonnez pas les camarades.
1h33. On résiste ! On peut pas aller à l’Université on va dans une salle privée. On peut pas, on va sur une place. Nous avons réservé une place et une rue, au cas où quelqu’un aurait eu l’idée peu probable de changer d’avis… On serait sur la place en ce moment…
La consigne est la même tout le temps. Résister. Et soyez solidaires. C’est-à-dire, n’abandonnez pas les camarades. Même si vous n’êtes pas insoumis, même si vous détestez les insoumis, -je ne sais pas pourquoi vous les détesteriez d’ailleurs, parce qu’ils sont tous terriblement sympathiques- ne faites pas la bêtise d’abandonner la ou le camarade. Vous commencez à protester et vous n’arrêtez pas tant que ce n’st pas réglé, tant que les personnes n’ont pas été relâchées, etc. »
Il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec nous, ils balancent des tracts. Moi je n’ai rien à dire contre ça. Ça a été dans une forme qu’ils ont choisie. Bon. Donc vous pareil. Vous résistez. Ne reculez jamais. Le maître a sorti le fouet et il te fouettera aussi longtemps qu’il le peut parce qu’il sait qu’il peut te faire reculer. Tandis que nous, on ne peut pas nous faire reculer. Ce n’est pas possible. Je sais très bien que nous serons punis par la bonne société pour avoir résisté. Les filles plus que les garçons. Vous avez vu que c’est Rima qui est sensée faire l’apologie du terrorisme, pourquoi elle et pas moi ? On est allé au même endroit, on a dit les mêmes choses. L’injustice est toujours sexiste.
1h 36 ‘ Quelle est la limite à l’exploitation ? La résistance à l’exploitation. Quelle est la limite à l’oppression ? La résistance à l’oppression. Et quand vous vous rebellez, alors le système commence à se bloquer. Parce que le cousin, le voisin se demande pourquoi tout ça a lieu. Et alors la conscience se propage. Et nous notre rôle, c’est de faire monter le niveau de conscience. Des fois avec des méthodes un peu rigolotes, pour faire réfléchir. En ne se trompant pas de méthode si possible. Parfois il y a des méthodes tellement contre-performantes qu’à la fin il y a plus de monde pour que de monde contre. C’est ça qu’ils essaient de faire avec moi. Oh regardez ce Mélenchon. Il a provoqué une levée de boucliers ; c’est lui le chaos. C’est comme ça qu’ils font, tout le temps.
Et la pire des domestications, je vous l’ai dit tout à l’heure, c’est le racisme.
1h 41 » Leur lutte est dans le domaine de l’esprit. C’est en conquérant l’hégémonie sur les esprits qu’ils dressent, domestiquent et enrégimentent. C’est comme ça que ça se passe. Et la pire des domestications, je vous l’ai dit tout à l’heure, c’est le racisme. Que ce soit le racisme islamophobe, le racisme antisémite, le racisme ce que vous voulez, tous les racismes. Quand la haine ou le dégoût peut nous envahir, nous ne jugeons pas les autres sur autre chose que les actes qu’ils posent et dont ils sont responsables. Nous ne nous laisserons pas embrigader dans la haine et nous sommes parfaitement capables de faire la différence entre un juif et un sniper de Tsahal. Nous jugeons les individus quand ils sont dans la bonté, quand ils refusent d’obéir, et nous apprécions, quelle que soit leur religion les actes qu’ils posent. Nous n‘avons pas d’ennemi générique. Notre adversité, c’est le mal, notre adversité c’est le meurtre, et nous pensons même que ceux qui en sont coupables, sont capables de se réhabiliter. Car tel est l’idéal républicain. Que la punition n’est pas destinée à humilier, mais à permettre de se reconstruire, dans un autre sens. Voilà le message de l’humanisme.»
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