« Le secrétaire général des Nations unies a salué l’espoir de paix entre l’Iran et Israël, ce vendredi. Mais Antonio Guterres a rappelé qu’elle ne peut éclipser « la souffrance des Palestiniens à Gaza », alors que le Premier ministre israélien continue de bombarder l’enclave et le Liban à sa guise. » Lire sur le site de L’humanité
« Ce qu’ils ont vécu pendant 12 jours, nous le vivons depuis près de deux ans »
« (…) Personnellement, je suis d’accord pour que les populations civiles soient protégées, et pour que l’on parle de toutes les souffrances humaines. Mais trop souvent, quand il s’agit des Palestiniens, l’humanité disparaît. On félicite l’enfant gâté qui est en train de se disputer avec tout le monde dans le quartier. On a l’impression que c’est un orphelin menacé, alors le monde entier doit lui servir de parent. Cet enfant-là est venu du monde entier occuper un territoire qui n’était pas à lui, mais dont il affirmait être le propriétaire. Dès le début, il a utilisé la violence, les massacres, les boucheries. Cela continue, de 1948 à nos jours. Mais « il a le droit de se défendre ».
Je sais que, malgré cette vision médiatique biaisée en Occident, des membres des sociétés civiles, des intellectuels, des journalistes relaient la vérité, et je les remercie. Un jour, ils auront raison. L’enfant gâté perdra le soutien des Occidentaux, évacuera les territoires occupés. Les Palestiniens vivront alors sur leurs terres, dans leur propre État, un État palestinien reconnu par le monde entier. Nous reconstruirons tout ce que l’enfant a détruit. Et Gaza sera une Riviera, mais construite et gouvernée par les Palestiniens. » Rami Abou Jamous, fondateur de GazaPress, sur Orient XXI
Onzième épisode : la faim devenue elle aussi un moyen de pression.
« (…) Ce qui se joue ici n’a rien d’un film. Ce n’est ni Hunger Games, ni Squid Game. C’est Gaza. Un jeu mortel, sans gloire ni argent, pour un peu de farine et de pain pour nos enfants. Les règles sont claires. Marcher des kilomètres sous les bombes. Patienter des heures sous les snipers. Se figer quand les balles sifflent. Chaque pas mène à un repas. Ou à la mort. Y a-t-il encore quelqu’un pour mettre fin à cette folie ? Le monde attend-il le prochain épisode de notre calvaire ?
Un proche m’a confié, la voix tremblante : « Les pleurs de mes frères m’ont brisé. L’impuissance de ma mère m’a tué. Je n’avais rien à leur donner. J’ai marché 3 kilomètres. J’ai dit adieu, sans savoir si je reviendrais. Là-bas, les balles ont sifflé. Les gens hurlaient et les corps gisaient au sol. J’ai rampé pour fuir… Je ne sais pas comment je suis encore en vie.» Un ami revenu avec un peu de nourriture m’a dit : « Le paquet était trempé de sang. Cette nourriture m’a coûté ma dignité. Elle s’est brisée deux fois : d’abord sous la faim, puis en comprenant que j’étais devenu un pion dans leur théâtre de domination.» (…) Nour Z. Jarada vit à Gaza depuis toujours.
Dans le fracas du monde, et la chaleur écrasante, la lune hier soir et le soleil ce matin ont quand même fait leur cinéma...
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