Un rêve marketing largement consenti...

La production humaine dans ses biens uniquement matériels nous conduisent perpétuellement dans ses impasses. La nature crée de la vie dans un foisonnement de richesses, et nous continuons à déposséder le monde pour de vaines concupiscences individuelles.

Les faits sont pourtant là, un virus et des abus de pouvoir flirtant avec la peur, afin contenir le monde dans ses prérogatives.

Tout le monde bêle aux abois dans le silence de ses chaumières et seuls les loups sont libres de nous parquer, ils grésillent dans l'air libre, et s'immiscent dans nos consciences. Ils écrasent la vie en feignant de nous sauver. Ils nous disent être protecteurs et ils empoisonnent en toute impunité sous des lois nouvelles. Ils se débarrassent du vivant inutile en s'octroyant le droit de faire des choix judicieusement « politiques », sans même nous demandez nos avis.

Ils savent pour nous, ce qu'est le bien et le mal, dans une immuabilité promise et verrouillée.

L'autorité bienveillante nous invite brutalement à accepter ses règles, beaucoup alors se contentent d'une sécurité devenue affective. Seulement se contenter, contenir en soi ce minimum vital, ne pas chercher l’extravagance existentielle, vivre instinctivement uniquement sur ses plates-bandes, ses besoins primaires. Pourquoi pas quoi après tout, se réduire à soi, se résigner à peu de choses. Ne le faisions nous pas déjà dans nos modes de vie aux aspirations matérielles ?

Nos désirs de petites distinctions ne se résument-elles pas déjà à quelques contingences orientées ?

Portons nous vraiment autre chose que des rêves marketing largement consentis?

 

Le monde capitalisme nous sied si bien encore, avons nous en nous même réellement d'autres attentes ? Pour une large majorité d'entre nous, non, ou à peine.

Parce que chercher, imaginer, aspirer, compromettre des états de faits, demandent des efforts d’intranquillité. Et nous nous accrochons si vite à quelques bouées élémentaires de satisfactions.

Nous ne savons que faire de l'injustice, de l'inégalité qui finissent par s'établir dans l'organisation de nos mondes. Toujours avec ce sentiment de fatalité inéluctable.

Nous réduisons nos amours, nos amitiés, nos conditions de vie à ce qui nous est palpable, à ce qu'il nous est appropriable. L'inconnu nous déroute encore.

Oui, l'infini est trop grand pour nous, et nous nous interdisons alors de percevoir l'essence de la vie, insaisissable et permanente, du déploiement anarchique du vivant.

Nous préférons être sûr de nous même, et nous avons encore en nous les craintes sauvages, de cette animalité à peine domestiquée.

Les principes moraux nous ont écartés des danses naturelles, des profondes émotions pour de simples romances bas de gamme. Nos sensibilités ont été politisées et nous monnayons en nous des semblants de liberté, pour quelques convenances et la facilité normée.

 

Il est vrai que l'insondable beauté est parfois écrasante. Nous ne savons que faire devant le mystère de l'immensité, nous abdiquons si souvent tant tout cela reste impensable. Et pourtant, aiguiser sa conscience revient à entrouvrir encore davantage d'inconnus, toujours plus encore d'infinités, d'inexpériences et de choix existentiels. Toujours plus d'inconnaissances, de savoirs inexplorés. Et de se sentir bien con, devant son inconsistance. Aucun savant, aucun philosophe ne peuvent nous donner là, La vérité. Aucun dieux, toujours le néant, et le quotidien de sa petitesse. Que de fenêtres devant soi, de portes, d'univers. Toujours plus d'espaces, de nouveautés physiques, et nous voilà pourtant coincés dans nos incapacités matérielles. Comme si la terre se refermait sur elle même, avec nous en dedans, submergés par des forces obscures. Et plus loin de nous vivent et meurent d'autres soleils, dans une indifférence totale.

 

« Nous sommes en guerre » cet aveu d'incapacité humaine et d'autodestruction , des limites de notre intelligence collective à surmonter nos tords civilisationnels, comme si nous n'avions encore pas compris que nos réels combats ne devraient être seulement que philosophiques. Les dominants de ce monde ne se résument encore qu'à des affaires de cupidité et d'une immuable bêtise virale, hautement contagieuse. Cette arrogance de croire que nous maîtriserions les lois naturelles avec nos sacro-saints progrès techniques qui n’entretiennent que d'illusoires puissances sociétales. La production humaine dans ses biens uniquement matériels nous conduisent perpétuellement dans ces impasses. La nature crée de la vie dans un foisonnement de richesses, et nous continuons à déposséder le monde pour de vaines concupiscences individuelles.

Notre culture marchande se doit d'être réviser par des forces magnanimes et d’innombrables libérations culturelles, cultuelles même, pour croire à un autre devenir humain.

 

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