Il y a 80 ans, le 29 avril 1945, les Françaises ont voté pour la première fois lors d'élections municipales. Ce droit est le résultat d’un combat historique qui a traversé les siècles, acté par l'ordonnance prise à Alger le 21 avril 1944 par le Gouvernement français : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ».
En 1945, de nombreuses femmes sont devenues conseillères municipales et une vingtaine ont été élues maires. Pourtant, 80 ans plus tard, les hommes représentent toujours 80 % des maires en France.
Adoptée le 7 avril dernier à l’Assemblée nationale, une loi va étendre le mode de scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1000 habitants. C'était attendu, mais il est indispensable d'aller plus loin pour dépoussiérer, renouveler et diversifier les visages de la politique locale. Comment se satisfaire que seuls 20 % des maires soient des femmes et de l'existence de véritables baronneries locales ? Imaginez, certains maires sont en fonction depuis plus de 35 ans.
Notre démocratie n'a pas besoin d'un retour du cumul des mandats mais d'une limitation dans le temps des mandats pour les têtes d'exécutifs : pas plus de 2, voire 3, mandats successifs pour les maires, présidents de Départements et de Régions. Cette mesure favoriserait le renouvellement des équipes et l'accès à de nouvelles personnalités, notamment de femmes, à la tête des exécutifs. Cela serait aussi une manière de répondre à la désillusion des Français et Françaises de la politique.
Comme disait Gisèle Halimi : « tout ce qui fera avancer les femmes, fera avancer la société ».