500.000 sur Instagram

Le compte Instagram de Mediapart vient de franchir la barre des 500 000 abonnés. L’occasion de vous raconter un peu ce que le journal fait sur ce « réseau social » en plein boom.

On a peu souvent l’occasion de vous dire comment nous animons nos réseaux sociaux à Mediapart. Et pourtant, on aimerait ! C’est qu’on n’a pas souvent le temps. En tant que CM (« community managers », ou « gestionnaires de communautés » si vous préférez), nous sommes la plupart du temps affairés à préparer des posts, des vidéos, des images pour Facebook, Twitter ou Instagram, plutôt qu’à rédiger des billets de blog. Au quotidien, ce travail est réalisé par une équipe de quatre personnes : Cécile Dony, Armel Baudet, Muriel Campistol Torres et moi-même. Voici précisément, à la faveur de ce joli chiffre rond, l’opportunité de faire le point.

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Stories, reels, IGTV…

Mediapart s’est lancé de façon vraiment active en 2018 sur Instagram – le réseau social de l’image, dit-on – et on peut dire qu’en à peine trois ans, la donne a changé ! En 2018, seuls 20 000 abonnés suivaient Mediapart et nous arrivions tout juste à publier une photo par jour. La plateforme, propriété de Facebook depuis 2012, connaissait déjà un réel engouement, qui ne s’est toujours pas tari. Au point qu’on compterait aujourd’hui plus d’1,2 milliard d’utilisateurs actifs à travers le monde (la maison-mère Facebook en serait à 2,8 milliards).

Alors que Facebook domine de longue date le paysage des réseaux sociaux, c’est une sorte de nouveau centre de gravité qui s’est constitué avec les années. Attirant tout autant de nouveaux publics – plus jeunes, plus féminins, plus politisés – que les médias séduits par de nouvelles opportunités d’audiences, Instagram est dans l’air du temps : une application ultra-mobile, ultra-addictive, et qui brasse large. Dernièrement, elle s’est même montrée particulièrement efficace pour accaparer des fonctionnalités sociales innovantes qui avaient connu du succès chez d’autres. 

Les « stories » d’abord, ces fameuses images verticales éphémères visibles 24 heures (piquées à Snapchat fin 2017). Les « reels » ensuite, séquences ultra-courtes qui permettent aux utilisateurs de se mettre en scène dans des boucles vidéo amusantes ou carrément farfelues (reprises à Tiktok en 2020). Et enfin (là, c’est une création originale), IGTV est apparu en 2018 pour proposer le visionnage de vidéos longues façon YouTube.

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Trois à quatre posts par jour

Autant de formats nouveaux en si peu de temps, ça donne un peu le tournis. Alors on y est allés à tâtons. D’autant que nous cherchons généralement à ne pas nous faire « happer » par les plateformes (par exemple, nous refusons de proposer des contenus spécifiques ou exclusifs dédiés aux réseaux sociaux, comme peuvent le faire certains médias). Pour nous, le principe est simple : le support de l’information, c’est le journal, et les réseaux en sont un porte-voix. Au sein de l’équipe CM, tels des crieurs numériques, nous cherchons à exploiter au mieux les nouvelles possibilités disponibles en ligne pour le faire connaître et annoncer nos enquêtes, nos reportages, nos émissions, et même certaines contributions du Club…

Et justement, à ce sujet, Instagram constitue un sacré défi. Plus que tout autre réseau, Insta nous impose une forme de production permanente de contenus originaux (à la différence du simple lien partagé par exemple), ainsi qu’une éditorialisation forte. Chaque jour, nous devons faire des choix de visuels et nous poser des questions : quelle image représentera le mieux l’article fort de la journée ? Est-ce que ça vaut le coup d’en faire une story ? Quelle harmonie graphique appliquer pour aider les utilisateurs à identifier Mediapart dans le torrent d’infos ?

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Aujourd’hui, nous publions trois à quatre posts chaque jour. Comme le premier point d’entrée vers l’information est l’image, c’est son aspect général qui va constituer l’essentiel du message. Pour cette raison, nous attachons beaucoup d’importance à la diversité des sujets représentés (France, international, société, culture…), mais aussi à la diversité des personnes représentées (femmes, jeunes, personnes discriminées, travailleurs en lutte…), et la diversité de nature ou de forme de l’image (photographies, dessins, portraits, paysages, couleurs, complexité de l’image…).

De « À l’air libre » aux « inratables »…

Finalement, avec la rentrée 2021, nous avons mis en place quelques formats, qui reviennent désormais régulièrement, comme des points de repères. Quelques exemples :

  • Les stories : publiées quasi quotidiennement, nous les utilisons comme des « instantanés » sur des actus fortes, et pour mettre en avant les portfolios et documentaires du Studio. En fin de semaine, nous publions un récap des contributions de la semaine écoulée dans le Club.

Les stories de Mediapart Les stories de Mediapart

  • Les vidéos IGTV : du lundi au jeudi, nous publions un extrait d’« À l’air libre » et, depuis peu, un extrait d’une émission du studio en fin de semaine. Le lundi est aussi consacré à « Ouvrez les guillemets », maintenant disponible en intégralité sur Instagram – comme sur YouTube et Facebook.
  • Les éditions spéciales : nous utilisons majoritairement les carrousels (succession de plusieurs images) pour les mettre en scène avec un titre en couverture. Cela nous permet de condenser deux ou trois articles en un seul post qui synthétisera la une à lire sur le site.
  • Les inratables du Club : chaque semaine environ, une citation extraite d’un billet de blog du Club, sur fond bleu, fait office de petite fenêtre vers une contribution d’un ou une abonnée.
  • Les illustrations : elles émaillent notre « grille » ponctuellement et sont souvent issues du Club. On aime beaucoup les dessins de Fred Sochard (ça se voit), mais nous proposons aussi de plus en plus d’enquêtes illustrées.

Beaucoup de choses vont encore sans doute évoluer, et il est fort probable qu’Instagram poursuive le développement de nouveautés. Que ce soit du côté des usages ou des applications, nous suivons de très près les transformations en cours. S’il y a bien une forme de « transition », il ne nous a pas échappé qu’elle opère surtout au sein de plateformes propriétaires, qui appartiennent d’ailleurs pour la plupart au même groupe (Facebook), et nous restons très prudents quant à notre manière de les aborder.

Dans la même optique, nous avons toujours un œil tourné du côté des réseaux libres. Et on espère vous annoncer prochainement notre retour sur Mastodon. À suivre…

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