«Hacker» la présidentielle!

Ce pourrait bien être la stratégie audacieuse mais finalement gagnante pour la gauche, à condition de mettre habilement en scène ce choix radical.

Imaginons un peu :

1. La gauche s'unit et décide d'une seule voix de ne présenter aucun candidat à la présidentielle, pour exprimer solennellement le fait qu'elle ne cautionne plus cette personnalisation idiote de la vie politique, personnalisation qui non seulement va à l'encontre de ses valeurs mais surtout qui pourrit, depuis trop longtemps, la démocratie en France.

Donc : boycott pur et simple de la présidentielle. La "sixième république" en acte. Les électeurs appelés à rester chez eux lors des deux tours. Voilà qui va déjà créer un sacré événement et imposer un nouveau "storytelling" des élections dans les médias.

2. Tandis que les candidats à la présidentielle des différents partis d’extrême-droite, droite extrême et extrême-centre s’affairent à leur dérisoire course de petits chevaux en se tirant dans les pattes, la gauche rassemblée, dans un puissant effet de contraste, ne communique qu'autour de son projet de société et s’efforce de le rendre désirable, de toutes les manières possibles, en faisant enfin preuve d’inventivité. C’est le moment de mettre en avant le foisonnement de bonnes idées qui existe depuis une bonne vingtaine d’années déjà autour de l’éco-socialisme, des Communs, de la sobriété choisie, du salaire à vie, etc., et qui reste pour l’heure inaudible pour le grand public, les médias dominants jouant à fond jusque-là leur rôle de super-filtre.

3. Avant les législatives, au moment même où le président nouvellement (mal) élu nomme son "gouvernement provisoire", la gauche annonce la composition de son propre gouvernement en cas de victoire aux législatives, avec bien évidemment une hiérarchisation nouvelle et signifiante des ministères (l’économie et les finances passant après tout le reste : il s’agit d’encastrer l’économie dans la société, et non l’inverse).

Évidemment, tout cela ne règlerait rien à l'échelle de l'Europe et du monde, mais ce serait déjà un début. Imposer un nouveau récit dans un système électoral plus que pourrissant, voilà un beau défi !

 

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