Leçon de provoc’ de Jean-Marie le Pen devant des étudiants en journalisme

Le président du Front National était jeudi l'invité controversé des étudiants du Centre de formation des journalistes à Paris. Le leader frontiste a multiplié les sorties tapageuses sur l'immigration et réaffirmé son soutien à sa fille Marine pour sa succession à la tête du parti.

Le président du Front National était jeudi l'invité controversé des étudiants du Centre de formation des journalistes à Paris. Le leader frontiste a multiplié les sorties tapageuses sur l'immigration et réaffirmé son soutien à sa fille Marine pour sa succession à la tête du parti.

 

Le directeur du CFJ, Christophe Deloire, présente M. Le Pen aux étudiants  © Benoît Toussaint Le directeur du CFJ, Christophe Deloire, présente M. Le Pen aux étudiants © Benoît Toussaint

A quelques mois de la retraite et de ses 83 ans, Jean-Marie le Pen est toujours décidé à faire parler de lui. D'abord affable, puis rapidement plus emporté, le patron du FN a répondu aux questions des étudiants du CFJ. Il était le premier invité d'une série de rencontres organisées entre les futurs journalistes et des hommes politiques.

Cette visite de Jean-Marie le Pen a suscité la colère du SNJ-CGT. Dans un communiqué titré « le racisme ne passera pas au centre de formation des journalistes », le syndicat a condamné l'invitation, en appelant à l'esprit du fondateur du CFJ Philippe Viannay, ancien résistant. Christophe Deloire a expliqué sur le site du CFJ que l'école de la rue du Louvre avait l'habitude d'inviter des hommes politiques de tout de bord, prévenant: « ceux qui choisissent le réel l'écornent de tous les côtés ». Une manifestation de protestation rassemblant une quinzaine de personnes a eu lieu devant les locaux de l'école.

Parfois chauffé à blanc par l'auditoire, Le Pen a enchaîné phrases chocs, chiffres fantaisistes et raccourcis caricaturaux sortis d'un chapeau usé jusqu'à la corde. Du le Pen, en somme. « Allez aux Champs-Elysées, les musulmans vous feront baisser les yeux » a prévenu le leader frontiste, évoquant également « 400 000 nouveaux immigrés (en France) par an » ou encore «des familles subsahariennes avec 7-8 enfants multipliés par 3 4 à cause de la polygamie». A propos de la place accordée dans la société française aux immigrés, pour lesquels il a avancé le nombre précis de « 11,2 millions » - « j'attends d'être contredit sur ces chiffres » -, Jean-Marie le Pen a affirmé sans sourciller qu' « aucun n'avait de problème de logement ». « 5% des immigrés viennent en tant que travailleurs, 95% comme demandeurs sociaux », a t-il encore lâché, certifiant même que « 80% de la population pénitentiaire sont d'origine étrangère ».

Côté programme, le leader du FN a assuré vouloir mettre en œuvre une « politique de dissuasion » pour que les migrants ne viennent pas en France. « Si j'étais au pouvoir, je dirais au « monde en voie de migration » (sic) : vous êtes les bienvenus, mais uniquement comme touristes. Sinon, vous n'aurez droit à rien ! » a t-il asséné.

Revenant sur sa succession à la tête du Front National, qui doit se jouer en janvier prochain, il a réaffirmé son soutien à sa fille, « un choix objectif, sans considération de sa filiation », a t-il assuré : « je suis très nettement en faveur de Marine.Gollnisch est champion olympique de natation mais il faut au FN un pilote de formule 1 ». Autre argument, moins sportif : « Marine a de la volonté, du dynamisme et un passé militant » alors que « Gollnish est un universitaire qui a l'habitude d'être applaudi quand il arrive dans des amphis. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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