« Cause arménienne » et réseaux Soral : réplique au collectif VAN (1)

Je réponds ici aux commentaires aussi agressifs que tardifs, suscités par mon texte précédent, et sa diffusion par une amie franco-israélienne.

« Cause arménienne » et réseaux Soral : réplique au collectif VAN (1)

 

Pendant presqu’un an, la longue analyse que j’ai publiée sur les éditions Sigest et leur directeur, Jean Varoujan Sirapian, est restée sans aucune réponse directe, alors que tout ce que je publie, jusqu’au moindre tweet, est scruté par une partie au moins de mes adversaires. Et puis, soudain, cet automne, peu après qu’une amie franco-israélienne en a intensifié la distribution, dans le contexte de mon procès contre Jean-Marc « Ara » Toranian et Samuel Tilbian, le collectif VAN (fondé en 2004, à l’initiative, notamment, de M. Toranian) s’est mis à réagir avec sa virulence coutumière et une absence — aussi criante que prévisible — de rigueur. Quand des adversaires me répondent sur ce ton, c’est qu’ils sont encore plus inquiets que d’habitude, et notamment qu’ils craignent que l’antisémitisme si présent dans le nationalisme arménien ne finisse pas être connu au CRIF et dans d’autres structures de ce genre. J’ai rarement droit à des réponses, encore moins à de longues réponses, d’abord parce que leurs auteurs peuvent être poursuivis devant la justice en cas de franchissement des limites de la liberté d’expression, et ensuite parce qu’ils savent qu’en pareil cas, je réponds aussi sur le fond.

Je vais donc ici reprendre une par une les élucubrations enfiévrées de ce groupuscule.

 

Mon réseau Facebook

« Découvrant les écrits de Maxime Gauin, une jeune femme très virulente - qui compte apparemment au nombre de ses amis sur Facebook […] »

Mon amie a cinquante ans. Elle en paraît moins, certes, mais cela prouve que vous n’avez rien vérifié.

 

« Le jeune apprenti-historien a réussi à s’y tisser un réseau, y compris parmi de respectables membres de la communauté juive de France qui ignorent sans doute tout du CV de la personne qu’ils acceptent dans leur cercle. Gageons que, s’ils en avaient connaissance, nos amis juifs n’adouberaient pas parmi leurs relations, même virtuelles, des « chercheurs » publiant l'essentiel de leurs articles sur des sites dont l'objet principal est la négation d'un génocide. »

Pour commencer, rappelons encore une fois que ce que j’écris relève du débat historique, ainsi qu’en ont jugé la Cour européenne des droits de l’homme[1] et le Conseil constitutionnel[2], et non de la négation de faits incontestables. Inversement, l’auteur anonyme à qui je réponds ici n’est pas plus historien que juriste, puisqu’aucun des très rares membres du collectif VAN n’a une telle formation.

Quant à « gager », c’est une pure spéculation, d’abord parce que je ne cache pas mes thèses, ni sur Facebook, ni sur Twitter, et ensuite parce que des pressions sur au moins certains de mes amis et contacts juifs ont déjà été exercées, depuis plusieurs années maintenant, avec un succès fort limité.

 

Mes articles

« Car c’est le choix que fait leur ami Maxime Gauin en postant ses articles contre la réalité du génocide arménien, essentiellement sur le site Turquie News. »

Affirmation inexacte, et le collectif VAN le sait parfaitement : j’ai aussi écrit dans Haaretz, The Jerusalem Post, mon blog pour le Times of Israel, des journaux turcs aussi bien d’opposition (Hürriyet Daily News, Aydınlık) que pro-AKP (Daily Sabah, Star), le Journal of Muslim Minority Affairs (revue universitaire publiée par le grand éditeur londonien Routledge), l’European Journal of International Law (revue publiée par les Presses universitaires d’Oxford, avec le soutien de l’université de New York), et diverses revues éditées en Turquie et en Azerbaïdjan — sans compter ma conférence à la London School of Economics and Political Science (Londres) en 2013, celle à l’université de Vienne (Autriche) en 2015, etc.

 

« Ce site négationniste, raciste et extrémiste. […]Il n’est pas superflu de souligner que ces leçons de morale et de vigilance proviennent d’un « chercheur » qui n’a jamais « tiqué » sur le « catalogue » des articles négationnistes et anti-arméniens mis en ligne par le site Turquie News, sur lequel il publie régulièrement ses « précieuses analyses ». Il y a même tout lieu de penser qu’il trouve ce compagnonnage attractif et valorisant. »

Allégations purement diffamatoires, et proférées sans la moindre base factuelle. Aucun exemple n’est donné à l’appui. Raciste, peut-être, l’hommage à Berç Keresteciyan, directeur général de la Banque ottomane (1914-1927) devenu député d’Afyon (1935-1946) ? Extrémiste, la traduction d’un article du journaliste Markar Esayan (devenu depuis député AKP) ? « Négationniste », la traduction d’un article de Guenter Lewy, professeur honoraire de sciences politiques à l’université du Massachusetts, survivant de la Nuit de Cristal et ancien combattant de la Brigade juive, pendant la Seconde Guerre mondiale ?

 

Sigest et les autres (dont Jean-Marc « Ara » Toranian)

« L’article de Maxime Gauin vise à suggérer en pointillé que, puisqu'un éditeur, Varoujan Sirapian (Editions Sigest), publie dans sa revue Europe & Orient (E&O), des articles d’auteurs qui reprennent des théories conspirationnistes délirantes dont celles imputant aux Juifs le génocide arménien, puisque cet éditeur a donné une interview au méprisable site Égalité et Réconciliation, puisque cet éditeur est arménien, et puisqu'il lui est arrivé de côtoyer Ara Toranian, c'est donc qu'Ara Toranian est antisémite et conspirationniste. Ou du moins complice par son silence. Cette démonstration laborieuse est d’une gravité extrême. Mais M. Gauin connaît bien ce principe qui consiste à prendre quelques individualités afin d’en tirer une généralité trompeuse… »

Commençons par liquider la dernière phrase : comme toute personne de bonne foi peut le constater en me lisant, je ne tire aucune « généralité trompeuse », je mets en cause, faits à l’appui, des dirigeants associatifs, dont la base militante est de plus en plus réduite, ainsi qu’en témoignent l’échec des manifestations organisées par eux depuis 2007 au moins.

Sur M. Sirapian lui-même : je ne le critique pas seulement pour publier des auteurs aux « théories conspirationnistes délirantes », mais pour en avoir lui-même rédigé, ce que le collectif VAN ne dit pas, par exemple en 2015, et pour avoir publié des livres entiers qui relèvent (au mieux) du conspirationnisme, au pire de l’antisémitisme, ce qui n’arrache aucun commentaire à ce groupuscule, alors que le catalogue est disponible en ligne. De même, on notera le mutisme absolu du collectif VAN sur cette remarque de M. Sirapian, dans son article de 2015 que j’évoquais à l’instant. Parlant de ses spéculations délirantes sur le prétendu rôle des Juifs et des dönmes (un rameau de l’islam constitué de descendants de Juifs convertis) dans le prétendu « génocide arménien[3] », le patron de Sigest affirme : « ces questions, que beaucoup soulèvent en privé, mais se montrent d’une grande frilosité quand elles sont effleurées en public. » Mais je comprends ce mutisme : en cas de commentaire outré, M. Sirapian aurait beau jeu de rappeler l’article reproduit par ce même collectif VAN, le 9 mars 2012, un texte qui insinue que si Robert Badinter s’oppose aux propositions de loi liberticides (Masse et Boyer), c’est parce que sa femme est actionnaire de Publicis…

Sur M. Toranian : il ne lui est pas seulement « arrivé de côtoyer » M. Sirapian (lequel est d’ailleurs venu le soutenir lors du procès que j’intente au directeur des Nouvelles d’Arménie magazine, sans que cela n’eût l’air de gêner quelqu’un) ; il a aussi publié, le 31 mars 2014, une « lettre ouverte » rédigée par le président de Sigest, puis, le 12 août 2015, une tribune du même auteur. Puis, peu après la parution de mon propre article sur Sigest, M. Sirapian a soudainement éprouvé le besoin de faire savoir qu’il avait rencontré « la communauté juive d’Arménie » (en fait, les quelques personnes qui parlent au nom des deux ou trois cents Juifs qui demeurent en Arménie, contre plusieurs milliers dans les années 1980) ; et M. Toranian n’a pas manqué de reproduire sur son propre site cette réponse indirecte à mon analyse. Je rappellerai au passage que la principale de ces dirigeants communautaires autoproclamés, Rimma Varjapetyan, pousse la docilité jusqu’à ne voir rien de mal[4] dans le fait que l’idéologie officielle du régime arménien soit directement tirée de la dotrcine du nazi Garéguine Nejdeh, officier du Troisième Reich et théoricien d’un national-socialisme à l’arménienne, où le racisme aryaniste était aussi obsessionnel que chez le grand frère allemand[5]. Je rappellerai aussi que les hommages contemporains à Nejdeh sont rapportés sans aucun commentaire critique sur le site de M. Toranian.

Bref. 2014, 2015, 2016 : M. Toranian a donc publié M. Sirapian trois fois en trois ans, et ce après que le collectif VAN, comme il nous l’explique, eut cessé (2012) son partenariat avec Sigest — ce qui n’a pas pu échapper à la connaissance du directeur des Nouvelles d’Arménie magazine.

 

« Il est bon de préciser que l’auteur n'a pas jugé utile de faire le même parallèle malhonnête à propos de Frédéric Encel, pour la simple et bonne raison que cela nuirait à sa démonstration : à l'instar des autres personnalités incriminées, notre ami Frédéric Encel a fréquenté ce personnage (bien évidemment avant que M. Sirapian n'évolue vers les sphères complotistes) et avait choisi l'Institut Tchobanian, dirigé par ce même Varoujan Sirapian, comme partenaire des Assises contre le négationnisme organisées chaque année à l'ESG (actuelle PSB). Ce partenariat a perduré de 2009 à 2012, jusqu'à ce que nous informions Frédéric Encel du changement opéré dans la Revue E&O. »

Je pourrais me contenter d’observer que le collectif VAN, loin d’aider M. Toranian, l’enfonce encore davantage avec ces précisions chronologiques (voir ci-dessus) ; mais il est possible d’aller un peu plus loin. J’ai en effet interpellé M. Encel sur l’antisémitisme sauvage et déchaîné de Samuel Tilbian — l’autre prévenu du procès tenu le 17 octobre —, capture d’écran à l’appui — montrant un commentaire violemment antijuif que M. Toranian n’a effacé de son forum qu’au bout de neuf mois, et encore, parce que j’avais partagé le lien et le texte sur Twitter, en interpelant certaines associations. J’attends depuis la réponse de Frédéric Encel. Au passage, si le collectif VAN a le moindre regret d’avoir soutenu publiquement M. Tilbian, après que celui-ci eut exprimé par écrit sa croyance dans le mythe médiéval du Juif empoisonneur, qu’il n’hésite pas à l’exprimer publiquement, sans se limiter à des propos privés, fort difficiles à vérifier. S’il préfère se murer dans le silence, je ne manquerai pas de le rappeler à ses « amis juifs ».

 

Non, rien de rien… Non, nous ne savions rien

« M. Gauin accuserait-il les auteurs français qui fréquentent les multiples Salons du Livre de l'hexagone pour leurs séances de dédicaces (dont le principal, Porte de Versailles à Paris), de ne pas vérifier d'abord scrupuleusement le pedigree et la production de tous les éditeurs présents sur les divers stands ? Non, bien évidemment. Ce sont les coupables arméniens (ou pro-arméniens) qui l'intéressent. »

Parallèle dépourvu de la moindre apparence de pertinence : le monde associatif arménien est incomparablement plus réduit que le monde de l’édition en France ; la production d’un Jean Varoujan Sirapian, ancien vice-président du Conseil de coordination des associations arméniennes de France (2001-2002), ancien président du parti Ramkavar (un des trois grands partis de la diaspora arménienne) pour la France, dans les années 2000, qui a reçu, le 13 décembre 2008, le prix du meilleur éditeur au festival national du livre arménien, peut très difficilement être ignorée par les principaux responsables associatifs et politiques arméniens en France, tels que Jean-Marc « Ara » Toranian, Varoujan Mardikian ou Henri Papazian — d’autant, je le répète, qu’une grande partie est disponible en ligne.

Par ailleurs, et encore une fois, comment se fait-il que les réactions à mon article — et à ce qu’il expose — n’aient commencé qu’un an après sa parution, et viennent principalement d’une association (le collectif VAN) que je n’avais même pas nommée dans ledit article ? Pourquoi l’unique réaction de M. Toranian demeure, un an après, cet appui indirect à M. Sirapian, à l’automne 2016 (voir ci-dessus) ?

 

« Le fait est que, contrairement à M. Gauin qui est rémunéré pour cela, les personnalités - soumises à la vindicte populaire dans cet article à charge qui leur fait endosser une proximité détestable avec la galaxie Faurisson-Dieudonné-Soral - n'ont ni le temps ni les moyens - y compris dans le cadre des salons du livre arménien qui sont organisés par des bénévoles non professionnels - de s'ériger en Commissaires du Peuple et encore moins de scruter tout ce qui est publié en France par "les" Arméniens. »

Mon commentaire ci-dessus suffira pour ce qui concerne les livres — par exemple Le Plan sioniste pour le Moyen-Orient, paru en 2015. S’agissant des articles non partagés sur Internet, le collectif VAN est-il en train de soutenir que ni Valérie Boyer, ni Laurent Leylekian, ni le Mouvement des Arméniens de France pour la prospérité (MAFP), tous contributeurs d’Europe & Orient de janvier-juin 2016, n’ont reçu ce numéro, ou qu’ils n’ont pas remarqué que leur signature voisinait avec celle de Me Damien Viguier, avocat de Robert Faurisson, qui considère son client comme « un scientifique qui ne fait pas preuve d’outrance, qui est de bonne foi », et d'Israël Shamir, journaliste russe de confession orthodoxe, et l'un des plus virulents antisémites contemporains, qui s'est illustré en défendant des théories négationnistes, en appelant à voter pour Jean-Marie Le Pen, ou encore en reprenant le vieux mythe des « crimes rituels » ? Si oui, j’attends des arguments.

 

Jean-Marc « Ara » Toranian, l’ASALA et les Juifs

« Ara Toranian n'est ni un terroriste, ni un antisémite, ni un négationniste de la Shoah et il est odieux de le prétendre. »

« Odieux de le prétendre » : ces mots constituent l’intégralité de la démonstration du collectif VAN. Voyons la mienne.

Par deux fois, en 2002 et 2015, le politiste Gaïdz Minassian (qui n’est pas, aux dernières nouvelles, « téléguidé par l’État turc », et qui s’est entretenu avec Jean-Marc « Ara » Toranian dans le cadre de la préparation de sa thèse) a décrit Libération arménienne (groupe fondé en 1973, rebaptisé en 1982 Mouvement national arménien pour l’ASALA, puis, en 1983, Mouvement national arménien, MNA) comme « le bras politique de l’ASALA » en France[6]. Expliquant comment une partie de l’ASALA « fait scission » en août 1983, M. Minassian nous dit qu’elle est alors « sous commandement d’A. Yenikomchian [condamné par la justice suisse pour détention illégale d’explosifs], de M. Melkonian [condamné, en 1986, par la justice française, pour association de malfaiteurs, en relation avec une entreprise terroriste, détention illégale d’arme, etc.] et d'A. Toranian, favorables au terrorisme des premières années[7] ». Il n’y eut ni plainte en diffamation, ni publication d’un démenti. C’eût été difficile, puisque le même Jean-Marc « Ara » Toranian écrivait, en 1982, que l’ASALA « est entrée dans une dialectique avec les masses arméniennes par l’intermédiaire des mouvements nationaux et populaires pour l’ASALA », dont le sien, donc[8].

J’ai rappelé, à plusieurs reprises, en me fondant sur plusieurs condamnations en justice, que le MNA de M. Toranian servait de couverture aux réseaux logistiques de l’ASALA en France. Reprenons donc :

  1. Le 30 juillet 1982, dans un contexte d’attentats aveugles commis par l’ASALA dans Paris (rue Saint-Séverin, au pub Saint-Germain, etc.), le chef « militaire » de cette organisation terroriste, Pierre Gulumian, se tue accidentellement, en manipulant une bombe. Plusieurs membres du Mouvement national arménien pour l’ASALA sont arrêtés, dont quatre sont finalement condamnés le 4 juillet 1985 pour détention illégale d’explosifs — en dépit d’une défense brassant plus d’air que d’arguments. Parmi les condamnés, le caricaturiste d’Hay Baykar, le journal alors dirigé par M. Toranian[9]. À noter que ce même journal a publié une nécrologie qualifiant le terroriste Gulumian de « martyr[10]», alors que cet assassin avait pour principale activité de confectionner des bombes destinées à faire un maximum de victimes, en plein Paris.
  2. Après l’attentat d’Orly (15 juillet 1983 : huit morts), le nouveau réseau logistique de l’ASALA en France (sous surveillance depuis plusieurs mois), est démantelé. En décembre 1984, cinq de ses membres, qui appartiennent par ailleurs au MNA de M. Toranian, sont condamnés pour détention illégale d’armes et de matériel servant à la fabrication d’engins explosifs, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, recel de faux papiers, tout cela au bénéfice de l’ASALA, et plus particulièrement de ceux qui sont ensuite condamnés aux assises pour l’attentat d’Orly ; le soutien du MNA à ses membres est total[11]. Or, « l’un des inculpés habitait dans un appartement situé immédiatement au-dessous de celui de Nayir [condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour avoir réalisé les circuits électronique la bombe d’Orly] ; trois possédaient du Semtex chez eux ; deux possédaient un code numérique décrypté, contenant les mots “aéroport... attentat... Asala”[12]».
  3. Le 22 avril 1985, trois membres du MNA de M. Toranian, et M. Toranian lui-même, sont condamnés pour recel de malfaiteur, en l’espèce Soner Nayir, lui-même condamné, le mois précédent, à quinze ans de réclusion criminelle pour avoir réalisé (comme je viens de le rappeler) les circuits électroniques de la bombe d’Orly[13]. M. Toranian est le seul à faire appel ; il est ensuite relaxé au bénéfice du doute. Il est dommage qu’il n’ait pas été poursuivi pour outrage à magistrats : il avait écrit que le procès était « une épreuve entre deux conceptions opposées de la justice, l’une légale, s’appuyant sur des articles du code pénal ; l’autre légitime, se fondant sur le droit d’un peuple opprimé à porter secours aux siens », que cette « répression antiarménienne » vise « à parachever le génocide[14]» (sic).
  4. Autre exemple de porosité (à tout le moins) entre le MNA et l’ASALA : le 15 mars 1984, Raffi Stéphane Indjényan, membre du MNA, est condamné à un an de prison, dont six mois ferme, pour fabrication de faux documents d’identité[15]. Dans la nécrologie de ce dernier, Jean-Marc « Ara » Toranian écrit qu’Indjéyan a « participé à la fondation du MNA, s’est engagé dans l’ASALA, a fait de la prison pour avoir fabriqué des faux passeports à ses militants ».
  5. Le 28 novembre 1986, Monte Melkonian (qui a mené la scission de l’ASALA en août 1983) est condamné, par le tribunal de grande instance de Paris, à six ans de prison, dont quatre ans ferme, ainsi qu’à une interdiction définitive de territoire. Par le même jugement, une membre du MNA est condamnée à un an ferme, et dix ans d’interdiction de territoire, pour « association de malfaiteurs, détention d’armes, détention d’artifices et d’appareils destinés à l’emploi des explosifs, falsification de documents administratifs[16]». Là encore, la solidarité du MNA avec ces malfaiteurs terroristes fut totale — morale et matérielle[17].

J’ai cité à plusieurs reprises ces condamnations, et le soutien inconditionnel de M. Toranian aux condamnés ; l’intéressé ne m’a jamais répondu là-dessus.

 

« Pour convaincre ses amis juifs, Maxime Gauin s'empresse de ressortir des textes et des photos du journal Hay Baykar (Combat arménien, dont Ara Toranian était directeur de publication), publié dans les années 1980, une époque durant laquelle - faut-il le rappeler - de nombreux Juifs français de la mouvance révolutionnaire ont été le fer de lance du combat "anti-impérialiste" des Palestiniens [1], à l’instar de la Gauche Prolétarienne - dirigée par Alain Geismar et Benny Lévy – mouvement à l’origine des Comités Palestine [2]. Pour autant, Maxime Gauin et ses sympathisants sur Facebook n'ont pas estimé nécessaire, près de 40 ans après les faits, d'entrer subitement "en croisade" contre ces Juifs révolutionnaires pour les taxer d'antisémitisme. Non, leur cible doit être arménienne, exclusivement arménienne. »

« Exclusivement arménienne » fera sourire tous ceux qui connaissent mes tweets sur des antisémites qui n’ont rien d’arménien, et les différentes interventions de mon amie franco-israélienne, visée avec moi.

Sur la question de l’antisémitisme de l’ASALA en particulier, laissons parler M. Toranian. Dans Le Nouvel Observateur du 17 octobre 1986, p. 46, il déclarait : « Si vous me parlez d'Hagop Hagopian et de son groupe [l’ASALA], je vous répondrai : oui. Hagop Hagopian est un antisémite, un fasciste qui hait à la fois les juifs, les maçons, les sociaux-démocrates […]. » Or, quatre ans plus tôt, dans le journal du même Jean-Marc « Ara » Toranian (Hay Baykar, 15 septembre 1982, p. 6), était publiée une nécrologie plus qu’élogieuse du même Hagop Hagopian (qui avait simulé la mort pour échapper au Mossad). Le cofondateur de l’ASALA y était qualifié de « héros de la lutte arménienne ». Et encore en 1983, deux semaines avant l’attentat d’Orly, M. Toranian déclarait : « Nous ne nous désolidarisons pas de l’ASALA et nous reconnaissons toujours son caractère d’avant-garde de la lutte armée[18]. » Le rapprochement des citations ne laisse pas de place à l’équivoque : M. Toranian a publiquement admis qu’il avait été, pendant plusieurs années, le complice d’un « fasciste » et d’un « antisémite » ; qu’il l’a, un temps, considéré comme « un héros ».

Quant à la comparaison avec Benny Lévy, elle renforce mon argumentation. En effet, si la France n’a pas connu de terrorisme d’extrême gauche aussi violent qu’en Allemagne, en Italie et en Espagne, c’est en partie aux débats internes des groupes trotskistes et a fortiori maoïstes qu’elle le doit. Or, si Benny Lévy a pesé de tout son poids pour que l’agitation de rue ne dégénérât pas en attentats meurtriers, comme ceux de la Fraction armée rouge, c’est précisément parce qu’il avait frayé, quelques années, avec des groupes palestiniens, et qu’il avait été très choqué par le massacre d’athlètes israéliens lors des jeux olympiques de Munich, en 1972. À l’inverse, ce massacre n’a nullement empêché la collaboration de l’ASALA avec des groupes terroristes palestiniens, et la solidarité vigoureuse de M. Toranian avec eux.

Par ailleurs, je n’ai pas connaissance qu’un quelconque groupe français d’extrême gauche des années 1970 et 1980, à part peut-être la branche lyonnaise d’Action directe, ait publié des attaques aussi vipérines qu’Hay Baykar, le journal fondé et dirigé (jusqu’à sa disparition, en 1988) par M. Toranian :

« Peu importe en fait quels ont été les exécutants de cette politique, ces simples besogneux d'un dessein machiavélique. Ceux-là n'ont été — comme le furent avant eux les Kurdes et les soldats allemands — que des pions manipulés par cette même logique d'extermination qui, animant aujourd'hui les dirigeants hébreux, guidait autrefois les dirigeants jeunes-turcs et nazis.

Car personne ne songe un instant à minimiser la responsabilité du gouvernement israélien. Celui-ci par l'entremise de messieurs Begin et Sharon, reprend en droite ligne l'héritage gluant laissé par les Talaat et les Hitler…

Mais il est doublement dramatique que ceux qui conduisent aux destinées d'un peuple martyrisé, croient devoir à leur tour anéantir [sic] le Peuple Palestinien pour, du moins le prétendent-ils, assurer la survie de leur État. […]

Et pour boycotter l'appui populaire et international qui se dégage en faveur de l'OLP, Begin n'est-il pas prêt à créer de toutes pièces une vague d’attentats antisémites en Europe, court-circuitant ainsi toutes les propositions de paix Proche-Orient ? »

Sato Papazian, « La politique du pire des criminels de guerre », Hay Baykar, 29 septembre 1982, p. 5.

« M. [Klaus] Barbie [chef du Sicherheitsdienst, le service de renseignement de la SS, à Lyon sous l’Occupation], qui lui, est reconnu comme étant un criminel de guerre, a une formule pour expliquer l’arrogance de ceux qui sont dotés du pouvoir militaire : “à l’armée, on vous demande de gagner, un point c’est tout”. Gagner, c’est justement ce qu’est en train de faire le gouvernement Begin qui, de la Knesset à la rue, fait l’unanimité autour de sa politique. »

Sato Papazian, « Israël : une commission Cahin-Kahane », Hay Baykar, 16 mars 1983, p. 16.

Parution en couverture d’Hay Baykar, n° 110 (non daté : juin 1987) d’une caricature précédemment publiée en 1902, et montrant, à côté du sultan Abdülhamit, un banquier stéréotypé, avec un nez crochu, encore plus stéréotypé.

« Non contents de persécuter les Palestiniens, les chrétiens [sic], en Israël et dans les territoires occupés, les sionistes prétendent à présent se réserver le monopole du chagrin et de la pitié, en déniant au peuple arménien le droit de rappeler que, lui, également, a été victime d’un génocide. »

« Un détail de la 1re guerre mondiale », Hay Baykar, 1er février 1988, p. 7.

 

La dernière citation n’est pas sans rappeler ce qu’a écrit, bien plus tard, M. Sirapian.

 

Enfin, au-delà des actes et des prises positions remontant aux années 1970 et 1980, il y a ce que M. Toranian a dit et fait dans les années 2000 et 2010. Il n’a jamais manqué d’expliquer à quel point il ne regrette rien, à quel point il considère Monte Melkonian comme un héros : voir, par exemple, le dossier entier des Nouvelles d’Arménie magazine, n° 197, juin 2013, consacré à ce chef terroriste, tué au combat vingt ans plus tôt — et en sachant que Melkonian était violemment anti-israélien[19]. Jean-Marc « Ara » Toranian a même exhorté ses « compatriotes », dans son discours du 24 avril 2009, à « renouer avec l’esprit de la lutte des années 1975 et 80 ». Et le 1er février 2017, il a eu cette phrase glaçante : « La cible, c’est effectivement le Conseil constitutionnel. » La cible. Comme au tir…

 

Le collectif VAN et le terrorisme

« Maxime Gauin conduit depuis des années une véritable entreprise de dénigrement tous azimuts du peuple arménien. Ce qui le conduit non seulement à nier la réalité du génocide de 1915, mais aussi à diaboliser les victimes, en imputant aux mouvements révolutionnaires arméniens qui existaient dans l’Empire ottoman la responsabilité de ce qui est arrivé à leur peuple, puis en instruisant des procès à charge sur tous les points controversés de leur histoire. »

Ces phrases traduisent un mélange de toupet sans limites et de grand désespoir. J’ai toujours distingué — à la différence du collectif VAN — les partis nationalistes-révolutionnaires et les masses arméniennes, et insisté sur la pratique du terrorisme, par les premiers, pour s’imposer aux secondes[20] : cf. l’assassinat du maire de Van, Bedros Kapamaciyan, pour ne citer qu’un exemple[21]. Quant à la responsabilité de ces partis, ils l’ont revendiquée, et je ne suis nullement le premier historien à le constater. Pour les années 1890, je renvoie à la traduction en français de ce qu’a écrit William Langer, qui fut maître de conférences (1925-1936) puis professeur (1936-1942 ; 1952-1977) d’histoire contemporaine à l’université de Harvard, et qui a été confirmé depuis par des historiens aussi différents que Jeremy Salt[22], Guenter Lewy[23], Justin McCarthy[24], etc.

Mais évidemment, quand on n’a rien de sérieux à répondre, c’est plus facile de déformer les propos de l’adversaire que de répliquer à des sources telles que le témoignage rédigé par le directeur général adjoint de la Banque ottomane, à propos de la prise d’otages de 1896 :

« Comme M. Wulfing [cadre de la Banque ottomane] signalait à Garo [Garéguine Pasdermadjian] les milliers de victimes que son exploit [attentats à l’explosif, prise d’otage à la Banque, et, au besoin, destruction de ce bâtiment] ferait à Constantinople, l’Arménien répondit avec le plus grand calme : “Plus il y aura de victimes, mieux cela vaudra pour notre cause.” »

« Barker [autre cadre de la Banque ottomane] les a trouvés heureux d’apprendre que nombreuses ont été les victimes[25]. »

Pour la Première Guerre mondiale, je renvoie, encore une fois, à ce que les intéressés ont écrit, et qui est fort clair :

« Imaginons que les Arméniens aient adopté une attitude exactement opposée à celle fut alors la leur ; en d’autres termes, imaginons qu’ils aient pris, en 1914, fait et cause pour les Allemands et les Turcs, exactement comme firent les Bulgares en 1915. Quel cours auraient pris les évènements au Proche Orient ? [...]

D’abord, ces horribles massacres d’Arméniens n’auraient pas eu lieu. Tout au contraire, les Allemands et les Turcs auraient tenté de gagner les sympathies des Arméniens par tous les moyens, jusqu’à la fin de la guerre[26]. »

« […] ils savaient très bien à quoi ils exposaient les habitants inoffensifs des régions de l’Arménie sous domination turque, mais dans l’histoire d’un peuple, il y a des moments où il est impossible de s’arrêter à mi-chemin, où il devient nécessaire de sacrifier, au besoin, une partie de la génération actuelle pour la sauvegarde de l’avenir de la race[27]. »

 

« Dans ce cadre, les actions de l’ASALA - il y a eu une séquence « terroriste » dans le mouvement arménien, après 70 ans de « trahisons » diplomatiques - lui fournissent évidemment un matériau de choix. »

Remarquons, pour commencer, que le collectif VAN met, comme d’habitude, des guillemets à « terrorisme », alors qu’il s’agit, par exemple, du meurtre d’une gamine de quatorze ans (Neslihan Özmen, abattue avec son père à Athènes, en 1980, par Monte Melkonian[28]), du plasticage des bureaux d’El Al, la compagnie aérienne israélienne (tiens, tiens), à Rome, toujours en 1980, du massacre à l’aéroport d’Ankara-Esenboğa, en 1982 (neuf morts, dont un touriste allemand et un touriste américain), de l’attentat d’Orly, de l’attentat meurtrier à la Foire internationale de Marseille, etc.

Le groupuscule tente une espèce d’excuse, ou du moins de circonstance atténuante, en parlant de « soixante-dix ans de trahisons diplomatiques », sans donner les dates extrêmes. Or, et sans même revenir sur le terme « trahisons », il n’y a eu ni soixante-dix ans, ni cinquante, d’interruption. Au lendemain de la Première Guerre mondiale (1920-1922), la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA) a mené une campagne d’assassinats contre des anciens dirigeants ottomans et azerbaïdjanais, ainsi que contre des Arméniens loyalistes[29]. En 1923, elle a tenté d’assassiner İsmet İnönü, négociateur en chef, côté turc, à la conférence de Lausanne. De 1924 à 1927, elle a tenté six fois d’assassiner le président Kemal Atatürk[30]. En 1931, ce fut le complot raté (toujours de la FRA) pour tuer İnönü, alors Premier ministre, lors de son voyage à Athènes[31]. Dans le même temps, l’affrontement entre la FRA d’une part, les Arméniens communistes et les autres partis nationalistes en diaspora d’autre part, a été particulièrement violent[32], culminant avec l’assassinat, par la FRA, de l’archevêque arménien de New York, L. Tourian, poignardé dans une église, le 24 décembre 1933[33]. Les règlements de comptes ont repris après la Seconde Guerre mondiale, faisant une quarantaine de morts, au Liban, en 1958[34] — treize ans tout juste avant la création de l’ASALA. Mais bien entendu, le collectif VAN ne dit mot de tout cela à ses lecteurs, car cela démentirait la chanson de gestes écrite pour justifier, ou du moins excuser, les attentats des années 1970 et 1980.

 

« D’autant que cette organisation [l’ASALA], née au Liban, gravitait autour des Palestiniens (comme nombre de « mouvements de libération de l’époque », corses, basques, kurdes, irlandais, etc.) qui étaient leurs voisins de palier et leur principal soutien logistique. »

C’est là mon seul point d’accord avec cet article du collectif VAN. Je tenais à finir cette première partie sur une note positive.

 

Maxime Gauin

 

[1] « 116. Par ailleurs, la Cour estime, avec le requérant, que le ‟génocide” est une notion de droit bien définie. […] La Cour n’est pas convaincue que le ‟consensus général” auquel se sont référés les tribunaux suisses pour justifier la condamnation du requérant puisse porter sur ces points de droit très spécifiques.

117. En tout état de cause, il est même douteux qu’il puisse y avoir un ‟consensus général”, en particulier scientifique, sur des événements tels que ceux qui sont en cause ici, étant donné que la recherche historique est par définition controversée et discutable et ne se prête guère à des conclusions définitives ou à des vérités objectives et absolues (voir, dans ce sens, l’arrêt no 235/2007 du Tribunal constitutionnel espagnol, paragraphes 38-40 ci-dessus). À cet égard, la présente espèce se distingue clairement des affaires qui portaient sur la négation des crimes de l’Holocauste (voir, par exemple, l’affaire Robert Faurisson c. France, tranchée par le Comité des droits de l’homme des Nations Unies le 8 novembre 1996, Communication no 550/1993, doc. CCPR/C/58/D/550/1993 (1996)). » (CEDH, 17 décembre 2013, Perinçek c. Suisse; voir aussi l’arrêt confirmatif de la Grande chambre, § 231).

[2] « 196. En troisième lieu, et compte tenu de ce qui est rappelé au paragraphe précédent, le seul effet des dispositions du dernier alinéa du 2° de l’article 173 est d’imposer au juge, pour établir les éléments constitutifs de l’infraction, de se prononcer sur l’existence d’un crime dont la négation, la minoration ou la banalisation est alléguée, alors même qu’il n’est pas saisi au fond de ce crime et qu’aucune juridiction ne s’est prononcée sur les faits dénoncés comme criminels. Des actes ou des propos peuvent ainsi donner lieu à des poursuites au motif qu’ils nieraient, minoreraient ou banaliseraient des faits sans pourtant que ceux-ci n’aient encore reçu la qualification de l’un des crimes visés par les dispositions du dernier alinéa du 2° de l’article 173. Dès lors, ces dispositions font peser une incertitude sur la licéité d’actes ou de propos portant sur des faits susceptibles de faire l’objet de débats historiques qui ne satisfait pas à l’exigence de proportionnalité qui s’impose s’agissant de l’exercice de la liberté d’expression. » Décision n° 2016-745 DC du 26 janvier 2017, § 196. Voir aussi Décision n° 2012-647 DC du 28 février 2012 (censure de la proposition de loi Boyer).

[3] Les élucubrations sur un « complot judéo-maçonnico-dönme » derrière la révolution jeune-turque et le Comité Union et progrès sont récurrentes dans le discours nationaliste arménien (et grec), dès avant la Première Guerre mondiale : Bernard Lewis, Islam et Laïcité. L’émergence de la Turquie moderne, Paris, Fayard, 1988, pp. 457-458, n. 4 ; du même auteur, Sémites et antisémites, Paris, Fayard, 1987, pp. 174-175 ; Yitzchak Kerem, « The 1909 Adana Massacre and the Jews », dans Kemal Çiçek (dir.), 1909 Adana Olayları Makaleler / The Adana İncidents of 1909 Revisited, Ankara, TTK, 2011, pp. 323-335.

[4] Cf. sa (non-)réponse à la tribune que j’ai coécrite avec Alexander Murinson : https://armenianweekly.com/2015/01/23/varzhapetyan/

[5] John Roy Carlson (Arthur Derounian), « The Armenian Displaced Persons », Armenian Affairs Magazine, I-1, hiver 1949-1950 ; Gaïdz Minassian, Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Paris, Autrement, 2007, p. 59-60 ; Mehmet Perinçek, « Nazi-Dashnak Collaboration During World War II », dans AVIM (éd.), Turkish-Russian Academics. A Historical Study on the Caucasus, Ankara, Terazi, 2016, pp. 199-231.

[6] Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, Paris, Presses universitaires de France, 2002, pp. 46, 65 et 66 ; du même auteur, Arméniens. Le temps de la délivrance, Paris, CNRS éditions, 2015, p. 322.

[7] Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme…, p. 90.

[8] Ara Toranian, « Stratégie — Entre les Justiciers et l’ASALA, quelle politique ? », Hay Baykar, 29 septembre 1982, p. 6.

[9] Hay Baykar, juillet-août 1985, p. 8.

[10] « Adieu Pierre », Hay Baykar, 15 septembre 1982, p. 5.

[11] « Cinq complices dans l’attentat d’Orly sont condamnés à des peines de prison », Le Monde, 24 décembre 1984 ; « Procès des boucs émissaires de la répression anti-arménienne à Créteil », Hay Baykar, 12 janvier 1985, pp. 4-8.

[12] Xavier Raufer, « Terrorisme : les réseaux transnationaux venus du Moyen-Orient », Le Débat, mars-mai 1986.

[13] « Bobigny — La solidarité arménienne condamnée », Hay Baykar, 10 mai 1985, pp. 8-9.

[14] « Éditorial », Hay Baykar, 1er juin 1984, p. 2.

[15] « Procès en perspective », Hay Baykar, 29 mars 1984, p. 16.

[16] « Monte Melkonian est condamné à six ans de prison dont deux avec sursis », Le Monde, 15 décembre 1986.

[17] Cf., entre autres : « Parce que Ankara ordonne », Hay Baykar, 20 décembre 1985, p. 3 ; « La dérive anti-arménienne du pouvoir », Hay Baykar, 25 janvier 1986, p. 3 ; « Gala de soutien aux prisonniers politiques arméniens : artistes et communauté réunis pour un franc succès », Hay Baykar, 1er avril 1986, pp. 4-5 ; « Monte Melkonian : Pourquoi il ne fera pas appel », Hay Baykar, 1er février 1987, p. 3.

[18] « La direction du Mouvement national arménien s’explique sur neuf questions », Hay Baykar, 30 juin 1983, p. 4.

[19] Voir, par exemple, Markar Melkonian, My Brother’s Road, Londres-New York, I. B. Tauris, 2007, pp. 85 et 106.

[20] Elie Kedourie, Nationalism, Londres, Hutchinson University Library, 1961, p. 107.

[21] Kapriel Serope Papazian, Patriotism Perverted, Boston, Baikar Press, 1934, p. 69.

[22] Jeremy Salt, Imperialism, Evangelism and the Ottoman Armenians. 1878-1896, Londres-Portland, Frank Cass, 1993.

[23] Guenter Lewy, The Armenian Massacres in Ottoman Turkey, Salt Lake City, University of Utah Press, 2005, pp. 11-29.

[24] Justin McCarthy, Ömer Turan et Cemalettin Taşkıran, Sasun. The History of an 1890s Armenian Revolt, Salt Lake City, University of Utah Press, 2014.

[25] Gaston Auboyneau, La Journée du 26 août 1896 à la Banque impériale ottomane, Villeurbanne, Imprimerie Chaix, 1912, pp. 28 et 34. Voir aussi Caleb Gates, Not to Me Only, Princeton-Londres, Princeton University Press/Oxford University Press, 1940, pp. 108-109, 134 et 135.

[26] Garéguine Pasdermadjian (oui, celui de la prise d’otages à la Banque ottomane), Why Armenia Should Be Free, Boston, Hairenik Press, 1918, p. 43.

[27] Aram Turabian, Les Volontaires arméniens sous les drapeaux français, Marseille, Imprimerie nouvelle, 1917, pp. 41-42.

[28] Markar Melkonian, My Brother’s Road…, p. 84.

[29] Jacques Derogy, Les Vengeurs arméniens. Opération Némésis, Paris, Hachette, 2015 (1re édition, Fayard, 1986) ; Eyal Ginio, “Debating the Nation in Court: The Torlakian Trial”, Armenian Review, LV/1-2, automne-hiver 2015, pp. 1-16; Christopher Gunn, « Getting Away with Murder : Soghomon Tehlirian, ASALA and the Justice Commandos, 1921-1984 », dans Hakan Yavuz et Feroz Ahmad (dir.), War & Collapse : World War I and the Ottoman State, Salt Lake City, University of Utah Press, 2016, pp. 896-917 ; Marian Nesrobian MacCurdy, Sacred Justice : The Voices and Legacy of the Armenian Operation Nemesis, New Brunswick, Transaction Publishers, 2015.

[30] Bilâl Şimşir, Şehit Diplomatlarımız (1973-1994), Ankara-İstanbul, Bilgi Yayınevi, 2000, tome I, pp. 57-73.

[31] Renseignement, 3 octobre 1931, Archives nationales, Pierrefitte (AN), F7 13436.

[32] Rapport du commissaire spécial de Lyon, 3 mai 1926 ; Note sur le comité de secours pour l’Arménie, HOG, 5 mars 1932 ; Rapport du commissariat spécial de Lyon, 14 février 1933 ; Rapport de la préfecture de police de Paris, 6 mars 1933 ; Rapport du procureur de Grenoble, 4 décembre 1933, AN, F7 13436 ; Astrig Atamian, « Les Arméniens communistes en France, une histoire oubliée », Amnis, n° 7, 2007; Kapriel Serope Papazian, Patriotism Perverted…, p. 70.

[33] Benjamin Alexander, “Contested Memories, Divided Diaspora: Armenian Americans, the Thousand-Day Republic, and the Polarized Response to an Archbishop’s Murder”, Journal of American Ethnic History, XXVII-1, Fall 2007, p. 32-59.

[34] Kachig Toloyan, « Terrorism in modern Armenian political culture », Terrorism and Political Violence, IV, 2, 1992, p. 19.

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