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Billet de blog 11 janv. 2017

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La Chaise Fauchée interroge Jon Palais

Alors que le procès de Jon Palais, le désormais célèbre Faucheurs de chaises, s’est achevé lundi 9 janvier, Gazette Debout a envoyé la Chaise De LaBNP en interview exclusive avec son « faucheur ». Rencontre avec un homme soulagé et heureux d’avoir réussi à mettre en lumière les ravages de l’évasion fiscale.

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Le procès de Jon Palais – Photo Raphaël

La Chaise De LaBNP : Qu’as-tu ressenti lorsque tu étais au cœur de la haie d’honneur des militants qui t’escortaient jusqu’au Palais de justice de Dax pour assister à ton procès ?

Jon Palais : C’était complètement irréel. Au départ je ne m’attendais pas à une telle mobilisation. Mais ces les derniers jours, les indices laissaient penser que tout prenait de l’ampleur : de plus en plus de bénévoles s’inscrivaient, les médias s’intéressaient au sujet. Je pensais pouvoir me concentrer sur ma plaidoirie pendant les derniers jours. J’avoue avoir été déstabilisé par l’ampleur prise par les évènements. J’ai ressenti une véritable force collective du mouvement. Une belle décharge d’énergie.

La Chaise De LaBNP : Est-ce que tu pensais qu’un jour une modeste chaise allait te mener aussi loin ?

Jon Palais : Non ! Lorsque nous avons eu l’idée de lancer cette action en février 2015 à Bayonne, nous étions crevés, c’était la fin d’une réunion et tout s’est décidé en 10 minutes avec les militants de Bizi (association altermondialiste basque). Nous pensions pénétrer dans une banque HSBC pour lancer notre slogan, disant que l’argent de la transition écologique existe : il est dans les paradis fiscaux. Un moyen de matérialiser notre discours. Un peu comme une banderole sur un bâtiment, qui donne une image à un message. Mais je n’aurais jamais imaginé que cela déclenche un tel mouvement de désobéissance civile. D’autant que nous arrivons à faire bouger les lignes. Par exemple, nous avons demandé à la BNP de fermer ses filiales dans les îles Caïman, ce qu’elle a refusé. Alors que quatre mois plus tard, elle annonçait leur fermeture en interne. Nous avons été avertis et avons révélé l’information. 

La foule soutient Jon Palais lors de son procès à Dax le 9 janvier 2017.

La Chaise De LaBNP : Est-ce que tu as conscience d’être aujourd’hui devenu un symbole, celui de toutes les chaises opprimées du monde entier ?

Jon Palais : Je pense que la parole des chaises s’est enfin libérée. L’une d’elle a d’ailleurs fait son coming-out ( dans les colonnes de Gazette Debout) en assurant être contente de s’être évadée de la BNP. Elle s’est dite solidaire de nos actions.

La Chaise De LaBNP : Est-ce que tu vas continuer à faire voyager les chaises ?

Jon Palais : Les chaises, ça prend beaucoup de place et c’est assez encombrant ! Nous avons été heureux le jour où nous avons pu les rendre à la justice car c’est devenu leur problème. J’aimerais d’ailleurs savoir où sont passées ces 196 chaises, car nous avons vu les policiers les charger dans des camions. Ont-elles été mises dans un hangar ? Ont-elles été rendues à la BNP ? J’aimerais avoir la réponse. Car si la banque ne les a pas récupérées, cela signifie qu’elles ne sont pas importantes à ses yeux. Alors dans ce cas, pourquoi m’attaquer en justice ? Pourquoi attaquer Florent ? (Florent Compain le Président des Amis de la Terre France, est convoqué pour des faits similaires devant le tribunal de Bar-Le-Duc en avril prochain – ndlr). Cela mériterait une enquête ! Quant à la suite, je pense que nous allons réfléchir à nouveaux modes d’actions, même si nous garderons nos chaises pour le symbole.

La Chaise De LaBNP : Et alors #Pourunechaise, qu’est-ce que tu serais prêt à faire ?

Jon Palais : Je suis prêt à aller au tribunal et à y retourner s’il le faut. D’autant que l’absence des avocats de la BNP pendant l’audience nous a laissé un vrai boulevard. Nous avons réussi à faire le vrai procès : celui de l’évasion fiscale. Ce fut un carton plein !

L-A

Article publié dans Gazette Debout 

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