GBA92
Abonné·e de Mediapart

37 Billets

1 Éditions

Billet de blog 8 mai 2014

Pourquoi il faut absolument se mobiliser et voter aux élections Européennes du 25 Mai ?

GBA92
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Point Politique à 3 semaines d'un scrutin Eurpopéen crucial le 25 Mai 2014. Deux questions se posent, pas davantage. Ce scrutin Européen est d'ore et déjà démonétisé par les principaux partis politiques français, pourquoi? Et pourquoi faudrait-il au contraire prendre enfin en compte sérieusement les institutions Européennes et en particulier le Parlement Européen?

J'entends ici décrypter les raisons profondes de cette "impasse" nationale, au sens de ce que l'on voudrait cacher sous le tapis aux citoyens français.

Il y a une schizophrénie ambiante qui inquiète, tant les données du problème posé à notre nation sont simples, mais auxquels notre société fait tout pour ne pas y répondre correctement, il y a même une forme de profond déni de la réalité du monde dans lequel notre pays est plongé.

1/ Scrutin du Parlement Européen démonétisé en France

Au fond, pour comprendre les blocages actuels il nous faut en revenir à la genèse de cette construction atypique qu'est l'UE, voulue au départ par J.Monnet et R.Schuman de France, qui ne voulurent pas laisser aux politiques nationaux aucune possibilité de bloquer les projets de coopération proposés, se posant en opposition à une Europe des nations synonyme de la guerre. Faiblesse s'il en était, ils ne voulaient pas du ver dans le fruit de la paix instaurée durablement sur le continent enfin pacifié. C'était sans présager que l'intergouvernemental reprendrait progressivement le pas sur le droit d'initiative de la Commission au fil des années, de par la nomination du présidentde la commission, toutou de préférence envers le Conseil, nouvellement ancien premier ministre d'un des Etats membres par usage, annihilant ainsi la plus-value de cette construction unique et atypique dans le monde, redevenue en quelques années l'instrument des politiques nationales, c'est à dire lyophilisée dans sa définition initiale où elle devait inventer pas son droit d'initiative des sujets qui lui étaient dévolus par le Conseil Européen des chefs d'etats et de gouvernement. On ne peut donc pas en effet à la fois avoir une monnaie unique et des politiques nationales divergentes sur la fiscalité, sur le marché du travail pour l'essentiel qui ne seraient pas coordonnées. Et pour en revenir à ma question, la vérité sur le rapport des partis politiques français de gouvernement face à l'UE dans la situation politique actuelle créée par notre loi électorale inique concernant l'élection de nos Parlementaires nationaux, est qu'ils voient induement dans l'UE une concurrence leur faisant de l'ombre au plan national, ce alors que le principe de subsidiarité règle formellement ce problème. Nous avons donc affaire à une réelle tromperie de la part de ces gouvernants. De plus, les leaders de nos grands partis préfèrent la lumière des projecteurs bienveillants pour eux de l'actualité des médias nationaux au travail sérieux et complexe mais effectué loin de Paris et dans l'ombre dans les commisions du Parlement Européens qui sont d'une autre tenue intellectuelle que les pauvres travaux de notre parlement national. Or voila qu'il y à choisir entre l'ombre du travail besogneux mais utile du parlementaire Européen face à la lumière de l'exposition médiatique plutôt inutile sur le fond de l'Elu national de l'autre, et tous font le même choix! On se retrouve pour ce qui est des partis PS et UMP ultramajoritaires au Parlement français avec clairement des élus de seconde zone envoyés représenter l'intérêt des citoyens français au Parlement Européen, et cet état de fait nuit grandement à la juste représentation des citoyens français auprès de cette trés importante institution, mais également à l'intérêt qu'ils portent à la connaissance de cette institution aux pouvoirs énormes et grandissants sur la vie quotidienne des citoyens Européens. Pour parfaire ce noir tableau, les journalistes de nos médias nationaux, fort ignorants déjà du fonctionnement de nos institutions locales ignorent encore bien davantage celles de l'UE et ne risquent pas de surexposer nos concitoyens à des flux d'information sur les réelles strates de pouvoir qui permettent d'édicter les réglements et directives ensuite benoitement transposées dans nos lois nationales pas nos parlementaires nationaux.

Comment est-il possible face à l'importance de cette échéance que les deux débats organisés les 9 Avril, et à venir le 15 Mai entre les 5 prétendants à la présidence de la Commission Européenne Mr M.Schultz PSE, Mr JC Juncker PPE, Mr G.Verhofstadt ADLE, Mr Tzipras Gche radicale (absent du premier débat) et Mme S.Keller pour les verts n'ait été diffusé par aucune chaine française? Ce alors que seulement 40% des Français savent que les Euro Députés Européens sont élus au suffrage universel !

2/ Importance grandissante du Parlement Européen 

Pour adresser et démarrer la seconde partie de mon propos, il y a autour de 60% de nos lois qui sont directement transposées des textes de Bruxelles depuis longtemps déjà, que n'en parle-t-on davantage? On devrait d'ailleurs considérer ces textes comme parfaitement légitimes du fait que des français au même titre que les autres Européens dans les règles établies participent à l'élaboration de ces textes communs à tous qui donc s'imposent légitimement à tous, mais comme sur beaucoup d'autres sujets, en France, on politise les sujets et on surjoue la contestation des faits établis, comme on rediscute le seuil de 3% de l'endettement annuel par rapport au PIB, pourtant partie intégrante des traités applicables, scrupuleusement respecté par nos partenaires dont on ne peut pas changer unilatéralement les règles d'un jeu dont on est par ailleurs globalement gagnants en particulier avec la PAC qui nous réalloue une part important de la moitié de cet énorme premier budget géré par l'UE, et l'on n'ose y regarder de près, mais la règle de la limite de dépassement du budget de l'Etat et des dépenses sociales de 3% de la production (PIB) était une pratique prélable à la création de l'Euro, et déjà en usage par la banque de France (dixit Mr Trichet), bref on ment une fois de plus au citoyen en lui présentant l'interdiction de déficit comme un dictat de "Bruxelles", quelle capilotade de nos élus, c'est honteux et du plus mauvais effet la supercherie une fois démontrée.

Le traité de Lisbonne, malgré l'irrespect de la sanction des référendums Français et Irlandais contre l'adoption du TCE nous pose un réel problème de ce qu'est devenue la Démocratie représentative mise à l'échelle Européenne et constitue clairement un autre sujet à part entière, mais cependant celui-ci donne la part plus belle au Parlement Européen que précédemment, Parlement qui même s'il n'a pas de droit d'initiative Législative, pourra dès cette élection choisir le Président de la commission Européenne. Par extension, s'entend qu'il y a donc l'élection par les citoyens Européens du président de la Commission Européenne en plus de celui du Parlement, c'est pour nous une avancée Démocratique déjà extraordinaire par rapport à l'opacité du système de nomination précédent à la discrétion du Conseil Européen, même si les Parlementaires auditionnaient déjà depuis longtemps les nouveaux Commissaires proposés.

On nous promet l'abstention massive le 25 Mai, un vote de rejet de la Politique gouvernementale française, alors que le sujet est tout autre, il s'agit de nous choisir une équipe Européenne de choc pour prendre en compte et régler nos problèmes de première puissance mondiale de 500 millions d'habitants à l'échelle de la planète, concernant les sujets délégués par le Conseil à la commission Européenne, oubliant pour ce faire les carcans étroits de nos politiques nationales respectives. Cet état de fait, une abstention massive, serait pour les pouvoirs en place une forme de status quo et arrangerait sans doute pas mal les partis de gouvernement, le risque pour eux étant davantage de devoir expliquer une défaite avec participation que sans, ils préfèrent donc organiser tranquillement l'abstention, c'est un constat déchirant mais bien réel, il n'y a en effet pas de campagne électorale, ni dans la presse écrite, ni dans les médias, c'est un vide lourd de sens.

Dernier argument pour un vote massif le 25 Mai dans l'atonie gébérale, il y a un traité commercial capital en cours de négociation entre l'UE et les USA, le traité de libre écahnge transatlantique, et la commission a délégation à le négocier, mais le Parlement aura son mot à dire sur les propositions des négocaiteurs missionnés par la Commission, donc les choix Politiques pèseront extrêmement lourd dans le résultat qui sera obtenu, et ce ne seront pas les ex-maîtresses de tel ou tel expédiées au Parlement Européen ou les recalés des scrutins précédents en France à qui on aura donné un lot de consolation qui nous aideront à obtenir le meilleur compromis possible pour l'Europe face aux USA dans un contexte où tout point de croissance économique est un bout du Graal, et ce sont au bout soit des familles qui tomberont dans la précarité et dans la grande pauvreté ou d'autres qui pourront en sortir, il ne faut jamais oublier les véritables enjeux.

Ma conclusion face à ces diverses observations 

Force est donc de constater que les partis de gouvernement l'UMP et le PS dans l'acception actuelle de la Politique française, et qu'une seule liste tente de répondre sur le fond à cette question, et travaille d'arrache pied depuis des décennies pour gagner sur chaque dossier les avancées nécessaires au développement de notre pays dans le cadre continental qui est clairement le seul où il fait sens de traiter la plupart des problèmes qui se posent à nous, et on le voit avec le nombre des textes nationaux déjà issus des textes chapeaux en provennace de Bruxelles, en bref c'est la liste Les Européens de l'Alternative, l'union de raison entre l'UDI et le Modem. Oui, je le sais on n'est même plus censés exister, en tout cas on ne doit surtout pas gêner les petits jeux habituels et donc surtout ne pas gagner, on nous l'a joué suffisamment ce sketch lors des derniers scrutins, mais maintenant, reveillons-nous! Tout le monde a bien compris que François Hollande n'a été élu que sur le mensonge du Bourget, et que son élection, il l'a avoué lors de son dernier passage télé n'a été que par défaut du candidat de droite usé, Sarkozy, incapable de pouvoir fédérer autour de lui à la fois le Centre et les extrêmes, l'équation à jamais impossible! Devrions-nous alors, sans creuser davantage le sujet nous conformer à une marée perpétuelle de promesses mensongères successives d'élection en élection une fois de Droite, l'autre de Gauche éternellement, ou plutôt jusqu'à ce que notre modèle ne sombre corps et biens une bonne fois pour toutes? Et ça nous pend au nez si nous ne faisons rien comme c'est le cas depuis bien trop de temps.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Diplomatie
Macron passe la diplomatie française à la sauce « libérale »
Sous prétexte d’accroître la « mobilité interne » au ministère des affaires étrangères, la réforme prévue par Emmanuel Macron permettra d’offrir des postes d’ambassadeur à des amis politiques ou des cadres du monde des affaires qui ont rendu des services. Tout en réglant son compte à un corps diplomatique que l’Élysée déteste.
par René Backmann
Journal — France
Fausse rétractation de Takieddine : sur la piste d’un « cabinet noir » au service de Sarkozy
L’enquête sur l’interview arrangée de Ziad Takieddine révèle les liens de plusieurs mis en cause avec le clan Sarkozy et leur volonté de « sauver » l’ancien président, mais aussi ses anciens collaborateurs, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, également mis en examen dans l’affaire libyenne.
par Karl Laske et Fabrice Arfi
Journal — Terrorisme
Les confidences du commissaire des services secrets en charge des attentats du 13-Novembre
Le commissaire divisionnaire SI 562 – le nom de code le désignant – a dirigé la section chargée des enquêtes judiciaires liées au terrorisme islamique à la DGSI, entre 2013 et 2020. Il offre à Mediapart une plongée inédite dans les arcanes du service de renseignement.
par Matthieu Suc
Journal — Justice
À Marseille, des juges font reculer l’incarcération à la barre
L’aménagement de peine, par exemple le bracelet électronique, prononcé dès le jugement, est une possibilité qui n’avait jamais décollé avant 2020. Mais à Marseille, la nouvelle réforme de la justice et la volonté d’une poignée de magistrats ont inversé la tendance. Reportage.
par Feriel Alouti

La sélection du Club

Billet de blog
La chanson sociale, comme levier d’empowerment Bernard Lavilliers en concert
Dans la veine de la chanson sociale française, l’artiste Bernard Lavilliers transmet depuis plusieurs décennies la mémoire longue des dominés, leurs souffrances, leurs richesses, la diversité des appartenances et propose dans ses narrations festives et musicales. Balzac disait que «Le cabaret est le Parlement du peuple ». En quoi la chanson sociale est-elle un levier de conscience politique ?
par Béatrice Mabilon-Bonfils
Billet de blog
La clique de « Kliniken » vue par Julie Duclos
Quinze ans après Jean-Louis Martinelli, Julie Duclos met en scène « Kliniken » du dramaturge suédois Lars Noren. Entre temps l’auteur est décédé (en 2021), entre temps les guerres en Europe ont continué en changeant de pays. Immuable, la salle commune de l’hôpital psychiatrique où se déroule la pièce semble jouer avec le temps. Troublant.
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Un poète palestinien : Tawfik Zayyad
Cette poésie simple, émouvante, populaire et tragique a circulé d'abord sous les tentes des camps de réfugiés, dans les prisons avant d'être lue, apprise et chantée dans toute la Palestine et dans tout le monde arabe.
par mohamed belaali
Billet de blog
La comédie des catastrophes
Au Théâtre de la Bastille, le collectif l'Avantage du doute dresse un hilarant portrait de la société contemporaine pour mieux en révéler ses maux. De l’anthropocène au patriarcat, de la collapsologie aux comédiennes mères ou non, du besoin de tendresse des hommes, « Encore plus, partout, tout le temps » interroge les logiques de puissance et de rentabilité par le biais de l’intime.
par guillaume lasserre