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Billet de blog 27 oct. 2013

Analyse - Penser Demain

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Propos Liminaires

Nous sommes dans les décombres d’une société française malade, pourtant issue d’une tradition très ancienne, riche et inventive, Judéo-Chrétienne millénaire, des Lumières centenaire, du programme du CNR le Conseil National de la Résistance soixantenaire, qui en mars 1944 nous apporta la Sécurité Sociale pour tous, dernier grand progrès sociétal effectué sous l’inspiration de 16 jeunes gens de tous bords politiques, syndicaux et mouvements de la résistance qui ont mûri ensemble de l’horreur de la guerre, dans la clandestinité, un projet de société humaniste par le texte programmatique « les jours heureux ». Ce progrès dont nous pouvions légitimement penser qu’il était fait pour être croissant de génération en génération, après plusieurs générations ayant mieux vécu que les prédécesseurs, nous voyons cette clause s’avérer devenir fausse, l’Histoire file donc à l’envers. Nous avons perdu la boussole, nous ne savons plus bien où aller dans un contexte de crises profondes juxtaposées où les repères précédents qui cimentaient la société se dissolvent au fil des années sans pour autant que d’autres repères intelligibles ne se fassent jour pour former un nouveau socle solide auquel les citoyens pourraient s’arrimer. Peine perdue, ne cherchez pas, il n’y a encore rien, ou si peu, et tout ou à peu près reste à faire.

L’activité économique n’est pas au rendez-vous escompté d’où le faible taux d’emploi et la progression du nombre de ceux qui après un accident de la vie sombrent si nombreux dans la grande pauvreté, et on en est au-delà du seuil des 10 millions de personnes concernées. Il y a des fractures dont la fracture intergénérationnelle, avec des retraités relativement aisés et que le système protège, ce qui est typique des sociétés des pays du sud face à une jeunesse entrante dans le système, abandonnée à elle-même et qui subit la crise de plein fouet. La solitude ronge les habitants de nos cités où le lien social disparait. L’illettrisme gagne alors que le monde se numérise, l’espérance des gens en l’avenir par un projet politique n’est plus, la République se désagrège des multiples scandales mis au jour mettant à bas la confiance du citoyen envers notre personnel Politique. Francis Fukuyama qui écrivait qu’avec la chute du communisme c’était « la fin de l’Histoire » avait grand tort tant tout nous reste à faire, il est même possible que toute tentative de reconstruction de notre société ne soit devenue vaine après tant d’années de procrastination et de constance en renoncements à vraiment réformer la société pour l’intérêt général des citoyens.

Face à ce constat accablant il n’y a plus que deux attitudes possibles à adopter, soit on capitule dans l’attitude « après moi le déluge » en cherchant son propre cocon de survie individuel, égoïstement, sans plus d’espoir de survivance d’un bien commun à défendre en une communauté de destin qui définit les peuples, et ce serait admettre que l’on tombera dans les extrêmes si cet état d’esprit est largement partagé. Soit au contraire on décide de relever le gant en étant force de proposition de solutions pour premièrement analyser nos maux principaux, et dans un second temps pour donner des pistes possibles de guérison de ces maux, et on peut dans ce cas-là, si l’on convainc, éviter peut-être de finalement rapidement tomber dans les extrêmes. Je prends ici à mon compte clairement la seconde option.

Avant de pousser plus avant, pour clarifier, toute proposition complexe à expliciter sera difficile à promouvoir dans ce monde « du spectacle » et de l’immédiateté, et elle risque fort de ne pas être ne serait-ce que diffusée, ni du coup jamais connue, et donc certainement pas considérée comme une option de sortie possible de ce naufrage annoncé. Je vais néanmoins tenter de m’y atteler dans la logique du petit Colibri qui tient à apporter sa contribution personnelle à l’extinction d’un incendie énorme à son échelle et qui provoque à son encontre les quolibets des autres animaux de la forêt… mais lui au moins aura-t-il, avec ses petits moyens, répondu présent, et contribué à l’aune de ses maigres moyens à la tentative d’extinction de l’incendie.

C’est dans les phases erratiques de nos Histoires nationales que l’obligation de réussir au bord du précipice forge les destins des peuples. Il faut proposer aux peuples leur chemin de sortie des crises, c’est à mon sens une obligation de citoyen qui devrait s’imposer à tous comme une évidence tant le temps nous est maintenant compté avant qu’un tsunami ne nous frappe, dont la venue nous est d’ores et déjà connue comme étant certaine, dont finalement seule la forme et son moment d’occurrence nous sont encore inconnus. Alors qu’en apparence la situation du pays pourrait paraitre tout ce qu’il y a de plus normale tant il y a d’autres pays proches qui sont encore bien plus mal en point que nous ne le sommes nous-mêmes et qui malheureusement aident la classe Politique installée à masquer aux citoyens nos propres faiblesses.

Cet exercice est réalisé ici en vue de deux objectifs, d’abord pour expliciter l’inventaire de l’état où nous sommes arrivés à nous mettre pour que chacun le mesure, et ensuite pour développer l’architecture de ma proposition d’un horizon et du seul chemin par lequel il est encore faisable de prendre le bon virage pour y arriver à cet horizon et s’en sortir, sans doute après quelques années d’efforts, ce qui est somme toute fort raisonnable à consentir à l’aune de nos capacités certes provisoirement mises en berne. On doit pouvoir voir ces capacités se fédérer et se révéler et être pleinement utilisées à nouveau, l’Histoire le dira.

Depuis Hippone sur l’autre rive de la Méditerranée ensuite devenue Bône, et maintenant devenue Annaba, Saint Augustin pouvait légitimement douter de la réalité de la chute de Rome pourtant bien réelle lorsque cette information lui parvint.

Les civilisations meurent toutes tôt ou tard, alors gardons bien cette idée en tête pour nous convaincre que clairvoyance et courage seront obligatoirement de ce rendez-vous.

Chap I : Bilan d’Etape en 2013

Je ne listerai ici les points marquants de l’état de la situation française qu’à minima et sans les développer ni y chercher de remèdes, ce n’est pas encore le but, d’une part les points positifs, et ensuite les négatifs pour finir cet Etat des lieux.

En positif, nous sommes un pays qui attire les investisseurs étrangers reconnaissant la qualité de nos infrastructures, desserte en routes, eau, écoles, hôpitaux…, par la loyauté de nos salariés envers leur employeur, par le bon niveau de performance de notre personnel qualifié. Le dispositif fiscal du Crédit Impôt Recherche (CIR) permet de conserver et de développer une activité d’innovation sur notre territoire, en conjonction avec des Laboratoires en pointe dans la Recherche Fondamentale comme le CNRS entre autres.  Nous avons un patrimoine historique et culturel immense, nous attirons aussi les touristes par la richesse diverse de nos sites et paysages d’exception. Nous avons les structures d’un Etat centralisé fort ce qui nous a permis de conserver un Etat de Droit sur la quasi-totale de notre territoire où les lois sont bien appliquées. Nous avons de très grandes entreprises leader au niveau mondial qui témoignent d’un franc succès dans la mondialisation pour le Luxe, le BTP, l’Aéronautique, les Services Informatiques. Les français ont une vie qu’ils trouvent majoritairement épanouie et heureuse au niveau personnel et cet atout est très important pour que nous puissions rebondir collectivement... Et nous sommes toujours la cinquième économie du monde.

En négatif, nous avons un secteur public hypertrophié qui explique largement notre dette et notre budget déficitaire sans discontinuer depuis 1974 sans que l’on ne puisse jamais y porter aucun ajustement même légitime sans bloquer le pays pour ensuite abandonner toute réforme, ce secteur pèse environ 20 points de PIB de plus en charges que le même service dans tous les pays comparables à périmètre comparable. Nous n’avons plus que quelques secteurs exportateurs maintenant, l’Aéronautique et le Luxe, tout le reste ou à peu près soit au mieux stagne sinon souffre et se contracte après un âge d’or dont nous n’avons pas su gérer la transition. Les classes moyennes subissent de plein fouet l’appauvrissement constant de notre pays. Nous avons un déséquilibre chronique de nos systèmes sociaux santé, retraites de 30 Milliard d’€ par an. L’Agriculture et la pêche sont au bout de leur modèle productiviste intensif, il y a un problème de prix trop bas payé aux producteurs pour le lait, la viande, les œufs, le poisson etc..., les agriculteurs et les pêcheurs sont désespérés et il y a nombre de suicides, or cela doit nous faire réfléchir d’urgence, car ce sont eux qui nous nourrissent. Le logement rare et cher est l’un des pivots des pires de nos maux, on n’en débat pas suffisamment or les prix ont trop flambé pendant des décennies à cause de mécanismes pervers provoquant un effet de bulle. La multiplication des familles monoparentales vient encore aggraver la pénurie de logements. Nous en sommes à mettre des gens en nombre à la rue sans aucune solution de relogement (Cf. Clermont-Ferrand été 2013). D’où l’impérieuse nécessité de maintenir les salaires minimums relativement forts par rapport à d’autres pays comparables pour que les gens puissent tout bonnement continuer à payer leurs factures, ce qui pose le problème du coût trop élevé du travail non qualifié. Il s’ensuit qu’une forte proportion des salariés est recrutée et maintenue perpétuellement au SMIC, ne prenant pas du tout en compte la notion de gestion de carrière, les démotivant par là même. Le niveau d’éducation des jeunes français en baisse, qui était pourtant pris en exemple mondialement il n’y a pas seulement vingt ans, a laissé maintenant place à un système clairement à deux vitesses, et a dégringolé de 50 places dans le classement international. La création d’entreprise est rendue très compliquée, voire périlleuse pour les créateurs, nous n’avons donc pas assez de PME entre 250 et 500 employés, et elles manquent grandement au vivier des créateurs de richesses et d’emplois. La corruption et les fraudes sont très importantes dans le pays tant par les employeurs sur leurs cotisations URSSAF que de tous autres types de pratiques de mauvaise foi généralisée, c’est autant de richesses volatilisées pour la collectivité et de vertus égratignées, la défiance généralisée des citoyens envers leurs élus « mal élus » avec des taux d’abstention de l’ordre de 50% aux Législatives voire encore davantage aux élections intermédiaires, une loi électorale inique qui interdit la représentation Nationale des minorités sauf à négocier par avance des places avec les partis dits de gouvernement. Nous avons en place un millefeuille administratif cher donc peu efficace et inintelligible, et enfin énormément trop d’élus par habitants ce qui globalement pose clairement la question de la pertinence de nos institutions. Nous avons des pratiques de gouvernance déséquilibrées, hybrides entre un régime présidentiel et un régime parlementaire qui sont à modifier. « The Economist Group » a dégradé la France au rang de Démocratie imparfaite dans son classement de 2011, nous qui avons inspiré le texte de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, quel signe ! Notre justice a des moyens très limités, elle est engorgée avec le taux le plus bas de budget par habitant de tous les pays comparables, nos lois sont datées, le système judiciaire est inintelligible pour les citoyens ordinaires, menant trop souvent à l’arbitraire de bien des décisions de justice tant les textes applicables sont nombreux et incohérents entre eux, le pot de terre perdant toujours contre le pot de fer. Est-ce satisfaisant? Non, de plus notre système carcéral est, faute de moyens, devenu totalement inhumain et la cour Européenne de justice nous en a déjà fait plusieurs fois le reproche. L’Energie va devenir très chère à cause de notre parc nucléaire vieillissant que l’on tente de pousser à 60 ans alors qu’il était vendu pour 30 ans lors de sa mise en service et qui devra de fait être rénové puis ensuite démantelé puis enfin sans doute partiellement reconstruit à terme à grands frais obscènes pour les consommateurs-contribuables, tenant compte de l’effet aggravant de la rareté grandissante du pétrole. Il n’y a pas encore de taxation écologique des émissions polluantes avec un vrai marché du CO2, cela n’incite pas l’industrie à la défense de la planète ni de la biodiversité, ni à l’investissement dans l’innovation en matière d’énergies propres. Le secteur financier est toujours « hors-sol » 5 ans après la chute de Lehman Brothers, il est toujours décorrellé de l’économie réelle qu’il ne finance pas suffisamment, il vit principalement de spéculation en un excès nuisible pour l’activité économique réelle, cad non financière, il n’y a pas encore de taxe Tobin sur les transactions financières au niveau de l’UE pour freiner la folie des excès de la nano-finance qui a mené depuis 2008 à un état permanent de stagnation économique qui a généré un excès d’endettement public exorbitant dont nous ne savons pas sortir.

J’ai donc noté en procédant rapidement 18 points négatifs pour 10 positifs, soit grosso modo un ratio d’un pour deux, on pourra arguer que j’aurais oublié tel ou tel point positif, certes je conviens tout à fait que mon analyse puisse être partielle et donc incomplète, mais on peut se mettre d’accord et en déduire la tendance assez claire que ça va plutôt mal chez nous.

Chap II Que faire et dans quel Ordre ?

En France seule une élection permettrait de changer les choses en profondeur, c’est l’élection Présidentielle.

Or tout homme politique censé qui veut se faire élire à l’issue de la prochaine campagne électorale pour l’élection Présidentielle doit se sentir pour le moins embarrassé d’avoir à extraire de ce magma de 18 points (Cf. Chap I Bilan ci-dessus..) qui pêchent, les deux voire au grand maximum les trois thèmes et idées force qu’il lui faudra faire mousser comme étant les maux qui, si on les résolvait, apporteraient toute cuite sur un plateau la solution miracle à tous les maux du pays.

On voit bien la limite de ce jeu « du spectacle » Politique dans lequel les campagnes électorales et les élections très fréquentes en France se succèdent tous les deux ans. On fait Campagne avec éloquence et sincérité affichées, mais ensuite les problèmes eux restent voire pire s’aggravent inexorablement tant la propension à ne jamais rien changer à des équilibres savants d’intérêts d’appareils obscurs et multiples est prégnante chez nos gouvernants et prétendants gouvernants successifs.

La solution n’est donc pas dans cet ordre de choix politique là, ou du moins pas immédiatement, et je vais développer ci-dessous pour expliquer cette idée d’une nécessaire transition de modèle Politique.

Notre classe politique telle quelle est aujourd’hui est auto-bloquée dans des calculs d’apothicaires de boutiquiers. Cherchons juste à expliciter les règles qui comptent lors les Campagnes électorales Présidentielles (hors primaires). Ce qui frappe, c’est l’ultra-simplisme du peu d’arguments mis en avant par les candidats qui font réellement la différence dans les urnes par un effet de réponse de l’électorat en écho à certains thèmes abordés. Se souvient-on des saillies sur la viande Hallal en 2012 boostant la candidate du FN ? Et des problèmes de sécurité mis en exergue en 2002 avec l’instrumentalisation d’un unique fait divers dont les médias avaient fait leurs choux-gras sur le thème de l’insécurité montée en épingle avec passages multiples en direct au 20 Heures de papy Voise ayant mené Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection Présidentielle en éliminant Lionel Jospin, premier ministre sortant,  sur le thème de l’insécurité sans que l’on n’ait jamais su le fond réel de cette histoire? Ensuite, le citoyen se déprogramme jusqu’à l’élection suivante, on oublie trop vite. Tout ceci est la résultante des sondages thématiques presque quotidiens en période électorale, commandités par les candidats et leurs partis politiques, qui par le biais de sondages qualitatifs, saucissonnent tous les sujets sélectionnés potentiellement porteurs de préoccupations instantanée des citoyens, et susceptibles d’être porteurs, pour en sélectionner peu, mais ceux qui l’ont été sont choisis millimétriquement d’être mis en exergue dans les médias pour chauffer l’opinion sur quelques points bien particuliers à dessein, en ne prenant plus jamais compte d’aucune vision générale de long terme, en profitant juste des réactions épidermiques de « l’opinion publique ». En bref il s’agit de toucher le cerveau du côté cortex reptilien de nos concitoyens, pour surfer sur le bon tempo du bon thème pour en tirer un profit électoral immédiat, sans aucun devoir de suite, on oubliera tout. C’est ici une forme de dérive populiste qui nous piège maintenant systématiquement Campagne après Campagne.

Les médias, journaux et télés ont jusque-là d’autre part en grande partie « fait » les premiers tours des dernières élections Présidentielles pour une raison bien simple et fort compréhensible, c’est que le rabâchage en boucle des commentaires des résultats des sondages autorisés, car il faut savoir que tous ne le sont pas, sur les médias de flux comme BFM-TV, LCI et i-Tele, citant à longueur de temps les scores putatifs des candidats, la loi électorale n’inclue pas dans le temps d’antenne desdits candidats cités en tête ces temps de commentaires leur étant pourtant extrêmement favorables, or on sait les jeux des partis et les sommes faramineuses dépensées dans cet exercice des sondages lors de chaque campagne, ce qui dans la durée résulte inexorablement, appelons un chat un chat, à former une « opinion publique ». Le système est totalement verrouillé, et en 2012 j’ai été vraiment frappé par la puissance de cette essoreuse au débat d’idées, cette puissante machinerie me semble devenue totalement irrésistible.

Il faudra pour redresser ce pays, en tout premier lieu absolument réhabiliter la Politique des idées pour qu’enfin l’affichage Politique corresponde à la réalité du fait politique. Le fact-checking est un leurre car il ne regarde aujourd’hui que des informations très parcellaires face à un bien plus grand besoin d’une vision d’ensemble des positions des divers candidats sur tous les sujets à débats. Cette réhabilitation passera (ou pas) par plusieurs phases d’un réveil démocratique dont je propose d’en disséquer les étapes plausibles que j’attends de mes vœux dans le Chapitre suivant. Le principal objectif est de refaire des français les Citoyens qu’ils ne sont de fait plus assez à force de consommer la politique comme un simple produit de consommation.

L’étape suivante consistera enfin, mais à la seule condition d’avoir réussi cette réhabilitation de la Politique des idées comme un prérequis ferme, d’enfin poser et donc pouvoir enfin régler les 18 problèmes dimensionnants (encore vus au Chap I Bilan ..) dont dépend le redressement du pays en les traitant dans leurs vrais termes, non pas en ayant un discours opposé aux actes qui les régissent comme la pratique politique jusqu’à aujourd’hui traite de ces sujets. Restera enfin à les aborder simplement, les prenant par ordre de priorité, sans leurres, avec méthode et rigueur, en toute transparence, enfin Démocratiquement.

Chap III Réhabiliter la Politique des Idées par le Réveil Démocratique  

Il faut bien comprendre que le clivage Gauche - Droite est mort en 1989 avec la chute du rideau de Fer, il n’existe plus sur bien des sujets, hormis encore concernant les sujets sociétaux tel le « mariage pour tous », que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les politiques dîtes de Droite et de Gauche de gouvernement. Les deux, Gauche et Droite ayant d’ailleurs leurs propres clivages internes très violents sur les trois vrais grands seuls grands sujets qu’il nous faudra bien poser et résoudre pour de bon dans les mois  ou années qui viennent, et qui sont dans les grandes lignes:

(1) De choisir entre le plus d’Europe et le repli National,

(2) Entre plus de Démocratie pour le citoyen et la mise en place d’une Oligarchie régnante qui contrôlerait tout par devers les citoyens,

(3) La prise en compte ou pas de la réalité de l’effort à faire à très court terme pour faire baisser drastiquement notre dette publique Nationale abyssale pour pouvoir conserver notre souveraineté Nationale et garder la main sur la possibilité de relancer la machine France qui est nettement aujourd’hui à l’arrêt.

L’importance énorme des bastions électoraux de Droite et de Gauche ont fait que le jeu politique français est jusque-là resté figé, mais des lézardes apparaissent et les masques tomberont rapidement avec les résultats électoraux pitoyables qui se préparent pour PS et UMP et de leurs alliés aux Municipales et aux Européennes de 2014 avec la montée prévisible importante du FN qui n’aura certes pas d’effet immédiat, mais qui provoquera obligatoirement une explosion des coalitions politiques existantes si elles ne se fissurent pas déjà avant faisant suite à des années de conflits intestins non soutenables en leur sein.

Nul n’est besoin de citer ici tel ou tel parti ni personnel politique, je veux ici présenter une vue architecturale de nos maux, pas fustiger tel ou tel, nous devons compter sur la responsabilité de tous dans la suite des événements. Là les jeux peuvent totalement recomposer le paysage politique autour des trois pivots réels précités [1, 2 et 3 ci-dessus] en vue de l’élection Présidentielle de 2017, dont je répète qu’elle seule au final à compter. On verra rapidement des initiatives fleurir pour voir se fédérer les deux camps réels du pays, et il ne serait pas surprenant que la Force en faveur de plus de Démocratie, de plus d’Europe, de prise en compte du besoin de désendetter le pays de manière significative et rapidement ne s’impose dans le paysage en une alliance aux circonstances exceptionnelles en un contrat pour réformer le pays par sa seule volonté de ne pas laisser le pouvoir aux extrêmes, cette fois-ci encore.

Mais pour y arriver, la fenêtre de tir est très étroite, l’est-elle trop ? Nous le verrons bientôt, c’est à mon sens en tout cas l’ultime chance avant le trou noir d’une prise de pouvoir Démocratique par les extrêmes. Rien bien sûr n’est encore fait, mais l’on voit déjà des ouvertures se profiler pour que cette option sorte des limbes, pourquoi dès lors ne pas la voir finalement victorieuse en 2017 ?

Il y a déjà bien des initiatives Citoyennes comme le Collectif Roosevelt, le Pacte-Civique, les Etats Généraux  du pouvoir citoyen, et d’autres que je ne citerai pas mais qui lancent finalement le même cri.

J’en appelle en conclusion, dans la gravité de la situation du pays, à la responsabilité des hommes et des femmes Politiques à tous les niveaux de responsabilités, tout comme à celle des simples citoyens qui se retrouvent dans les trois idées forces que sont que notre avenir est avec l’Europe, qu’on doit faire mieux de Démocratie, et que la remise en ordre de nos finances est un dernier préalable à un redressement de notre pays, de bien vouloir bien réfléchir à faire leur deuil de leurs petites divergences d’idées entre eux, d’accepter de passer sur les anicroches passées avec tel ou tel, et de ne regarder au final qu’une seule chose en une ligne de mire obsédante et permanente, que sera l’immensité des chantiers de réformes à conduire pour pouvoir enfin espérer remettre le pays en ordre de marche pour que nous puissions penser un demain enfin positivement, de rêver les yeux ouverts au projet lumineux d’un destin commun à construire ensemble dès que possible pour les générations futures.

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