De l'inégalité des "avoir-humains"...

La Déclaration Universel des droits de l'Homme et du citoyen du 10 Août 1789, qui fait partie intégrante de ce que les représentants appelle la "constitution", nous dit : "ARTICLE PREMIER Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. […]" Ah bon ?

Or, mis à part que les "femmes" sont déjà absentes dans l'article premier (!), ce qu'on fait sciemment ( ?...) les académiciens (?) en prenant le terme "Homme" comme génératif, ce qui n'est absolument pas anodin, de mon point de vue en tout cas, nous allons voir qu'il n'en est rien, de l'égalité !

En effet, à la lecture de ce premier article, j'en déduis, logiquement, que toute forme de hiérarchie ou d'autorité d'un humain sur un autre devrait être anti-constitutionnel.

Car de quel "droit" un humain peut-il ou peut-elle imposer sa volonté à un ou une autre si nous sommes réellement tous et TOUTES égaux?

Dès qu'il y a autorité, il y a automatiquement rupture de l'égalité, imposé par le fait que l'un ou l'une se considère comme supérieur à l'autre de part son pouvoir et-ou son argent (ou possession - capital), ce qui va très souvent ensemble...s

Ce que nous appelons la désobéissance, civile ou autre, n'est, en fin de compte, que le reflet d'une aspiration à l'égalité entre tous et toutes.

Entre parenthèse, il en va de même pour la relation entre adulte et enfant, toujours de mon point de vue, mais c'est une autre histoire, quoi que !...

Mais, pour en revenir à notre sujet, il s'agit d'un point crucial dans nos relations sociales.

Cela me permet d'aborder la relation entre les élu-e-s, les pseudo-réprésentant-e-s, et les citoyen-ne-s, les représenté-e-s, qui est, sous ce prisme majeur, profondément anti-constitutionnel. Et il en va de même pour l'ensemble des relations mettant en place un-e "supérieur-e hiérarchique" et "son" "inférieur", ce que, dans le langage de l'entreprise, on appelle de façon très "imagé" (!) les N+1 et les N-1 ce qui veut tout dire ! Les humains en sont réduits à des nominations mathématiques purement abstraite et pourtant oh ! combien concrète et révélatrice de notre société de profonde inégalité.

Ainsi, que penser d'un président, d'un ministre, d'un préfet ou de tout autre "autorité de l'état" se jugeant supérieure aux citoyen-ne-s , dans notre cas de figure, qui se permet d'imposer et de contraindre par la force, y compris armée, comme nous avons pu le subir à de trop nombreuses reprises ces derniers temps, "sa" volonté contre celle du peuple ?

Pour ma part, le principe d'égalité inscrit dans la constitution est sauvagement (grenades, gaz neurotoxiques, LBD ou plutôt LBA pour Attaque..., etc.) piétiné et est donc, de-facto, anti-constitutionnel. Cela est absolument inacceptable.

TOUTES ces personnes devraient, dans ce système, être traduites devant un tribunal populaire, tiré au sort, pour répondre de leurs actes de hautes trahisons à l'égard du peuple. Mais est-ce "la" solution ?...

Mais, je vais aller plus loin, il en va de même pour toutes formes d'organisations sociales, quelles qu'elles soient : laïques ou religieuses, commerciales ou associatives, publiques ou privées. Partout où se manifeste le principe d'autorité d'une personne sur une autre, il doit être déclarée anti-constitutionnelle pour ne pas dire, tout simplement, anti-humain...

Dès qu'une personne se rabaisse à obéir servilement à une autre, elle se met au niveau "d'avoir-humain", c'est à dire au rang de celui ou celle qui calcule, ici, son "rang" (N+1 ou N-1 ou plus !...) en fonction du pouvoir et-ou de l'argent de son interlocuteur et de lui ou elle-même, sachant que pouvoir et argent (possession – capital) vont (trop...) souvent de pair...

Notre société, capitaliste, est malade de "l'avoir-humain", celui qui calcule, son "avoir", justement, source de TOUTES les inégalités en son sein. Et il est vain de vouloir résoudre les inégalités sans prendre à bras le corps cette notion "d'avoir" sous toutes ses formes. Tant que nous aurons peur d'aller à sa rencontre, personnellement, rien, absolument rien ne changera dans notre société.
Et ce ne sont, ni les lois, ni les constitutions qui changeront quoi que ce soit aux inégalités fondamentales, encore une fois de mon point de vue, mais je peux me tromper... Les lois et les constitutions ne sont que le reflet de notre conscience "d'Être" ou d'Avoir"...

Je dois toute fois admettre, malgré tout, qu'une constitution, si et seulement si elle a été écrite et validée par le peuple lui-même (directement ou par une assemblé TAS par exemple), peut être un des nombreux outils de transformation de nos consciences !

C'est seulement et uniquement dans le cas de l'avoir-humain, celui qui calcule, donc, que nous "avons" un "tri" qui s'opère plus ou moins inconsciemment entre les dits "inférieurs" et les dits "supérieurs", source d'une hiérarchie qui s'installe automatiquement et d'où va découler l'autorité, elle-même source de conflits et de violences latentes ou exprimées et ce, à toutes les échelles de nos sociétés. Cela va commencer dans le couple, puis la famille, puis s'élargir progressivement à des cercles de plus en plus en vaste jusqu'au pays puis au monde. Dès que : je trie, je calcule, je hiérarchise,... il n'y a plus d'égalité.

Pour résumé, l'avoir-humain est le fruit du calcul sous TOUTES ses formes, générateurs de conflits sans fin, tandis que l'Être-humain est le fruit du DON PUR, celui qui ne calcule RIEN, qui n'attend RIEN en retour de ses actes..., le créateur de Paix .

Et pour conclure, je dirai que notre monde n'est que l'incarnation de "ses" inégalités, qui ne sont "que" la résultante de NOS calculs "d'avoir-humain"...

 

Quand allons-nous devenir, enfin, de véritables Êtres-humains ?...

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