Français, je vous hais !
Je vous hais quand
vous courbez l'échine, vous persuadant d'être frondeurs,
vous fuyez le combat mais battez, frustrés et lâches, vos femmes et enfants,
vous suivez ces demi-savants médiatisés, ânonnant leurs obscénités dans les cafés,
vous dépassez les bornes de la honte pour humilier plus faible et humilié que vous,
vous vivez par procuration la vie de ces corps-marchandises prostitués,
vous tolérez ces prédateurs dont la richesse suinte l'exploitation des misères forcées,
vous avez peur de briser les malédictions insensées de ce monde d'injustices,
vous préférez ne pas penser votre quotidien et justifiez votre inaction par des fadaises,
vous vous persuadez d'être « branchés » alors que vous n'êtes que chanceux et bien nés,
vous êtes aliénés au point de conchier l'humanité au profit des pierres,
vous êtes aliénés au point d'être militant du profit de celui qui vous possède,
vous êtes fils des bourreaux des communards,
vous saccagez la mémoire et l’œuvre des humanistes concrets,
vous vous refusez à voir la richesse du monde chez qui est étranger à votre cercle étroit,
vous êtes si honteux de vous que vous critiquez ceux qui se battent,
vous refusez d'être face à vos contradictions,
vous refusez d'assumer votre responsabilité d'humain vis à vis des autres humains,
vous oubliez ou rejetez les convulsions de notre histoire et de nos acquis,
vous préférez les slogans de haine et discriminants aux luttes collectives qui nous grandissent,
vous ...
De vous haïr, je me déteste.