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Billet de blog 28 juin 2021

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Quelle humanité voulons-nous être ?

Quand va-t-on pouvoir prétendre être sortis de notre préhistoire ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nos conditions matérielles d'existence forgent la conscience que nous avons du monde et de ses possibles ; l'individualisme inhérent au système économique, politique et à l'amoralité du capitalisme, fait de nous des personnes en concurrence entre elles et en difficulté avec soi-même. De quelque côté que l'on se tourne, se présentent à nous des idéologies de la compétition, de la confrontation, du rejet ou de la culpabilisation.

Les logiques strictement basées sur l'égoïsme individuel nous invitent soit au dépassement de soi dans une logique de domination des faibles, de ceux « qui ne sont rien », soit au repli sur soi dans un hypothétique « éveil de la conscience » ne cherchant son salut qu'en son intériorité si mystérieusement riche en soi et pour soi.

Les appels au communautarisme, semblant mobiliser des collectifs homogènes, qu'ils fassent tristement référence à la loi du sol et des racines, toujours menacées de parasites, ou, plus récemment, qu'ils mobilisent les différences de genre, de couleur de peau, d'orientation sexuelle, nous conduisent à la confrontation, aux anathèmes et à la confusion entre causes et conséquences du malheur réel de trop de personnes.

L'issue serait-elle dans une génuflexion à faire devant une nouvelle divinité ? Après la sacralisation du profit et de la réussite personnelle devrait-on battre sa coulpe et s'excuser de notre existence face aux exigences supposées de Gaïa ?

Ces idéologies de diversion se construisent sur un terreau qui leur est favorable et qui permet toutes les dérives, des plus mercantiles au plus mystiques : la dépossession de l'humanité des conditions matérielles de production de son existence. En d'autres termes, l'aliénation capitaliste qui prive de façon structurelle l'humanité, hors une poignée d'individus organisés, de la nature et de la destination des richesses qu'elle crée.

Des voix s'élèvent depuis déjà trop longtemps pour alerter sur l'impasse civilisationnelle que représente le développement du capitalisme. Vrai « trou noir » qui semble inexorablement dévorer tout ce qui constitue les conditions d'une vie humaine digne et respectée. La pensée elle-même semble faire défaut. Les analyses critiques ayant permis d'entrevoir des possibles d'émancipation, ayant permis à l'humanité de se saisir, a minima au plan des idées, de son devenir en se libérant des superstitions, en analysant les mécanismes d'oppression et leurs contradictions, leur caractère transitoire, sont au mieux ignorées par intérêt de classe, par ignorance ou sont combattues par des idéologues d'arrière-boutique.

Quoi que l'on pense de l'origine de la situation actuelle des sociétés humaines et de la souffrance endurée par des millions de personnes, pour autant que l'on se réclame d'une vision humaniste du monde, les réflexions, les propositions et les actions politiques doivent se situer à la hauteur des enjeux : radicales.

Visons sans attendre une société telle que « le libre développement de chacun soit la condition du libre développement de tous ». (KM/FE. Manifeste du parti communiste. 1847)

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