En marge du coronavirus...

En 1918, la grippe espagnole venait… de Chine Mobilisées face au coronavirus, la France et la Seine-et-Marne luttent contre une nouvelle épidémie, qui n'est pas sans rappeler celle de la grippe espagnole de 1918.

La grippe espagnole de 1918 © Pierre Reynaud La grippe espagnole de 1918 © Pierre Reynaud
Elle reste pour l’instant l’une des pandémies les plus meurtrières de l’histoire, causant la mort de cinquante à cent millions de personnes en moins de deux ans. Entre 1918 et 1919, la grippe espagnole a profité de la fin de la Première Guerre mondiale pour décimer entre 2,5 % et 5 % de la population mondiale.

À l’instar du coronavirus, elle serait partie de Chine avant de faire ses premiers morts aux États-Unis (Boston) en septembre 1918, pour arriver en France un mois plus tard et se développer au cœur des tranchées.

Cette grippe, particulièrement virulente, était de souche H1N1. Elle s’est vue accoler l’adjectif d’« espagnole » car l’Espagne, pays non engagé dans la Grande guerre, fut à l’époque le seul à communiquer publiquement sur l’épidémie en cours.

Propreté minutieuse des mains…

Le virus est mentionné pour la première fois dans La République de Seine-et-Marne le jeudi 26 septembre 1918. Dans la rubrique « Protection de la santé publique », votre journal cite J. Salmon, conseiller général et maire de Montereau : « Une épidémie de grippe ayant fait son apparition à Montereau, M. Salmon a cru devoir donner quelques conseils aux habitants », écrivent nos collègues de l’époque. Parmi les recommandations de l’élu, des gestes de bon sens encore en vigueur aujourd’hui :

Propreté minutieuse des mains, qu’on ne doit pas négliger de savonner avant de prendre ses repas ; désinfecter les chambres et en particulier celles des malades ; ne pas visiter les malades atteints de grippe, c’est une très mauvaise coutume », ou encore « éviter les lieux où sont rassemblées de nombreuses personnes.

Certains conseils symbolisent par ailleurs les conditions de vie de l’époque : « Bien se garder d’utiliser l’eau des puits et, pendant la période critique, boire de l’eau bouillie ; mettre les aliments à l’abri des mouches, désinfecter les crachats et les déjections à l’eau de chaux ou à l’eau de Javel. » Lire la suite 

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