« L’AUTRE DETTE DE L’ÉTAT »

Interview réalisé par Luc Lenoir - Le Figaro INTERVIEW - La sénatrice Nathalie Goulet, rapporteur d’une mission sur les engagements financiers de l’État, met en garde contre le manque de transparence autour des engagements hors bilan de l’État. En cas de crise, le dérapage des finances pourrait se révéler fatal. (Luc Lenoir)

L’autre dette de l’État © Pierre Reynaud L’autre dette de l’État © Pierre Reynaud
C’est un péril peu connu du contribuable. Les engagements hors bilan de l’État, ces obligations de financement public à plus ou moins long terme, seraient en dérapage depuis plusieurs années, sans que l’on en ait averti les Français.

Selon l’économiste Jean-Yves Archer, récemment auteur d’une tribune dans Les Échos, ils s’élèvent désormais à près de 4300 milliards d’euros au 31 décembre 2018, soit plus de 130 milliards d’euros par rapport à 2017, et quatre fois plus qu’en 2005. Une somme qui approche du... double de celle de la dette publique au sens de Maastricht (2315,3 milliards d’euros fin 2018) !

Des chiffres qui font bondir Nathalie Goulet, sénatrice (UDI) de l’Orne. Pour celle qui est rapporteur spécial de la mission « Engagements financiers de l’État », le danger est bien réel pour le budget public français, notamment en cas de crise économique.

La dette hors bilan concerne en effet plusieurs domaines. D’abord, les comptes sociaux de la nation: l’État garantit à long terme le paiement des retraites de la fonction publique, et c’est là son engagement le plus lourd (2287 milliards d’euros). Il s’engage aussi sur différentes subventions aux régimes spéciaux de retraite, ou à assurer des aides en matière de logement, de handicap ou de dépendance. Sur le plan économique, les engagements hors bilan sont les dettes garanties par l’État, ou encore les garanties liées à des missions d’intérêt général (soutien à l’exportation ou aux livrets d’épargne réglementés...). Enfin, l’État peut avoir à assumer des dépenses en cas d’évènement extraordinaire, telles que des actions de dépollution ou en cas de catastrophe nucléaire. Lire la suite 

 

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