1789 : abolition des privilèges. Et maintenant en 2019 ?

Nuit du 4 août 1789 abolition des privilèges © Gene Reynaud Nuit du 4 août 1789 abolition des privilèges © Gene Reynaud
Le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille à Paris entamait le processus de la Révolution française.

Peu de temps après, dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclamaient l'abolition des droits féodaux et de divers privilèges. Ce moment de grande ferveur nationale s'inscrivit parmi les grands événements de cette grande révolution, un phénomène unique au monde en ce temps là. Un peu d'histoire ...

La Grande Peur

L'abolition des privilèges fut la conséquence inopinée de la prise de la Bastille. Dans les semaines qui suivirent celle-ci, les paysans s'inquiétèrent Ils craignaient une réaction nobiliaire comme il s'en était déjà produit dans les décennies antérieures, avec la réactivation de vieux droits féodaux tombés en désuétude.

Une Grande Peur se répandit dans les campagnes. En de nombreux endroits, les paysans prient les armes sur la foi de rumeurs qui faisaient état d'attaques de brigands ou de gens d'armes à la solde des «aristocrates». Le tocsin sonnait aux églises des villages, propageant la panique.

Les députés qui siégeaient à Versailles furent pris de panique. «Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête, s'exclama à l'Assemblée le duc d'Aiguillon, l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime».

Le 3 août, une centaine de députés, ardents partisans de la Révolution, se concerta sur la stratégie à adopter. Plusieurs étaient originaires de Bretagne. C'était le «Club breton» (futur club des Jacobins). Ils prirent la résolution de détruire tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.

Euphorie patriotique

Le lendemain soir, à huit heures, l'Assemblée, passablement troublée, se réunit et disserta sur les moyens de rétablir l'ordre. C'est alors que le duc d'Aiguillon (29 ans) proposa d'offrir aux paysans de racheter les droits seigneuriaux à des conditions modérées. Ce libéral était aussi la deuxième fortune de France après le roi.

Le vicomte de Noailles, un cadet de famille ... Lire la suite ...



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