Il est des jours, des soirs ou des nuits où il est utile, indispensable et tellement juste de refermer un livre en laissant ses mots accompagner un rêve :
"Dans un monde parfait, il n'y a pas d'avenir, seulement le passé et ses légendes articulées dans un récit de commencement fantastique, pas d'évolution, aucune science; il y a la Vérité, une et éternelle, et toujours, à côté, est la Toute-Puissance qui veille sur elle. Le savoir, le doute, et l'ignorance découlent d'une corruption inhérente au monde qui bouge, le monde des morts et des vilains. Aucun contact n'est possible entre ces mondes. C'est la loi, un oiseau sorti de la cage, fusse un temps d'un battement d'ailes, doit disparaître, il ne peut y retourner, il chanterait faux et sèmerait la discorde. Il n'empêche, ce qu'il a vu, entrevu, rêvé seulement, un autre plus tard le verra, l'entreverra, le pensera, et peut-être celui-là réussira-t-il à le tirer à la lumière de manière que chacun le voie et entre en révolte contre le mort qui le squatte."
Boualem Sansal - 2084 La fin du monde
Aux oiseaux...