Guy Bedos est mort

La Camarde n’a pas chômé ces temps-ci.

La Camarde n’a pas chômé ces temps-ci. D’ailleurs, elle ne chôme jamais.
Des enfants qu’elle décime partout, des femmes, des hommes, tous anonymes. Ici ou là-bas. Surtout là-bas, dans ces pays, ces lieux que l’éclairage des médias oublie souvent, toujours.

Elle frappe aussi les moins anonymes. Ceux qui ont été en lumière. Tous égaux finalement devant elle.

Lorsqu’elle s’intéresse à ceux qui nous ont accompagné depuis quelques décennies, les hommages se rendent, les mots choisis sont dits. Injuste sans doute. Sûrement.

Mais ce soir, après la mort de Piccoli, de Dabadie, voici Bedos qui tire sa révérence. Ben moi, je l’aimais bien Bedos. Bobo de gauche, gauche caviar. Peut-être, pas sûr, mais qu’importe. C’était un formidable acteur. Un mec qui faisait un one man show d’enfer avec un sens de l’improvisation hors pair.

Je me souviens de sa participation à la fête du PSU au début des années soixante-dix. Il faisait une chaleur du tonnerre de dieu.  Il arrive sur scène, dégoulinant de sueur autant que nous. Ovation... « Je me promène sur scène » : rires... «  Je vais encore faire quelques pas. » re-rires... « Tiens, je vais m’asseoir ici ». Délire de la salle... « Bon, vous n’avez pas chaud, vous? Moi, j’ai mon slip comme un fil à beurre. » Là, on rit encore plus parce qu’on a tous la culotte comme un fil à beurre.

Bedos, Desproges, comme des gamins têtes à claques chez Polac, émission culte des années TV de la liberté et de la déconne. Connivence à la con mais si drôle.

Et Simon, le Simon des films d’Yves Robert? Il n’est pas beau le Simon avec son son amour inconditionnel pour  sa mère castratrice, superbe Marthe Villalonga?  « Mais maman, c’est un hôpital! »

Quand j’étais petite, à l’école élémentaire, on faisait la collec de cartes d’actrices et d’acteurs. Sophie Daumier en robe vichy, choucroute et col claudine. je la trouvais belle.

Ils ont traversé nos vies. C’est con, mais ce sont tous ces petits riens qui sont comme les petits cailloux du petit Poucet. 

Piccoli, Dabadie, Bedos... Certains s’en foutent. Pas moi ce soir.
Desproges disait : « Le jour de la mort de Brassens. j’ai pleuré comme un môme. J’ai vraiment pas honte de le dire. Alors que, c’est curieux, mais pour la mort de Tino Rossi j’ai repris deux fois des moules . »

C’était pas gentil. Mais ce soir, je ne reprendrai pas deux fois des moules.

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