FABIENNE COURTADE PAPIERS RETROUVES

Où la disparition de Mathieu Bénézet donne lieu à un très beau poème, une partition du temps écoulé depuis.

PAPIERS RETROUVES DE FABIENNE COURTADE ( aux éditions Le Phare du Cousseix » 2016)

Par Geneviève Huttin

 Si « drama » le mot grec veut dire « action », papiers retrouvés de Fabienne Courtade  se  situe à première vue plutôt du côté de la passion. À partir des « papiers retrouvés », expérience  magique, se joue le pouvoir des mots. Soudain la souffrance d’hier n’est pas la souffrance d’aujourd’hui. Pourtant c’est bien la note accordée au vécu, la trace d’ un nous épars. Rappels.  

J’ai entendu leurs voix

Les morts ne s’occupent pas de nous

Papiers retrouvés, c’est en lien avec le présent en décalage, le pouvoir de recoller les morceaux que le temps a déchirés. Des « actes »  d’un drame vécu en commun.

 Une partition :

« notes sur le fleuve qui nous a perdus » 

 2103,  année de la disparition de Mathieu Bénézet.

Il écrivait,  confie l’auteur,  à la fin de sa vie sur des petits morceaux de papier parce qu’il ne pouvait plus parler. Puis voici Juillet  2013 dans Janvier  2015 :  année sanglante . Raccords.

bruit des métros dans la ville

pas très loin des fusillades 

 et :

 on s’endort sur un fauteuil bancal

tout près du corps endormi /…/

 

La première fois que je l’ai vu

Il avait une tache rouge

sur sa chemise

À la place du cœur

Un verre de vin renversé.

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