HENRI NANOT PAR SON FILS JEAN-JACQUES

L'autobiographie du fils d'Henri NANOT, poète, ami d'André Breton, auteur de Scènes de la vie du maquis. Un livre pour que justice soit rendue à celui qui fut persécuté à mort entre 1957 et 1962 Histoire d'un homme condamné à tort dont il faut réouvrir le "procès" , une parodie de justice.

 Henri NANOT par son fils Jean-Jacques.

Une autobiographie et un réquisitoire pour « un poète devenu fou en clamant son innocence ».

 René Rougerie éditeur qui lui a consacré un livre « Henri Nanot un amour fou de liberté » a posé en 1988 la question qui continue de circuler en forme de pétition sur change.org :

Henri Nanot, un ancien maquisard né à Masseret, Corrèze, a t-il été victime d’une erreur judiciaire, avec sur toile de fond, la guerre d’Algérie ?

Henri Nanot a rejoint Guingouin dans le maquis du Limousin et a fait un récit poétique de son action de résistance en 1945." Scènes de la vie du maquis " est selon son auteur, un "roman de vie et de combat au coeur du maquis limousin". Sa rencontre avec André Breton pendant la première guerre, a influencé sa façon d’écrire.
C’est un paysan et poète, un antimilitariste marqué parle massacre d’Oradour, un pacifiste, qui écrit contre la guerre d’Algérie.
Un révolté épris de liberté.

En 1956, il est accusé d’avoir commis un attentat contre le secrétaire d’État aux affaires algériennes sous Guy Mollet, Marcel Champeix, maire de Masseret.
Condamné à 5 ans de prison par la cour d’assises de Tulle, de prisons en asiles psychiatriques, il devient fou en clamant son innocence.

Son livre a été réédité avec des annotations : Henri NANOT, Scène de la vie du maquis, Editions Lucien Souny, rééd. 2010

En publiant Comment je suis devenu le fils d’Henri Nanot, Jean-Jacques Nanot  relance toutes les questions restées pendantes au sujet de l’homme, de sa persécution et de son œuvre. Le procès semé d’irrégularités, une fausse preuve fabriquée à dessein, des brutalités policières, un enfermement psychiatrique comme on en a vu dans  d’autres affaires, celles de Georges Guingouin, dont Henri a été un des maquisards.

Un procès précédé de violences  policières  et de mauvais traitements à  l’hôpital psychiatrique de NAUGEAT sur l’homme à qui on en voulait d’avoir publié un écriteau, « halte à la torture en Algérie, honte aux légionnaires et aux paras ». On l’accuse d’avoir posé une bombe. La preuve est grossièrement fabriquée, démontée par Nanot lors de son procès. Les avocats ne purent instruire le dossier. Les policiers et les juges étaient des ex-collaborateurs avérés.

On ne subit pas deux fois la même injustice sans en mourir.

Henri Nanot, qui  a supporté l’épreuve  de la prison alors qu’il était innocent, n’en pas à moins écrit sa vérité sur les « crimes de Masseret » peu après sa libération sous surveillance judiciaire. Il restait un suspect. La parution de ses « Mémoires d’outre-taules » dans France observateur en 62 montre que l’écrivain en lui était irréductible. Mais très fragilisé, atteint de légère démence,   « devenu fou en  clamant son innocence »,  dit Rougerie, cela lui vaut de subir  de nouveau  en 62 les mêmes violences policières et psychiatriques qu’en 57, par les mêmes acteurs : gendarmes, médecins,  ce dont deux infirmiers ont témoigné. Il meurt à 41 ans. On demande instamment à voir ouvrir le procès, les dossiers de l’hôpital de Naugeat où il a subi des électro-chocs violents à la suite des brutalités ( coups et blessures, attaché sur une planche) dans un commissariat.

Son fils Jean Jacques donne un très beau récit d’enfance, semé de portraits de tous ceux qui l’ont éveillé à la vie, à l’amour, et surtout à la compréhension de sa véritable identité  qui lui a été dissimulée jusqu’à ce que René Rougerie brise le silence dans une émission sur Radio Limoges. Il invoque Bacchus, dont on disait en Limousin quand il y avait de l’orage : « Bacchus roule ses tonneaux dans le ciel »

Ce fils qui a dû se légitimer par son combat, son amour pour un père inconnu,  a prophétisé en l’écrivant celui qu’il deviendrait : héritier de  cet enfant, il  roulerait  ses tonneaux dans le ciel pour réhabiliter son père. C’est un exploit que de  naitre à soi même sous le signe de l‘injustice, de porter un tel destin,  avec la nostalgie de n’avoir pas reçu ce qu’il aurait dû d’un homme remarquable, poète et ami d’André Breton,  vivant dans et pour la poésie et la liberté, lecteur de Gorki qu’il aimait , Gorki comme lui enfant du peuple, de sensibilité socialiste mais non doctrinaire et qui écrivait « partout je me sens  hérétique »

Il y a   du Gorki en Nanot, Gorki  « annonciateur de tempêtes »  approuvant la révolution de février, mais  refusant la prise de pouvoir et la dictature de Lénine qui détruit la liberté d’expression. Il faut des lettrés pour éclairer le peuple. Un peuple non éduqué ne peut pas accomplir de révolution. Henri Nanot,  un poète et un écrivain du reflux, du creux de la vague après la Libération. Il  en  a consigné l’épopée quotidienne, avec des portraits de jeunes maquisards en hommes inventant l’espace de leur liberté, dont la finesse le dispute à la conscience hyper aigüe de sa différence, dans un récit merveilleux, unique en son genre tiré d’un journal  écrit au maquis.

Genevieve Huttin.

 

« Comment je suis devenu le fils d’Henri Nanot » de Jean-Jacques Nanot. 2017.

Disponible à la vente sur

http ://jj-nanot.e-mon site.com

 

Pétition pour rouvrir le procès d’Henri Nanot sur change.org

http : //chn.ge/2vsV4s6

 

 

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