Les maisons de l'emploi en danger

Monsieur Nicolas Sarkozy dans l'interview qu'il a donné dans le Figaro magazine s'inquiète enfin de la situation des chômeurs, après 1735 jours de mandat comme président de la république, soit 57 mois, il part enfin à l'assaut avec courage.

Dans son immense combat contre le chômage qui fait des victimes encore de nos jours, le président se trompe d'adversaire et au lieux de tirer sur l'ennemi, il tire sur ses propres troupes, comme si tirer sur son propre pied lui procurait autant de plaisir que d'écouter sa femme chanter.

Le jour ou il donnait une interview au Figaro magazine, il avait probablement entendu une voix divine de lui dire d'aller boûter les chômeurs du pays de France (N'était-ce pas la voix de la sainte Catherine ce jour là?).

Ce jour là il voulait que les chômeurs fassent des formations pour pouvoir toucher leurs allocations. Dans un précédent article je disais que dans la finalité ce n'était que 7% des chômeurs qui entraient en formation et que l'état baissait ses subventions et que les conseils regionaux essayaient de combler l'écart qui se creuse chaque année.

(voir l'article sur les chômeurs sont des fainéants)

Pour encore une fois montré les efforts du gouvernements en matière d'hypocrisie, je voulais vous parler des "maisons de l'emploi".

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Comme le dit si bien Wikipedia, "Les maisons de l'emploi sont des organismes locaux contribuant au service public de l'emploi dans plusieurs pays francophones".On en trouve aussi en Allemagne, en grande bretagne, en Belgique, au Quebec...

En ce qui concerne la création de ces maisons de l'emploi en France, c'est Monsieur Jean-Louis Borloo qui en a eu l'idée quand il était ministre de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale (promulgation de la loi 18 janvier 2005).

Elles ont pour mission de:

- Développer une stratégie territoriale partagée.

- Participer à l'anticipation des mutations économiques.

- Contribuer au développement de l'emploi local.

- Réduire les freins sociaux à l'accès à l'emploi.

En clair un outil, un soutien pour l'accès au monde du travail pour tout le monde.

La composition des conseils d'administration des maisons de l'emploi est formée avec les differents acteurs du monde de l'emploi. Prenons par exemple l'Annexe 2 de la composition du conseil d'administration de la maison de l'emploi de Paris (31/12/2010).

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L'état, la ville de Paris, département de Paris, le Pôle-emploi, L'AFPA, le CCIP, La chambre de métiers et de l'artisanat de Paris, Universcience - Cité des métiers, le PLIE Paris nord-est, le CGEFI(Contrôle général économique et financier) sont présents.

La maison de l'emploi est généralement composée du personnel suivant:

D'un directeur, d'un adjoint, d'une assistante de direction, de responsable de fonction observation, ressources communication, de personnes chargées de projet emploi, chargées de projet Création d'entreprise, de VAE et chargées venant de centre d'action social.

En terme de résultat, il est difficile d'évaluer sur la totalité du territoire français, mais regardant le document sur la synthèse on peut très clairement comprendre que c'est utile et que ça marche sur la région parisienne. (Qui peut aussi dire qu'ils font moins bien que Pôle-emploi?)

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Benoit Willot directeur CIME (Comité d'information et de mobilisation pour l'emploi) l'annonce de manière assez claire. 

"Ce n'est pas une maison de chômeurs améliorée, ni un guichet unique pour demandeur d'emploi ou une superstructure administrative. Mais un lieu de regroupement et de coordination d'initiatives territoriales, d'observation et de veille de l'environnement économique et de ses mutations, d'appui à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) des entreprises, ce qui ne rentrait pas dans la responsabilité du Service public pour l'emploi."

Les maisons de l'emploi sont plus de 250 de nos jours réparties sur le territoire mais leur développement est en danger. Non pas à cause d'une catastrophe naturel mais à cause, du gouvernement qui leur impose cette année une réduction entre 34%  de leur crédit affecté par l'état.

Le site internet Maritima montre une petite vidéo dans laquelle le président de la maison de l'emploi de Martigues côte bleu (Gérald Lodovicci) qui livre ses inquiétudes.

"Xavier Bertand dit que les chiffres du chômage sont catastrophiques et là on est en train de dire le bateau coule arrêtez d'écoper  "" Ces 34% représentent 22 millions d'euros au niveau national" 

Ou encore l'exemple de la maison de l'Emploi de la préfecture des Ardennes, Charleville Mézières ou la présidente Claudine Ledoux est dépité face à cette futur baisse:

" Les collectivités, en l’occurrence l’agglomération, ne pourront compenser cette baisse de fonds […] Supprimer, dans les Ardennes, un des rares outils pour l’emploi dont nous disposons, ce serait, par les temps qui courent, un mauvais coup, impardonnable. »

Le plus surprenant est que la collectivité a avec l'accord de l'Etat vient de réhabilité un bâtiment pour un coût de 2,2 millions d'euros.

"Après nous avoir pressés de nous engager à ses côtés, voilà que l’Etat, une fois de plus, se désengage. Qui plus est, dans un domaine qui est d’abord de son ressort et de ses compétences. Une fois de plus, les collectivités devraient se substituer à ses défaillances. Mais les collectivités, elles n’en peuvent plus, elles sont étranglées."

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy se désengage graduellement dans un soucis d'économie et de rigueur budgétaire. Le referundum sur les chômeurs n'est juste qu'un moyen d'obtenir des voix de plus et de diviser le pays.

Il est abberant de voir qu'un président veut éradiquer le chomâge seulement en dégoutant les gens de s'inscrire dans des agences pour l'emploi, pour être radié rapidement ou dans le futur être obligé de faire une formation sans rapport avec le métier souhaité et au risque d'être encore une fois radié et devenir un SRF (sans revenu fixe du Pôle-emploi).

Au lieu de se limiter à une vison à très court terme et des mesurettes sans valeurs, le gouvernement ferait mieux de penser à une politique de l'emploi plus profonde. Et songer à la création de nouveaux emplois, services à la personne, environnement, nouvelles énérgies, éducation... Porter une réfléxion et une pensée nouvelle, le monde change mais ce n'est pas le cas pour la politique.

 

Pour que l'oubli et l'ignorance ne soient pas les armes de la mauvaise politique. 

 

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