Wifi à bord des avions : un marché en pleine expansion

Une connexion internet haut-débit à bord des avions: bientôt une réalité pour tous les passagers.

La connectivité en vol Geoffroy Stern La connectivité en vol Geoffroy Stern

Surfer sur internet, répondre à ses mails ou regarder un film en streaming à 10,000 mètres d’altitude sera prochainement une réalité pour tous les passagers. Avec l’explosion du nombre de smartphones et le développement des réseaux terrestres (4G, fibre..), être en permanence connecté est devenu une habitude pour la majorité des individus. Ainsi au sol ou dans les airs, la connectivité est perçue comme une priorité, comme en témoigne l’étude publiée par Inmarsat et GfK en 2016 (9 000 passagers interrogés dans 27 pays): plus de 90% des passagers souhaitent aujourd’hui bénéficier de l’internet haut-débit à bord des avions et 70%  voyagent avec au moins deux appareils électroniques personnels (smartphone, tablette et ordinateur portable). Par ailleurs, 54% indiquent même préférer le wifi à un repas durant le vol.

Selon Geoffroy Stern, plus de 17,000 avions commerciaux dans le monde offriront de la connectivité en vol à leurs passagers d’ici 2021, à comparer à seulement 6 500 en 2016 (dont la majorité aux Etats-Unis). En janvier 2017, plus de 80 compagnies aériennes avaient installés ou s’étaient engagées à déployer une solution de connectivité en vol pour leurs passagers, soit une douzaine de plus que l’année précédente.

Les compagnies aériennes ont progressivement pris conscience que la qualité du wifi offert à leurs passagers avait un impact direct sur leur marque. Certaines d’entre elles ayant pu pâtir au cours des deux dernières années d’une qualité de service médiocre, elles requièrent dorénavant de la part de leurs fournisseurs des Service Level Agreements (SLAs- engagements de service) plus stricts, et veulent s’assurer que la bande passante livrée à l’avion puisse satisfaire la demande croissante des passagers. Ce que veulent surtout les passagers (75%, d’après l’étude d’Inmarsat/GfK) c’est la fiabilité de la connexion (pas d’interruption de service notamment) davantage que la vitesse du débit (19%) ou le prix (6%).

Par conséquent, les opérateurs de réseau (solution terrestre ou satellitaire), situés en amont de la chaine de valeur jouent un rôle de plus en plus important au sein de l’écosystème : la nouvelle génération de satellites multifaisceaux (au niveau mondial) et de réseaux Air-To-Ground (aux Etats-Unis et en Europe uniquement) devraient fortement accroître les capacités en bande passante, permettant ainsi aux compagnies aériennes d’améliorer l’expérience passager. Les leaders de l’industrie tels qu’Inmarsat, Intelsat, SES, Viasat/Eutelsat, et des nouveaux entrants comme SmartSky Networks aux Etats-Unis vont déployer des réseaux pouvant offrir des débits bien plus importants.

Aujourd’hui encore dans sa phase de démarrage, le marché de la connectivité en vol devrait bénéficier d’une croissance structurelle avec un quasi triplement du nombre d’avions connectés d’ici 2021. En termes de dynamiques régionales, l’Amérique du Nord étant aujourd’hui de loin le marché le plus mature, c’est le reste du monde qui sera le moteur de cette croissance. L’augmentation du nombre d’avions connectés et l’accroissement attendu de la consommation en bande passante par passager militent pour un développement soutenu du marché de la connectivité en vol.

Au-delà de la connectivité cabine, les prochaines années verront l’émergence de l’avion ‘’intelligent’’. Avec la transmission en direct d’informations recensées par la multitude de capteurs embarqués, les compagnies aériennes vont déployer des stratégies ‘’big data’’, permettant ainsi d’optimiser les opérations de vol, la sécurité aérienne et contribuer au design de l’avion du futur.

Geoffroy Stern

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.