Le Cirque Poussière à Nexon bien avant

Il y a eu le cirque poussière à Nexon  pour "nous arracher du pessimisme ambiant et à la tristesse de ce monde"

Il ya eu  le cirque poussière juste avant  pour nous rappeler  que décidément on glisse toujours et encore vers le racisme ordinaire  pour lequel on trouve toujours des oreilles complaisantes .

Il y a eu bien  avant le cirque poussière à Nexon, en Août 1942 cela :

à moins de 500m de là ou était installé le chapiteau en ce mois d'août 2015:

 

Témoignage de Henri Wolff arrêté à 14 ans déporté à 16ans

Jusqu’à ce 26 août 1942. Ce jour-là, sur ordre du gouvernement de Vichy, près de 7000 Juifs furent livrés aux Allemands. Je vous rappelle que ce furent les seuls Juifs en Europe envoyés dans les camps d’extermination, après avoir été arrêtés dans un territoire non occupé par les Allemands, la Creuse faisant partie de la zone libre.

Cinq gendarmes de Pontarion sont venus vers quatre heures du matin. Ils octroyèrent à ma mère un quart d’heure pour remplir une valise. Quant à moi, voulant sortir pour satisfaire un besoin naturel, je reçus du gendarme Magnol qui conduisait cette héroïque expédition une paire de gifles. Des coups, j’en ai reçu beaucoup là-bas, mais cette humiliation-là, je ne l’ai jamais oubliée.

Ils nous amenèrent à Boussac, petit camp de transit installé dans une cartoucherie désaffectée. Nous y sommes restés quelques heures et à la nuit tombante, départ vers le camp de Nexon.


Passage par le camp de Nexon (près de Limoges)


Nexon, de par son étendue, 2ème camp d’internement français, gardé par la police, la gendarmerie et la milice : tous français. Les Allemands n’y ont pratiquement jamais mis les pieds.

Nexon : 600 à 800 prisonniers parqués dans une douzaine de baraques. 24 latrines dans un camp où ont régné du début à la fin en permanence dysenterie, diphtérie, typhoïde. 60 robinets situés sur le terre-plein du camp, souvent gelés l’hiver ; et n’oublions pas les 3 douches, je le répète pour 600 à 800 internés. Nexon, où nous avons retrouvé mon père, que les gendarmes avaient amené de Neuvic-d'Ussel. Là, à l’intérieur du camp, il reçut son acte de libération des GTE. Vichy le libérait des travaux forcés pour l’envoyer vers la mort. Nous avons reçu aussi la visite d’un fonctionnaire de Vichy qui nous assura que nous serions convenablement traités, envoyés en Allemagne ou en Pologne et serions astreints au travail de la terre, mais que les familles ne seraient pas dispersées. Il nous proposa aussi de lui remettre nos biens : argent, objets de valeur, bijoux, qui nous seraient intégralement remis à la fin de la guerre. Je me souviens de la réflexion de ma mère : « l’essentiel c’est que nous restions ensemble ». Nous sommes restés un jour et une nuit à Nexon et ce fut le départ vers Drancy. A la ligne de démarcation, nous attendait la Feldgendarmerie allemande, prenant le relais de la gendarmerie française. Une journée à Drancy et le départ vers l’enfer.

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