Pèlerinage à saint Jacques de Compostelle, via lemovicensis

En 1987 à 39 ans Jan Dau Melhau partait du Hameau de Royer à Meuzac en Limousin vers Compostelle, c’était un 12 avril. Il rejoint un peu avant Périgueux la voie Limousine celle qui part de Vezelay .

Il est arrivé  44 jours plus tard le 25 mai, reparti le 2 juin et rentré le 6 juillet 35 jours après pressé de retrouver sa fontaine au fond du pré, en face de sa maison, là où il a fait un jour le vœu de partir. 76 étapes pour 2478 kms. Pour lui ce pèlerinage une question de survie, étonnant pour un anarchiste.

Il est parti avec le minimum et sa vielle à roue afin de gagner un peu sa pitance jour après jour et façon médiévale c'est-à-dire demander systématiquement le gîte et le couvert là où il passe afin de tester l’hospitalité et la foi de ses hôtes et de faire parfois de belles rencontres, dans ce périple s’il y a quelque chose de sacré c’est bien son caractère.

Aujourd’hui cela serait plus facile, les chemins sont balisés et les candidats nombreux, cela donne quand même envie d’y aller à sa manière, à son niveau, pour ses propres raisons que l’on découvre et affine en cheminant.

Ecoutons les siennes : « Eh bien voilà. Ta vie, c'est cette pelote de laine. Tu pars de ta maison en déroulant ta pelote, en laissant le fil sur le Chemin. Lorsque tu arrives à Compostelle, ta pelote est entièrement dévidée, tu es nu, tout nu. Alors tu es en état de recevoir tout ce que ce lieu peut te donner. Et puis tu reprends le fil de ta pelote, le fil de ta vie, le ré enroules tout au long du Chemin, reconstituer la pelote, t'en vêtir de nouveau. Mais bien sûr, ça le secoue le fil, des choses se détachent, se décrochent, restent sur le Chemin, des choses sans importance, sans plus d'importance. Lorsque tu arrives chez toi, ta pelote est bien belle, bien ronde, ta vie est rassemblée, débarrassée de tout ce falbala qui l'empoisonnait. Alors tout peut recommencer.

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