Enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire, les oubliés du Covid?

Actuellement des milliers d'enfants handicapés sont potentiellement exposés au covid dans leurs établissements scolaires sans qu'aucune mesure à leur intention n'ait été prise pour les protéger. Les enfants handicapés (ou fragiles plus largement) semblent être oubliés dans cette crise sanitaire. J'ai écrit une lettre ouverte à Mme Sophie Cluzel et à M Blanquer pour dénoncer ce manquement.

Lettre ouverte à Mme Sophie Cluzel secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées et M Jean-Michel Blanquer ministre de l’éducation, de la jeunesse et des sports.

Enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire, les grands oubliés de la crise sanitaire ?

Chaque matin, en déposant mon fils de 13 ans au collège, je ne cesse de me demander ce qui est fait pour protéger les enfants en situation de handicap et ou porteur de maladies graves dans les écoles primaires, collèges et lycées de notre pays.

385 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire.

Rappelons que le handicap englobe une multitude de pathologies impliquant des altérations et déficiences des systèmes immunitaires, nerveux, musculaires, pulmonaires, cardiaques ….

Comment pouvons-nous en toute conscience laisser nos enfants vulnérables, avec des organismes fragiles, se retrouver dans des établissements où le virus circule ?

Comment oser laisser ces enfants partager leur repas dans des cantines bondées, où les distances sociales sont difficilement respectées ?

Comment accepter la participation aux cours d’EPS sans masque dans des lieux clos, et/ou avec partage d’objet (ballons, volants de badminton …), alors même que les pratiques sportives en club sont interdites ?

Car le virus circule. Du 2 au 4 novembre, sur la tranche d’âge 0-19 ans, 25 632 individus ont été déclarés Covid +, alors que sur la même période, le ministère annonce 3500 élèves porteurs !!??

L’école en période de Covid a été pensée pour la grande majorité, pour les non-handicapés. Qu’en est-il pour des enfants physiologiquement vulnérables.

A part faire preuve de bon sens et ne pas les laisser à la cantine quand les parents peuvent les prendre en charge, et les dispenser d’EPS, rien d’autre n’est possible.

Aucune prérogative officielle du gouvernement ne nous laisse la possibilité de les garder à la maison pour les protéger du virus et de mettre en place une continuité pédagogique avec les établissements scolaires. Comme indiqué sur le site internet gouvernement.fr, j’ai contacté ce matin par téléphone la cellule départementale Aide Handicap École. La personne m’a expliqué qu’officiellement il n’y a aucune directive et qu’il fallait prendre contact avec l’infirmière scolaire qui pourra interroger sa hiérarchie.

Donc finalement rien n’a été pensé pour les élèves en situation de handicap en milieu ordinaire.

L’école inclusive est indispensable pour les enfants en situation de handicap. Chaque personne handicapée est un citoyen à part entière et doit bénéficier des mêmes droits que les autres. Mais nous devons également assurer leur protection.

Maintenant je pense qu’il  est nécessaire de prendre un instant de réflexion pour se poser les questions suivantes : 

Actuellement l’école permet-elle d'assurer la sécurité sanitaire des enfants fragiles (handicap, maladie…) ?

Quelles mesures doivent-être prises pour optimiser la sécurité de ces enfants les plus fragiles ?

Devons-nous laisser les directeurs d’établissement déjà surchargés, avoir la responsabilité seuls de prendre des mesures adaptées pour les enfants en situation de handicap ou l'État doit-il leur proposer un cadre d’intervention officiel et clair ?

En espérant sincèrement qu’une discussion sera ouverte sur ce sujet et que des mesures adaptées seront prises rapidement pour protéger au maximum tous nos enfants.

Veuillez recevoir, Madame la Secrétaire d’Etat, Monsieur le Ministre, mes plus sincères salutations.

 

Géraldine Chauvin

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