Démocratie et libéralisme, carpe et lapin

Pour répondre au "Devoir de manifester" d'Edwy Plenel

Le libéralisme ne peut pas être démocratique.

 

Référence à un article d’Edwy PLenel

Dans un article intitulé «  Le devoir de manifester », Edwy Plenel, aussi brillant que d’habitude  nous démontre combien il est impératif de résister à  l’autorité et la violence d’un gouvernement qui prend le parti d’imposer au Peuple des décisions qui ne lui conviennent pas. Cet article qui fait le parallèle entre « le bruit des bottes et celui des pantoufles », explique avec conviction que la défense de la liberté, de la justice, de l’égalité et de la fraternité est une obligation impérieuse de chaque citoyen et que le fait que l’état cherche à s’y opposer justifie le droit à la désobéissance.

Les démocrates  humanistes ne peuvent qu’être  en accord total avec cette conviction.

Pour autant, je relève dans le texte dont il est question, une interprétation qui me parait être fausse à la fois historiquement, sociologiquement et politiquement Cette faute a le malheur d’entériner l’usage fallacieux du mot « démocratie » dont abuse l’état dans le seul but de réduire le Peuple à l’état de servilité sans que celui-ci ne puisse le taxer de « tyrannie ».

Edwy Plenel écrit : « En même  temps qu’il se convertissaient à l’ultralibéralisme économique, nos gouvernants égarés ont donc renoncé à tout libéralisme politique, à toute philosophie élémentaire  des droits collectifs et des libertés individuelles, à tout principe, en somme ». Selon lui, il se trouverait un régime économique appelé ultra-libéralisme qu’il convient de condamner et donc de combattre et un régime politique libéral qui permettrait la démocratie et lui servirait de cadre idéal.

Cette vision ne tient pas devant l’Histoire de France dans sa partie qui va  de 1788 à aujourd’hui et devant la réalité du monde depuis la fin de la dernière guerre.

Une longue histoire de non démocratie

La révolution française commence par un quiproquo. On a dit que le tiers état avait chassé la noblesse et le clergé parce que l’arbitraire et les lois iniques fondaient le royaume. En réalité,  les trois ordres présentés ne sont que des prétextes. Dans la réalité, les nobles et les  prêtres forment un seul ordre celui des conservateurs féodaux. A côté, émerge une classe faite des propriétaires, des entrepreneurs et des fonctionnaires de l’état. C’est la bourgeoisie. Après, vient le Peuple la grande masse des paysans et des ouvriers que l’industrie commence à déporter vers les villes. Cette population a toujours été victime de toutes les folies des conservateurs, guerre, famines  injustice totale et l’odieux système des baillages de terres agricoles.

Aussi, lorsque le «  tiers d’en haut » profitera des états généraux pour déclencher une révolution, il pourra compter sur le « tiers d’en bas » pour fournir la main d’œuvre adéquate.

Mais le  mariage de la  bourgeoisie et du Peuple ne durera que le temps de chasser les « hommes à sang bleu ». Dès qu’il s’agira de restructurer la Nation, la classe privilégiée entendra n’établir le pouvoir que pour son profit, celui des propriétaires. En 1793, l’abbé Sieyès : « Si le peuple gouvernait, la France serait une démocratie, ce qu’elle ne saurait être en aucun cas ». Ite missa es !

La tentation de poursuivre la révolution jusqu’à la démocratie par Robespierre et les siens, sera  balayée par Thermidor. La convention aux mains de l’oligarchie et de la canaille assemblées pourra laisser déclarer par Cabanis en 97 : « Le pouvoir appartient de droit au Peuple qui a pour vocation de ne l’exercer jamais ».Les libéraux thermidoriens ne tardèrent pas à ressentir les effets du retour en force de la noblesse et la pression populaire qui réclamait son dû. Mais, déjà, le libéralisme ne supportait pas la contestation, il eut recours à un sabre qui s’empressa  de rétablir une forme de monarchie aussi  rude que celle qui avait précédé la révolution,  d’exacerber le nationalisme et de précipiter la Nation dans le désastre de Waterloo au nom de la science infuse qu’il croyait détenir.

1848, redonna l’espoir à la démocratie que les Bourbons de retour s’étaient bien gardé d’instituer. Mais une fois de plus, la croyance qu’on ne pouvait remplacer un roi que par un monarque républicain nous ramena très vite à cette dictature de l’élu suprême dont il n’est pas sûr que l’on soit débarrassé encore maintenant. Les mêmes choses produisant les même effets le « neveu », couru l’aventure dans le respect  de l’expansionnisme libéral et l’affaire se termina à Sedan comme elle l’avait fait à Braine l’Alleud pour le tonton.

Mais la démocratie en voulait. Elle se répandit comme une trainée de poudre dans La commune de Paris assiégé. La troupe de Monsieur Thiers enraya rapidement la contagion. On sut définitivement que l’élite libérale  n’accepterait jamais de plein gré que le Peuple exerce lui-même la conduite des affaires de la Nation. On fit semblant de croire que le conflit permanent était social, alors qu’il était politique. La lutte des classes est le cache sexe de la revendication du Peuple de se gouverner lui-même.

Le 20e siècle qui commença par la « belle époque » pour ceux qui vivaient sur la sueur des autres, enraya  le besoin de justice  par une boucherie sans nom et sans raison. Le Front populaire  fut une brève lueur d’espoir, vite évacuée par le choix que l’oligarchie et le patronat avait fait d’Hitler plutôt que la « gauche ». Boucherie de nouveau qui se termine heureusement par un merveilleux essai de socialiser la nation et de réconcilier  les forces en présence, dans une fraternité qu’ils nommèrent justement  « les jours heureux ».

Mais, avec le retour d’une certaine sécurité sous le bouclier atomique américain, le capitalisme malfaisant repris de dessus. La 4eme république avait des aspects démocratiques qui, il est vrai, entravaient souvent les processus de gestion de la Nation. Alors, de nouveau, un général  qui se croyait le sauveur de la France vint rétablir cette monarchie présidentielle qui semble-t-il, nous libère du complexe de culpabilité que l’exécution de Louis XVI a enfermé dans notre conscience. Ajoutée à la manie des traités qui rendrait de toute façon inutile la démocratie. Le royalisme national, sentiment un peu religieux, un peu honteux, un peu amoureux de la fessée est un terreau idéal pour le néolibéralisme dont l’objectif est de réduire les peuples à la portion congrue afin que les oligarques vivent plus que largement en  réservant un traitement particuliers pour ceux qui les servent et qui participent largement à faire tenir le « troupeau » tranquille.

Une incompatibilité politique

Le libéralisme ne peut pas maintenir son objectif dans un état démocratique. C’est pourquoi il s’arrange pour que la démocratie  ne puisse émerger dans aucune partie du monde.

Dans ce schéma, longuement décrit dans le livre de Naomie Klein, « La stratégie du choc », il est largement démontré que toutes les occasions sont bonnes pour réduire la démocratie au silence. Comment chaque guerre civile ou étrangère, chaque catastrophe naturelle, chaque épidémie est une occasion rêvée de profiter de la fragilisation des populations pour les spolier, établir des régimes  totalement inégalitaires, souvent totalitaires.

René Rémond, dans les années 70 avait su discerner que le libéralisme économique (surtout s’il est néo, ordo ou autre) ne peut pas accepter que la gouvernance de la Nation soit  aux mains de l’ensemble de la communauté nationale. Si tel était le cas la recherche de l’intérêt général serait  souvent orientée vers l’intérêt des classes qu’on exploite pour s’enrichir, puisqu’elles sont les plus nombreuses comme disait Caillaux. Autant dire que si une démocratie existait, l’ordre des choses en serait  sensiblement bouleversé. Cela, les libéraux n’en veulent à aucun prix.

En fait, dès la prise du pouvoir par le Peuple en 1789, la classe oligarchique s’est toujours armée pour  éviter que le Peuple ne revendique la démocratie alors que  dans de nombreuses occasions, la population a montré une vraie aspiration  à se mêler des affaires qui la concerne.

Depuis cette époque la caste dirigeante utilise tous les moyens pour conserver le pouvoir. René Rémond  montre même que ce processus d’appropriation et de conservation à l’usage exclusif de la caste dirigeante mène très généralement au fascisme. Résister à la demande populaire d’exercer le pouvoir suppose l’usage de l’autoritarisme qui engendre une réaction de part et d’autre conduisant inéluctablement à la violence et, très souvent, au règlement militaire du conflit.

Mais depuis la fin du XVII e siècle le comportement de la caste ordo-libérale, en France,  s’est bien affiné et  a largement su se servir du progrès technique, ce qui le rend plus difficile à combattre, bien plus dangereux. Pour se maintenir, elle a dû passer d’un mépris total de la plèbe à un simulacre généralisé de démocratie qui maintient  son pouvoir absolu en bernant l’ensemble de la population et en légitimant de manière fallacieuse son action (Vous nous avez élus, donc vous nous avez donné, à fortiori, le droit d’agir).

Une démocrate de carnaval

La première astuce utilisée par ceux qui ne veulent absolument pas de la démocratie, c’est de la présenter comme acquise. «  Nous sommes en démocratie, nous sommes la patrie de la démocratie, nous sommes un exemple de démocratie, etc. ». Un peu comme ces démonstrations de mathématiques qu’on menait avec rigueur, alors que l’hypothèse de base était fausse. Il faut que le Peuple s’imprègne bien de l’évidence de cette « démocratie » pour qu’elle ne souffre plus d’être remise en cause et pour que tous les raisonnements partent de ce postulat « la France est une démocratie » Et malheur à ceux qui en doutent ! Les médias, qui sont en majorité complices relaient cette fausse information jusqu’ à imprimer dans les consciences cet axiome comme un postulat qui ôte à la très grande majorité de la population, toute velléité de le remettre en cause.

Quant à ce fameux « exemple de démocratie », comment ne pas voir que ce concept fallacieux s’est surtout transportée sur les séquelles du colonialisme, avec la complicité de cette  discutable « Francafrique » et pour le bonheur de cette mégalomanie qui s’empare des chefs d’états africains qui n’ont rien à apprendre  de nos mœurs politiques et les pratiquent jusqu’à la caricature.

La seconde astuce, consiste à jouer sur la modernité. Le monde évolue et « on n’arrête pas le progrès ». Alors il faut tout rationaliser accepter toutes les formes de déclin comme des effets du progrès ; disparition des services publics, concentration et diminution de qualité du commerce, diminution des revenus et conséquemment guerre des prix bas dans la grande distribution qui évacue le commerce de proximité,  abandon de la solidarité, etc. Tout cela au nom de l’inéluctable progrès, y compris celui des nouvelles technologies qui en bien des domaines jouent les complices de cette évolution qu’on présente comme un progrès.

Une autre astuce consiste à reporter la responsabilité des malversations sur les autres, les partenaires. Un exemple, En France, le système bancaire est responsable d’une grande partie de ce dont la population souffre et se plaint : frein à la création d’entreprises par un véritable apartheid qui rejette les PME émergentes, exploitation éhontée des ménages ,  aide manifeste à l’évasion fiscale et à la circulation d’argent sale, profits immenses d’activité financière dont on fait payer le risque très élevé aux contribuables, etc. Mais, que peut l’état contre cette activité fébrile contre la Nation ? Rien. Ils sont autonomes, il y a des règles et les affaires passent en priorité.

Evidemment  les accords internationaux servent aussi d’argument à la destruction de l’intérêt général. L’OTAN, Le Marché Commun, demain le TAFTA, sont autant de prétextes pour que les attentes du Peuple ne puissent être reconnues et exhaussées. La dictature néolibérale peut tranquillement poursuivre son action malfaisante. Tantôt elle s’appuie sur le soi-disant besoin de modernité, tantôt sur cette « force des choses » un peu lointaine et mystérieuse qu’on appelle la commission européenne. Bien entendu, il faut respecter le Fond monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce dont les trains de diktats sont aux antipodes de l’intérêt des peuples. Toutes ces belles machines  sont opportunes pour donner à nos gouvernants de bonnes raisons de jouer contre nous. Qu’en sera-t-il lorsque, en plus, ils pourront faire état des obligations du TAFTA et autres ?

Autre facteur pathogène de la démocratie, évidemment, les médias. Dire qu’ils défendent avec plus que passion, le régime libéral est une banalité. Il existe une presse qui ne suit pas cette voie mais elle est loin d’être majoritaire en diffusion. Il existe aussi une certaine presse qui joue la carte de l’indépendance (y compris vis-à-vis de la publicité) mais qui, en réalité  cautionne le système sur lequel elle se base exclusivement pour étayer sa critique. La télévision, du moins les chaines principales, qui toutes font allégeance au système néolibérale dont elles tirent leurs fabuleux revenus publicitaires.

La presse est presque entièrement aux mains des grands entrepreneurs  capitalistes. Toutes velléités de parler vrai, émanant des rédactions, est susceptible de sanctions de la part des actionnaires, que ce soit sur la carrière des journalistes ou sur les revenus publicitaires

Non seulement l’information qu’ils distillent est souvent « écrémée », mais, en plus cette presse se permet un prosélytisme permanent en faveur de la voie néolibérale. Non contents de devenir gourou dans leurs colonnes, ils se répandent longueur de journée en fervents prêcheurs sur les médias nationaux ou privés.

La population est submergée en permanence de cette malfaisance, qu’elle a grand peine à discerner de l’information..

Un complément  à cette stratégie consiste  à dramatiser l’actualité en permanence, à la transformer en un immense jeu vidéo en direct que ce soit pour le foot, les manifs ou les chasses aux terroristes. Rien ne les arrête dans la manipulation du Peuple

Médiapart est un journal d’investigation qui se détache de cette presse dévoyée qui est plus  encline à manipuler qu’à informer. Il serait dommage que son fondateur, animateur et principal « tête pensante » de la rédaction participe, volontairement ou non, à Cette faute terrible qui consiste à prétendre que « la démocratie libérale » doit être appelée de tous les vœux de la population. Si cet article  ne contient pas un lapsus, involontaire sans doute  cela veut dire que  la faute est plus grave  et que c’est bien une antilogie.

Il apparaitrait alors malheureux que la propagande, le matraquage libéral, les habitudes malsaines et malveillantes des confrères arrivent à embrouiller une tête si bien faite  que celle du patron de Médiapart.

 Qu’est-ce que la démocratie ?

A cette question complexe, les esprits simples comme ceux qui sont mal tournés, renvoient à la fameuse phrase qui figure dans notre constitution : « La démocratie, c’est le gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple » Phrase péremptoire qu’on attribue à Tocqueville qui est bien connu pour ses penchants libéraux très marqués. On le voit bien, avec une telle phrase dans la constitution, on a réussi à construire un système ou la seule expression du Peuple est réduite à signer un chèque en blanc tous les 5 ans et à manifester à l’occasion de quelques élections intermédiaires des humeurs fortement inspirées par les partis politiques et renforcées par la presse. Pas de débat, tout dans l’émotion comme au football. Utilisez la rue, les médias modernes, amusez-vous, on n’entend rien.

On pourrait inventer le contraire  de cette ploutocratie qui avance avec un masque de démocrate mais se moque de la population qu’elle entend bien éliminer du jeu, de plus en plus.

Les partis politiques, jouent, dans cette affaire, un rôle essentiel. Formés de militants qui, tous partis confondus ne représentent même pas 1% de la population. De ce petit groupe émerge un quart qui occupe les places de l’administration politique du pays et notre représentation dans les instances internationales. Comme ils ont réussi à persuader la population que seuls de politiciens professionnels étaient capable de  gouverner le pays, ils ont assuré leurs arrière pour pratiquer le « métier » de leur adolescence jusqu’à bien au-delà de l’âge de la retraite. En empêchant la rotation des charges,  ils éloignent définitivement la population du pouvoir. Dès lors la gérance de l’état devient une affaire de corporation avec ses petits et grands arrangements   et les perspectives électorales bien plus prioritaires que l’intérêt général.

Même s’ils ne sont pas tous corrompus, les politiciens ne sont pratiquement jamais vertueux. La  gestion d’un pays impose une adaptation permanente de la loi à l’évolution de la société et aux questions nouvelles qui se présentent.  Ce qui doit dicter la décision, lorsque le besoin se présente de devoir choisir, c’est l’intérêt général. Ceci ne veut pas dire que tous les  représentants du Peuple ont la même appréciation de ce qui est bon pour la Nation. Mais cela signifie que chacun, instruit de la question, doit se prononcer en son âme et conscience avec le désintéressement personnel qui est seul à pouvoir « dire » l’intérêt général. Dans la réalité ; les représentants ne choisissent une option qu’en fonction de l’intérêt tactique de leur parti ou de leur propre carrière.

Misère des misères, les partis politiques constituent une  institution qui date de la révolution et qui a très vite servi  à créer un écran étanche entre l’oligarchie et ce Peuple qu’elle exploite. Le système est parfaitement verrouillé. Seuls les partis politiques sont accrédités à présenter des candidats  dans les charges représentatives. Les militants de base sont chargés de toutes les besognes de communication.

 L’ « élite » du parti  se voit présentés aux élections  par listes ou à la proportionnelle. L’élection du Président (insupportable calembredaine !) est réservée à un des deux partis leader avec, en plus, une primaire. Autant dire que ce sont les partis politiques qui  choisissent les représentants du peuple alors qu’ils ne sont absolument pas  représentatifs de la Nation.

Mais ce n’est pas tout. Le prix des campagnes électorales est totalement inflationniste surtout si on y ajoute les revenus d’une « économie largement noire » comme celle que laissent entendre toutes les affaires malsaines que des médias citoyens nous révèlent par-ci, par-là !

Outre l’image abjecte que ces pratiques donnent de notre société, elles éloignent encore plus le Peuple de la gestion du pays puisqu’il est nécessaire de disposer de fonds importants pour prétendre participer à la «  Chose publique ».

L’oligarchie met rarement ses mains délicates dans le cambouis de la politique. Pour diriger le pays, elle n’a pas besoin de s’abaisser à cela. Elle sait que les hommes politiques ont besoin d’argent. De celui qu’on place sur des comptes en banques lointaines, mais aussi sous forme d’investissements, dans les médias, dans les syndicats patronaux, dans des organismes   paraétatiques et bien d’autres, afin que la seule pensée néolibérale soit autorisée de créer de l’action et d’architecturer notre civilisation dans le seul intérêts des riches .

Les hommes politiques ne sont en  fait que les sherpas du système capitaliste. Que dire de leur promesses permanentes, sinon qu’il s’agite de publicité mensongère. L’humanisme affecté  de leurs propos n’est qu’un boniment trompeur auquel aucun d’entre eux ne croit.

Comment peut-on être intellectuellement malhonnête au point d’appeler ce système « Démocratie » ?

Inventer la démocratie

Chercher à amender un tel système afin de le rendre « démocratique » est non seulement  un chantier titanesque mais aussi une peine perdue. Ce système n’est pas amendable. Il est né de la volonté d’une fraction de la Nation de s’enrichir en appauvrissant  la grande majorité du Peuple. Pour cela, depuis plus de deux siècles, elle s’autorise toutes les vilainies, tous les mauvais coups, toutes les combines malsaines.

L’oligarchie a tous les pouvoirs. Sa « démocratie » n’est qu’une mascarade qui se donne une apparence fallacieuse de légitimité afin que la servitude du Peuple soit acceptée comme « l’ordre éternel ».

Dans le réel, l’oligarchie est en guerre contre le peuple, mais celui-ci ne le sait pas. Il croit qu’il est dirigé par des élites qui usent leur grande intelligence  à sortir la population d’un marasme que seule la conjoncture provoque. Foutaise ! La conjoncture détourne toujours les fruits de l’activité et affecte la misère dans le même sens.

Dans ce contexte, la Démocratie ne peut pas être réelle. Elle n’est, d’ailleurs le régime d’aucun pays dans le monde (bien que certains comme l’Islande, engagent des tentatives).

En France, elle est une tromperie absolue. L’exécutif gouverne avec l’appui du législatif. Mais ce soutien, il l’obtient par le chantage à la dissolution, par le gouvernement par ordonnances et par le 49.3.  Dictature de l’exécutif. Sur la justice, le gouvernement, affiche sa puissance par la mainmise sur les  tribunaux,  par la délégation d’une partie du  pouvoir judiciaire à la police et la gendarmerie qui dépendent de l’exécutif, par le transfert du pouvoir de poursuite à des ministères comme Bercy, dans les affaires de fraudes fiscales ou de faillites de sociétés importantes.

Et pour couronner le tout (si j’ose dire), ce monarque, élu comme un roi, dans une élection ridicule ou on ne connait ni l’enjeu réel, ni les règles du jeu, ni la réalité de celui pour qui se prononce le Peuple, berné, outragé, moqué. Ce souverain qui se paie le luxe, en République, d’avoir un coiffeur attitré, pourquoi pas une manucure, un chambellan pour l’habiller  voire même un gouteur pour se protéger contre un empoisonnement que le grand vizir  catalan pourrait envisager de commettre.

Et vous, Edwy Plenel, vous appeler de vos vœux qu’une vraie démocratie libérale vienne  remettre de l’ordre, alors que nous sommes dans la plus abjecte des démocraties dont puisse rêver le capitalisme accapareur et destructeur total de 90% de l’humanité. Celle qui spolie et écrase les Peuples, détruit la planète au nom du profit, de l’enrichissement sans limite se quelques-uns dont l’absence de conscience et la cupidité on fait des machines à semer la malédiction sur toute la surface du globe.

La seule façon de parvenir à un régime démocratique est de l’inventer. Contrairement à la situation actuelle qui dénie les droits de l’homme et s’appuie sur la servitude volontaire encouragée par la propagande étatique et l’abrutissement par les médias (pas tous !), la démocratie c’est lorsque TOUS les citoyens de la Nation ont les mêmes droits à peser sur les décisions que doit prendre la communauté pour assurer son avenir et son évolution.

Cela suppose de dépouiller l’oligarchie de son pouvoir exclusif et de neutraliser les partis politiques qui sont le bras armé de cette mainmise du capitalisme prédateur sur la société

Il existe une prise de conscience très réelle dans le pays. Elle est diffuse, elle peine  à se fédérer. Ce mouvement n’est pas que social, il est surtout politique. Tout un chacun comprend bien que la modification des structures de gouvernance est un préalable. Chacun voit que si on se bat pour rétablir la justice sociale, sans modifier l’Etat, celui-ci renaitra sans cesse dans sa capacité de malfaisance et que dans un siècle, il nous aura tant abaissés que nous n’aurons plus même la force de seulement imaginer ce que pourrait être le bonheur. Il existe, heureusement, encore une presse libre et consciente de son rôle de messager d’un vrai progrès humain. Nous qui cherchons la justice sociale, le bannissement de la malfaisance sous toutes ses formes, l’apaisement dans la recherche de l’intérêt général et l’engagement dans l’écologie, Nous avons besoin d’elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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