SANS DEMOCRATIE, LE NEOLIBERALISME EST ETERNEL

Sans l'institution d'une vraie démocratie, nous sommes incapables de combattre le néolibéralisme

 

Le peuple, c'est à dire, nous, croit naïvement que la gesticulation du personnel politique détermine de manière certaine l'avenir du pays.

Or, nous devrions savoir, comprendre et intégrer que ce n'est pas les politiciens qui nous gouvernent, mais l'oligarchie qui, tapie dans la fraîcheur de l'ombre de ses châteaux, manipule tout ce beau monde afin de le faire très précisément entrer dans les schémas d'évolution qu'elle a soigneusement défini à son entier avantage ; tout pour elle, rien pour les autres !

Dans le déroulement de ce que la caste dirigeante appelle faussement «démocratie », plusieurs éléments jouent un rôle fondamental,

D'abord, il y a la dramaturgie. Il faut que le drame soit sensible à la population. Il faut qu'elle s'imprègne de cette idée « on se bat pour nous ! ». Le néolibéralisme sait depuis quelques dizaine d'années que le peuple n'est manipulable que lorsqu'il se trouve dans une tension extrême. Tout est bon, des catastrophes naturelles au terrorisme en passant par toutes les possibilités que sont les guerres étrangères, les épidémies, les conflits civils, etc. La tension a pour conséquence qu'elle place tout choix possible dans le jardin de l'émotivité. Il n'est plus question de réfléchir, mais de prendre parti et, de ce moment, s'interdire de remettre tout choix en cause. Dans une certaine mesure, elle fait passer du rationnel au religieux en privilégiant les incantations sur la réflexion. Bien entendu, la violence voulue, artificielle ou non crée les conditions de l'insécurité , elles-mêmes propices au blocage de la réflexion, du courage voire de la dignité,

Ensuite il y a le mensonge permanent. Les choix en présences ne sont pas réellement antinomiques. Tout au plus feignent-ils de s'opposer uniquement dans la phraséologie et dans la présentation des thèses qui opposent les partis qui s'affrontent. Par la même, ils occupent l'espace en créant la conviction qu'il n'existe aucune autre alternative crédible. Il déclenchent le combat mais en délimitent très étroitement le champs.

Qui déclenche ces hostilités? Les oligarques envoient leurs troupes engager la bataille et entraîner la population dans celle-ci avec la complicité des médias. Dans cette armé de mercenaires on trouve les chefs, le président et son exécutif. Ils s'opposent aux chefs d'en face, ceux qui ne font pas parti de l'exécutif mais ambitionnent sérieusement d'y entrer ou d'y revenir. Il y a aussi les chefs de bataillons, élus de tous poil, prompts à allumer les brasiers dans leurs territoires, leurs assemblées leurs clubs d'influence. Et puis les troupes, les militants des partis représentatifs qui sont chargés des basses besognes d'alimenter le feu. Ces partis dont les troupes représentent moins de 1 % de la société mais mais sans lesquels aucune décision dans ce pays ne peut être prise,

Et puis, il y a aussi les auxiliaires. Les médias qui , bien entendu ne demandent pas mieux que la violence puisqu'elle fait vendre de l'écoute ou du papier et , donc, de la publicité. Il y a , aussi, ces élites auto proclamées qui méprisent le peuple et s'enrichissent en lui assénant avec virulence ce qu'il doit, non pas penser, ce dont il lui dénient la capacité, mais croire, ces vérités indiscutables que ces  intellectuels » déballent durant de longues heures , chaque jour avec leur morgue et leur prétention habituelles.

Au demeurant, les oligarques ne sont pas inquiets de la situation. Même si de nombreux mouvements démocratiques apparaissent, dont d'ailleurs certains ne sont pas aussi démocratiques qu'ils le prétendent, ils savent bien qu'aucun de ces mouvements n'est capable seul, de prendre le pouvoir par les urnes. Ils savent aussi que ces nombreux collectifs sont incapables de se fédérer pour prendre le pouvoir ensemble,

Ce qui les intéresse, c'est que la stratégie ultra-libérale continue sa progression à travers le monde et particulièrement dans les pays européens. Ils ont créé un système fabuleux qui s'appelle le « clivage droite gauche ». Invention diabolique qui permet à des politiciens pratiquant exactement la même politique, au service des mêmes intérêts, de faire croire au Peuple que tout les oppose. Dans la réalité, les campagnes électorales sont si chères que seuls les oligarques peuvent les financer. Alors il y a bel et bien un match entre ceux qui se prétendent de droite et ceux qui se prétendent de gauche. Mais c'est seulement pour que les oligarques soient assurés d'avoir comme « missionnaires » les troupes les plus populaires du moment. En fin de compte, et quoi qu'il arrive, les oligarques ne craignent pas de perdre le pouvoir !

Regardons la situation telle qu'est est en ce moment. Le gouvernement décide de présenter une loi ultra-libérale, en ne demandant l'avis que des syndicats dociles. Il décide de la faire passer en force et de mépriser l'expression très majoritaire de rejet par la population. Il rogne un peu cette loi pour tenter de la faire passer. Mais les valets de l'oligarchie grognent ; elle n'est plus assez néolibérale. N'empêche , le Peuple s’en nerve et manifeste avec de plus en plus de détermination, il veut le retrait pur et simple,

L'issue de ce bras de fer est incertaine mais laissera des traces qui risquent de rendre la majorité actuelle très impopulaire. Qu'importe, l'oligarchie ne se soucie guère du sort de ceux qui sont actuellement à son service. La gauche est impopulaire ? Pas grave, on va faire donner les médias pour faire revenir la droite. La droite reviendra de bonne grâce et s'empressera de faire passer une loi bien plus ultra-libérale que cette dont nous débattons en ce moment. L'oligarchie sera très contente et dira : « merci, population »,

J'ai honte de participer à une démocratie aussi méprisable

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