Un oeil de perdu, 17 oubliés

Un œil de perdu, 17 oubliés

Ce samedi 26 janvier 2019, XI e épisode des « Gilets jaunes », Jérôme Rodrigues à été atteint par un tir de flashball et a, probablement perdu un œil.  Il ne s’attaquait à rien, il n’était une menace pour personne, il filmait. Pourquoi lui a-t-on tiré dessus avec cet instrument de « maintien de l’ordre » qui est, en en fait, une arme contre les pauvres, ceux qui ont l’audace de réclamer leurs droits, ces droits imprescriptibles qui figurent dans la déclaration universelle des droits de l’homme.  Bien sûr, les « forces de l’ordre » ont d’abord prétendu qu’il s’agissait d’une grenade de « désencerclement » affirmation qui tentait de faire passer cet acte d’attaque gratuite, pour un acte de défense. A croire que l’état n’a plus que le mensonge pour justifier ses actes de répression barbare.

Depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes », plusieurs centaines de personnes ont été blessées afin de maintenir la paix et pour que la raison reste définitivement à la force publique. Si on en croit les sites spécialisés, 17 personnes on subit la perte d’un œil, depuis le début du mouvement.

Ce n’est pas rien. On est en droit de se poser la question de savoir si les forces de l’ordre avaient reçu mission de faire des dégâts importants, afin d’apeurer la population et de la décourager de se mêler au mouvement. On peut, aussi, supposer que certains policiers ont pu profiter de l’aubaine pour assouvir leur violence naturelle à l’encontre de ce monde prolétaire qu’ils ont l’habitude de nommer «  chienlit » ?

Dans les deux cas, la preuve est faite que l’état est définitivement l’ennemi du Peuple et que ses intentions vis-à-vis de la population, laborieuse sont de l’ordre de la malfaisance absolue, enrobée dans des envolées lyriques de « dialogue social » qui n’est en fait qu’un immense tissu de mensonges.

Mais il existe une autre question. 17 personnes ont perdu un œil en 11 samedi de manifestation. C’est beaucoup. Hier, toutes les chaines d’informations continue n’ont parlé, pendant toute la soirée de cet événement fort regrettable mais pas unique. Pourquoi hier et pas les autres jours ? Pourquoi Jérôme Rodrigues et pas les autres ? ? Vers la fin de la soirée, on a eu le fin mot de l’affaire. Jérôme Rodrigues est un ami du « leader » Drouet et, en plus, il est médiatisé. Médiatisé, cela veut dire qu’il est connu ; on parle de lui publiquement et il a eu la consécration par cette abomination, machine à abrutir les populations qu’on nomme téloche.

Les français, s’ils veulent un jour se débarrasser de cette gouvernance immonde et se prendre en main, par eux-mêmes, comme des adultes, devront comprendre que, dans la devise républicaine, il y a le mot « égalité ». Ce mot veut dire que toute tentative ou manœuvre tendant à différencier un individu par rapport aux autres, alors que cette différenciation s’appuie sur des critères non réellement diffénciateurs est un délit. Si cette différenciation frauduleuse a pour objectif de tromper le Peuple et de lui faire prendre les vessies pour des lanternes, alors, elle constitue un crime contre la démocratie.

Si les Gilets jaunes veulent continuer et nous aider à mener la révolution si nécessaire, ils doivent refuser de se choisir des chefs. Les chefs qu’ils ont tendance à vouloir se choisir les amèneront au sacrifice de leur si beau mouvement. Les chefs deviendront des politiciens de métier et se moqueront du Peuple comme tous les politiciens de métiers ! L’exécutif se servira d’eux pour asservir le Peuple.

La Démocratie, c’est quand le Peuple gouverne, pas quand l’exécutif s’appuie sur une représentation inféodée pour choisir à sa place !

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