Entre la peste et le choléra

Entre la peste et le choléra

Nous voici à un tournant de notre Histoire.

Il y a, exactement, 59 ans, les circonstances historiques  ont permis à un royaliste velléitaire   de s’emparer du pouvoir et de décréter, sous la menace, une constitution imbécile.

Tant que le personnage fut aux commandes, l’aspect délétère de cette organisation de la Nation resta, à peu près, invisible. Mais dès que le pouvoir fut disponible par succession, l’état progressivement, tomba de Caribe  en Sylla. A part quelques grands moment de  gouvernance ( loi sur l’avortement, abolition de la peine de mort, refus de suivre l’armée américaine en Irak, …), l’état ne fit que favoriser progressivement l’oligarchie, au point de créer une dette énorme servant à justifier les ponctions sur les revenus des travailleurs français, à expliquer comment la population des chômeurs est passée de 200 000 en 1970 à plus de 6 millions, actuellement et pourquoi la dette est devenue un tonneau des Danaïdes puisque , depuis plus de 20 ans, son service ne concerne que les intérêts et ne permet pas de rembourser le capital sans cesse emprunté et accumulé .

Cette situation indescriptible dans son horreur s’explique par deux phénomènes bien connus :

Le premier est la déférence vis à vis de la commission européenne. Sous prétexte de réaliser ce beau rêve de l’Union des pays qui constituent l’Europe,  on a bradé la direction de notre Nation à cette entité qui n’a aucune structure démocratique. On a donc accepté les rapports de force et notamment celui qui assure aux rentiers allemands de confortables revenus, En fait nous avons perdu notre souveraineté au profit d’une organisation qui nie toute forme de démocratie.

Le second, c’est que depuis les années 1970, le monde s’est ouvert au libéralisme sauvage dont l’exploitation des catastrophes auxquelles l’humanité est confrontée est devenue le prétexte pour l’oligarchie de détourner l’intérêt  général à son profit. Voire de provoquer les crises pour aboutir au même résultat.

Le résultat de cette déviance de l’intérêt humain c’est que :

·        Les populations s’appauvrissent et perdent souvent leurs moyens d’existence,

·        Les oligarques amassent des fortunes  colossales avec l’argent qu’ils volent au peuple,

·        Les banques sont devenues, partout, un état dans l’Etat et dirigent, de fait, les nations,

·        Les injustices de distribution  de la richesse sont telles que 1 % de la population mondiale possède 50% de toute la richesse et promet d’en posséder 80 % d’ici 20 ans,

·        La production de masse, basée sur le low-cost afin que la diminution des revenus ne soit pas trop criante, crée une activité industrielle très productrice de pollution et  accélère le dérèglement climatique qui mène l’humanité à une catastrophe écologique dont les oligarques se moquent éperdument, tant ils sont sûrs de s’en sortir, quoi qu’il arrive, par les moyens dont ils disposent.

De cette évolution, les partis politiques, ne savent pas agir sur les facteurs. Le chômage n’a cessé d’augmenter depuis les années 70 et les populations n’ont  jamais vu leurs conditions de vie s’améliorer. Les services publics se sont raréfiés et leur qualité a nettement diminuée.

 En fait, les partis politiques on finit par tous adopter le néolibéralisme qui  alimente les besoins électoraux en fonction  du caractère raisonnable des partis envers ses intérêts propres. Tout le monde sait, par exemple que lorsqu’un candidat déclare dans un meeting «  mon ennemie,  c’est la finance », il est dans le droit fil de ce que l’oligarchie bancaire lui a recommandé de dire pour tromper le peuple.

En France, le peuple est appelé à élire un président qui est supposé avoir tous les pouvoirs, mais qui n’en a aucun. C’est un employé qui a été adoubé par l’oligarchie et les banques et qui sera élu parce que les puissances financières l’auront propulsé par l’intermédiaire des médias dont elles ont en grande partie propriétaires.

Dans cette élection de 2017, il existe un élément perturbateur qui se nomme Marine Le Pen. Cette personne  appartient à un parti qui, issu des milieux ultra-nationalistes, s’appuie  sur une vision assez xénophobe de la société. Bien sûr, la société « habituelle » des partis dit de gouvernement, utilise la xénophobie comme un repoussoir en l’assimilant à du racisme. Si le fondateur du FN s’est parfois livré à des provocations, ceci expliquant cela, il faut reconnaître   que ce comportement était payant puisqu’il fut au second tour de la présidentielle de 2002. On peut d’ailleurs remarquer que ses saillies, rarement de bon aloi, ne gênaient en rien la gauche française qui n’arrêtait pas de s’extasier sur la division de la droite. On peut aussi remarquer que le patriarche du FN fut souvent inquiété pour ses sorties  sur les camps mais que ses allusions à la torture en Algérie furent quasiment toujours passées sous l’étouffoir.

Mais, maintenant que la fille a repris le flambeau, on constate une dédiabolisation qui  semble correspondre à une modification réelle du comportement du parti. Mais les  adversaires politiciens voient que les chiens qu’ils ont élevés vont peut-être les mordre. Alors, ils enfoncent le clou en amalgamant le passé avec le présent, la fille avec son père et font de la crique du FN un syllogisme généralisé permanent.

Au demeurant,  il n’en est pas moins vrai que la propagande FN est basée sur le rejet des migrants, des minorités arrivées en France depuis peu ou arrivant maintenant. Cette politique exploite les bas instincts de la population et surtout l’incommensurable bêtise que les médias inculquent dans l’esprit des pauvres gens pour les rendre dociles aux turpitudes de l’état.

Dans la campagne électorale actuelle, les oligarques ont,  avec la complicité ordinaire des partis politiques qui leur sont inféodés, décidé qu’on ferait des primaires. Ce n’est pas dans la constitution, mais cela n’a pas d’importance. Il suffit de les mettre en scène dans les médias pour que le peuple n’y trouve rien à dire. Une forfaiture  par la magie médiatique devient un exercice passionnant de la « démocratie » !  En fait, il s’agissait de couper l’herbe sous les pieds des mouvements citoyens qui  fleurissent un peu partout et dont la plupart remettent en cause le système des partis. Les primaires furent, d’ailleurs, organisées dans des conditions abjectes en terme de régularité. Mais cela n’avait pas d’importance, le tour était joué. Côté gauche, on savait qu’on allait éliminer tout candidat susceptible de remettre le système en cause et surtout tout concurrent pouvant sérieusement battre le candidat qu’on avait déjà choisi au sein de l’oligarchie, un banquier, jeune , intelligent et sans aucun scrupule, sans vergogne comme disait Brassens.

Les médias ont été sollicités et ont largement donné. Le complot est une réussite totale. Le crime abominable contre la démocratie fut une réussite. Il est vrai que ce qu’on appelle démocratie en France est une supercherie ! Nous voici donc à un second tour ou le menu propose comme plat principal,  soit la peste, soit le choléra.

D’un côté la certitude d’un régime dur avec  le racisme et la xénophobie, avec la présence permanente de cette agressivité des mouvements parallèles. Un parti au pouvoir que l’on sait fascisant et un programme économique qui ne renforce en rien les moyens d’existence de la population.

De l’autre, un système totalement piloté par les oligarchies  dont on sait très bien que leur objectif est de faire chèrement payer au peuple leurs erreurs de gestions et leurs appétits de fortune.

Dans les deux cas, la misère pour le peuple la richesse pour l’oligarchie. Pas une seule mesure  écologique. L’abime assuré.

Et le président actuel qui prend fait et cause pour celui qui va continuer son job, celui qu’il avait reçu pour mission de l’oligarchie, il y a cinq ans : détruire toute loi sociale en France. Comme il n’a pas fini la tâche, malgré ses efforts  et les 49,3, il recommande au bon peuple qui l’a tant adoré, de choisir celui que son ancien ennemi a choisi à sa place pour en finir  totalement avec ce peuple qui s’imagine qu’il a des droits. Alors il désigne celui pour qui il faut voter. Se mettant ainsi dans l’illégalité la plus totale puisque sa fonction lui interdit de prendre parti dans la campagne.

Entre la peste et le choléra, nous citoyens d’un monde que nous voulons beau, bon, équitable et juste, nous refusons de nous déshonorer dans un tel choix.

Je déclare ces élections illégitimes, je ne suis pas suicidaire au point de choisir entre le malheur et le malheur

Dans ce deuxième tour, les tambouilles sont ouvertes mais elles ne sentent pas bon. Quelques personnes sont restées dignes, Lassale, Mélenchon, Poutou, Artaud, Asselineau, …

 Mais la plupart sont déjà en train  de se partager les gamelles, sans avoir l’air de prêter attention à l’épouvantable odeur.

J’appelle mes concitoyens à ne pas participer à ce carnaval maudit. Nous allons voter mais nous ne choisirons pas entre ces aventuriers qui, pour leur bien, veulent anéantir nos vies.

Je dénonce le système politique français qui, basé sur l’argent, empêche toute démocratie. Système ou, il est impossible que les élus soient extraits d’un autre vivier que les partis politiques, réserve exclusive de la caste oligarchique pour choisir ses serviteurs.

Jean-Luc Mélenchon avait bien compris que pour recréer  une démocratie qui n’est aujourd’hui qu’une illusion, il est indispensable que se produise une révolution constituante populaire. L’oligarchie, avec ses complices médiatiques a compris le danger et  a pilonné le  seul candidat qui remettait en cause ces institutions malfaisantes. Le seul espoir.

« A force d’interdire les révolutions tranquilles, on finit par avoir des révolutions violentes » (JF Kennedy)

 

 

 

 

 

 

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