L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL PUBLIC EST EN DANGER

Réforme de l' apprentissage

La réforme de l’apprentissage, au-delà des querelles entre le MEDEF et les régions pour des raisons très intéressées, un pactole de 8 milliards à se partager,  est aussi et surtout une remise en cause de l’enseignement professionnel public. Permettre à des jeunes, souvent en difficulté scolaire, d’accéder à la culture, tout en préparant un métier, est la mission première de cet enseignement.

Cette réforme, au-delà des discours politiques mensongers sur les insuffisances de  l’enseignement professionnel initial s’inscrit aussi dans la logique de marchandisation et  de privatisation du service public d’éducation.

Heureusement que les chiffres démentent les objectifs du gouvernement.  D'importantes aides publiques ont tenté de soutenir ces objectifs passant ainsi de 3,900 milliards en 2006 à 5,210 milliards en 2013. Mais en  2014 ils ne sont que 405882 apprenti-es en début de stage, avec un taux de rupture de contrat de 27,70% (source DEP ministère). En 2006, ils étaient 407809 apprenti-es.

Ces chiffres mettent en évidence plusieurs constats:

-la baisse continue du nombre d'apprenti-es au niveau CAP et le développement croissant de l'apprentissage dans le supérieur

-plus le niveau de formation est bas, plus l'apprenti-e est touché par le chômage

-dans les métiers où les CAP sont nombreux, le taux de rupture est élevé

-les grandes entreprises (250 salariés et plus) embauchent les apprenti-es du supérieur. Elles paient des amendes car elles ne respectent pas les quotas d'alternants fixés par la loi. 

Plus que jamais,  il faut défendre l’enseignement professionnel public dont la devise a toujours été celle de former l’homme, le travailleur, le citoyen.

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