"Macron sors ton pognon et demande pardon" banderole des soignants de mulhouse

Le capitalisme c’est la recherche du profit maximum, un système qui entre frontalement en contradiction avec les droits et besoins prioritaires de santé des salariés. Ni la recherche ni les politiques de santé nulle part n’ont disposé des moyens de prévention, et le principe de précaution est resté vain.

Ne mettez pas cent milliards pour les riches et les chefs d’entreprises,

Mettez-les pour la santé et la vie des salariés, des jeunes et des pauvres,

 

 

En mars c’était à cause de l’austérité budgétaire imposée depuis 2015 par  Macron : il n’avait respecté ni le principe de précaution ni les principes de prévention. Il manquait de lits, de respirateurs, de gel, de masques, de blouses, de gants, de lunettes, de seringues, de pousse-seringues, d’écouvillons, de médicaments, de curare, et surtout de soignants dans tous les domaines. Il y eu 30 000 morts recensés du Covid et ceux qui n’ont pas pu être soignés à cause du Covid. Les malades ont été « triés », le droit à la vie et à la mort, a découlé en direct des décisions budgétaires, des choix de Macron depuis 5 ans.

 

Le capitalisme c’est la recherche du profit maximum, un système qui entre frontalement en contradiction avec les droits et besoins prioritaires de santé des salariés.

Ni la recherche ni les politiques de santé nulle part n’ont disposé des moyens de prévention, et le principe de précaution est resté vain.

 

Rappelons que Macron a d’abord refusé de confiner le 6 mars, puis concédé un premier confinement du 15 mars au 11 mai.  C’était à contre cœur, de peur d’être lynché par le peuple menacé par la pandémie. Ce confinement c’était une concession, un hommage du vice à la vertu, du capitalisme au socialisme, une priorité brièvement et désespérément concédée à la santé contre le profit.

 

Pour compenser leur manque à gagner auprès des riches et des patrons, Macron en a profité pour abonder avec des dizaines de milliards les caisses des entreprises, baissant les impôts et cotisations sociales, ce qui a eu pour effet de vider les caisses de la sécurité sociale, des aides sociales, des services publics.

 

Ce gouvernement préfère l’économie capitaliste à la santé.

Il donne aux riches alors que la pandémie frappe les pauvres.

Il donne aux chefs d’entreprise alors que ceux-ci licencient.

 

 

Il n’a pas anticipé une seconde vague, au contraire, il a fermé encore et encore des centaines de lits, limité les moyens exigés par les hôpitaux et les soignants.

Il a même pris un décret permettant de licencier des soignants.

Il a même imposé le paiement d’un forfait de 18 euros aux urgences

Il vient de fermer l’Hôtel Dieu, à Paris, il n’utilise pas le Val-de-Grace, il ferme encore des centaines de lits dans toute la France, il impose ainsi 80 % de non-prises en charge de l’hospitalisation pour d’autres maladies, il ne réquisitionne pas à plein le secteur privé.

Les étudiants-soignants qui sont appelés en renfort sont mal payés, mal traités alors faut un plan massif de recrutement et de formation accélérée - en payant de forts salaires et des primes à l’embauche. Car s’il y a une 3ème ou 4ème vague épidémique ce sera un désastre. C’est le moment d’imaginer l'hôpital de demain, rompu à l'urgence et au déploiement de moyens exceptionnels, à rebours des années de restrictions budgétaires imposées aux soignants et aux patients depuis trop d’années.

 

Macron n’a rien concédé, en dépit de ses promesses, aux salariés dits « de première ligne » qui ont fait marcher le pays, éboueurs, vendeur, livreurs, chauffeurs, nettoyeurs, caissieres, femmes de ménage. Il leur a refusé la reconnaissance du Covid pour « maladie professionnelle ». Il n’a pas investi dans les services publics, ni dans l’emploi public si nécessaires.

 

Il a préparé un budget d’austérité pour 2021, il pris dans les caisses de la sécu, sans y remettre, il a donné la priorité au CAC 40, aux grosses entreprises, à la police et même aux militaires, au détriment des petites et des « indépendants». Il a soutenu le blocage des salaires, le versement d’un chômage partiel limité à 84 % du salaire pour 12,5 millions de salariés, imposé un télétravail surchargé et pénible à 8,5 millions de salariés, insuffisamment soutenu les précaires, CDD, intérimaires, saisonniers, intermittents, pauvres, mal logés, menacé les chômeurs, les sdf. 

 

En octobre, Macron c’est pire qu’en mars

 

Ni prévention ni précaution.

 

C’est seulement quand il s’est révélé que sa politique nous livrait à une seconde vague de Covid, que tardivement il s’est résolu à imposer un couvre feu, mi-octobre. Puis comme c’était manifestement insuffisant, il a été obligé d’instauré un trop tardif et fort insuffisant déconfinement - partiel limité à un mois - et qui est évidemment mal compris, mal toléré et mal respecté. Alors qu’à nouveau, et par défaut d’avoir mis en oeuvre les solutions alternatives ignorées et refusées, c’est un confinement completqui s’impose « coûte que coûte ». Car on se trouve confronté à un virus qui progresse partout dans le pays et partout ailleurs.

 

Dans cette situation tragique, s’ajoutent, à l’absence de mesures puissantes pour l’hôpital public, l’absence de médicaments, de la recherche, un choix imbécile de fermer les petits commerces et de laisser ouvertes les grandes surfaces, une législation qui tient les sous-traitants à la merci des donneurs d’ordre et des banques. C’est le même choix aberrant d’opérer une « politique dite de l’offre », alors que c’est la demande qui est en cause, alors que les salaires, les minimas sociaux devraient augmenter, alors que les licenciements devraient être contrôlés, qu’il faut compenser le chômage, l’appauvrissement et la faim qui frappent. Un million de personnes supplémentaires en dessous du seuil de pauvreté ! Dix millions au total !

 

Jamais il n’y a eu tant besoin d’imposer le respect du droit du travail, à domicile ou non, le partage du travail comme des richesses produites par celui-ci dans les entreprises. Mais au contraire celles-ci sont laissées sans contrôle alors qu’elles trichent massivement sur le chômage partiel.

 

Il faut distribuer des aides alimentaires et des logements (interdire les expulsions, bloquer les loyers, taxer les gros bailleurs) et légiférer sur le télétravail.

 

Enfin la situation de l’école (de la maternelle à l’université) est tragique entre fermeture des classes, des cours, des cantines scolaires, des garderies, au point que les lycéens sont obligés de se rebeller pour assurer leur propre sécurité sanitaire face à Macron qui dépense l’argent public a la répression au lieu de le dépenser pour recruter 100 000 emplois jeunes pour enseigner et encadrer dans toutes les besoins des écoles. 

 

Macron donne aux riches quand les pauvres meurent

 

L’autre choix aberrant du gouvernement est de baisser les impôts alors qu’il y en a tant besoin : il faudrait prendre tous les dividendes, rétablir l’ISF, instaurer un impôt progressif sur les sociétés et un prélèvement exceptionnel massif sur toutes les fortunes mobilières et immobilières.

Faire payer aux pauvres une tragédie qui frappe déjà les pauvres, transférer aux riches le maximum des aides d’état et abaisser tous les moyens de droit de défense des salariés (le report des élections politiques et professionnelles, un état d’urgence policier y compris la mise en cause du droit de manifester et de filmer les policiers qui commettent des exactions) constitue le comble du comble de l’injustice de ce gouvernement.      

Après cette analyse et tout en soulignant le besoin urgent d’une autre politique nous devrions tous ensemble à gauche, mettre en avant les revendications immédiates et urgentes qui s’imposent pour mette en place un bouclier social et sanitaire.

Celui-ci peut se décliner tout de suite en 4 grands axes de propositions.

 

Un bouclier sanitaire et social

 

Ne mettez pas cent milliards pour les riches et les entreprises,

Mettez-les pour la santé et la vie des salariés, des jeunes et des pauvres,

 

Premier axe : Un plan massif pour l’hôpital public et les établissements médico-sociaux

 

Il manque 100 000 emplois. Il faut un plan massif de recrutement et de formation accélérée pour l’hôpital avec revalorisation de 300 euros des salaires des agents (aides-soignants, infirmières, agents de propreté, brancardiers, ambulanciers,...). Il faut rendre attractifs les métiers du soin. Donner un 13° et un 14° mois à tous et notamment à l’embauche lorsque le contrat est signé. Retrait de l’amende de 18 euros pour accéder aux urgences.

Idem pour l’aide et le soin à domicile et l'ensemble des lieux de vie collectifs (EHPAD, résidences autonomies mais aussi foyers de vie, foyers d'accueil médicalisés...). Les Ehpad doivent être toutes prises en main et sous contrôle public, il ne doit pas y avoir « d’or gris » aux actionnaires, tous les établissements doivent être à but non lucratif.

C’est toute une économie de la santé et de la recherche pour le présent et le futur qu’à cette occasion il faut reconstruire. De même qu’il faut redonner un vaste élan à tous les services publics, école, transports en commun, communications et au service de l’écologie. 

 

 

 

 

Second axe : augmenter les minima sociaux et les salaires

 

La pauvreté, le chômage augmentent. Il faut garantir un minimum social pour que personne ne soit en dessous du seuil de pauvreté. Soutien total aux organisations de chômeurs. Abrogation de la réforme de l’assurance chômage.

Distribution de denrées et de repas, hébergements en gymnases des personnes à la rue, fonds locaux de solidarité avec la culture, les associations. Blocage des loyers, interdiction des expulsions, logements d’urgences.

Il faut un plan national de 100 milliards d’euros pour abonder les efforts des collectivités locales et des associations.

Un plan qui instaure un minimum social garanti à hauteur de 80 % du Smic.

Le chômage partiel doit être un outil de la réponse sanitaire.

Il doit être indemnisé à 100 %.

Il faut contrôler tous les licenciements au préalable.

Augmenter le Smic et les salaires des premiers de corvée et des salariés dits de seconde ligne. 300 euros mensuels pour toutes et tous ne serait que justice à commencer par le Smic. Il faut payer à hauteur de l'utilité sociale, valoriser l'accompagnement, l'assistance, le service rendu.

Ce sont les salariés qui font marcher le pays. Il faut restaurer et développer leurs droits injustement supprimés ces dernières années, les institutions représentatives du personnel, dont les CHSCT. 

 

Troisième axe : des moyens pour l’école publique

 

Les lycéens se mobilisent pour des moyens d’étudier, les jeunes et les profs réclament une organisation en demi-groupes. Ils ont raison.

Il faut des mesures immédiates de protection et de soutien. Il faut des recrutements d’adultes pour l’école publique, une revalorisation des salaires, un plan d’ouverture de nouveaux locaux.

100 000 emplois jeunes pour aider, encadrer, compléter les besoins nouveaux apparus, du fait de la pandémie, dans toutes les écoles

La jeunesse lycéenne et étudiante, les enseignants ont besoin de réseaux Internet performants partout sur le territoire. Plutôt que de précipiter les dépenses pour la 5G, il y a besoin d’une couverture 4G partout.

 

Quatrième axe : Répartir les richesses autrement, taxer les bénéfices

 

Mille entreprises font 50 % du PIB, c’est elles qui décident de tout, et encaissent tout en dernière instance, celles-là ne doivent pas être aidées mais elles doivent aider (tous les dividendes doivent y contribuer) le pays dans lequel elles font tant de bénéfices.

Taxer fortement les GAFA devrait relever de l’évidence, taxer les bénéfices du CAC 40  et imposer aux banques d’assurer le crédit aussi.

C’est là et dans la lutte contre la fraude fiscale, contre « les 600 milliards» qui manquent à la France, qu’on trouve en urgence les nouvelles ressources nécessaires pour financer les mesures sociales et sanitaires.

Quant aux aides publiques nécessaire aux entreprises en difficultéelles doivent être conditionnées à l’emploi et contrôlées dans leur usage sans exception.

Notamment il faut renforcer le fonds de solidarité pour soutenir les PME et TPE surtout les activités culturelles, touristiques, événementielles. Mais il faut en même temps légiférer pour une organisation de la sous-traitance, pour que les donneurs d’ordre soient responsables de ce qui se passe sous leurs ordres, qu’il n’y ait qu’un seul niveau de sous-traitance, que les sous-traitants soient alignés sur la convention collective des donneurs d’ordre, que les unités économiques et sociales soient juridiquement reconnues afin d’interdire le morcellement des droits des salariés, d’interdire l’ubérisation, la précarité.

 

Les forces politiques de la gauche et de l’écologie peuvent défendre ensemble ces mesures d’urgence collectivement et constituer ensemble un comité national d’urgence et d’action.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.