Mort pour le service de la république

Parmi les soignants, du 1ermars 2020 au 3 mai 2021, 81 032 professionnels en établissement de santé (PES) (auxquels il faut ajouter 55 000 salariés en Ehpad et en IME, Institut médico-éducatif] ont été contaminés par le Covid-19. Et 15 % ont eu un Covid Long, Ces professionnels – en première ligne dans « la guerre » déclarée par Macron le 12 mars 2020 alors qu’il ne l’avait pas préparée et alors que 6 jours plus tôt il appelait à « aller tous au théâtre » – ont souvent été victimes de la pandémie à cause des graves restrictions budgétaires anti sociales de Macron. Les hôpitaux étaient en pleine crise et les personnels en grève depuis un an sans être entendus. S’ils ont été aussi nombreux à être contaminés c’est qu’au début, il n’y avait pas de gel, pas de masques, pas de blouse, pas de gants, de mauvaises et inquiétantes conditions de travail. Macron en est-il conscient quand il propose un nouveau « statut » de « mort pour le service de la république » « pour les agents décédés dans des circonstances exceptionnelles ». Il viendrait « compléter » les statuts de « mort pour la nation » et « mort pour la France » dédiés aux militaires et forces de l’ordre. Bon, tout ce qui peut être obtenu par une catégorie à un moment donné ne saurait être jalousé encore moins considéré comme un avantage acquis ou un privilège… mais doit servir d’encouragement à la lutte de chacun pour obtenir autant. Le salariat est une seule classe exploitée, quand on a que sa force de travail à vendre, on a tous les mêmes intérêts : c’est le cas de tous les salariés dit de « première ligne » face au Covid, soignants, chauffeurs, livreurs, vendeurs, nettoyeurs, aides à domicile, enseignants,  gardiens, policiers, etc. Tous méritent que leurs salaires augmentent. Mais le statut de « mort pour le service de la république » est-il enviable ? Ce que Macron a concédé concerne les familles de 19 décès de soignants liés à l’infection SARS-CoV-2 enregistrés depuis le 1er mars 2020. Même quand il fait un geste Macron, « en même temps », n’a toujours pas acté pour des centaines de milliers de salariés frappés, la simple reconnaissance de leur maladie professionnelle. Gérard Filoche  

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