Ouvrier du livre

Je vais ici faire un travail de mémoire sans filet. C’est une période de ma vie (1978-1979) qui a duré deux ans pendant laquelle j’étais ouvrier du livre à Paris. Je n’ai, avant ce mois de novembre 2020, jamais rien écrit à ce sujet, je n’ai pas de notes, par d’archives, seulement ma mémoire, laquelle est forcément vulnérable quarante ans après.

 Mon ami Yann Volant m’a demandé si je pouvais néanmoins rédiger un témoignage sur ce travail de l’époque.

Après avoir trop longtemps tardé pour répondre à cette sollicitation, la voici,  je vous la livre. Mais s’il vous plait, prenez là avec des pincettes, soyez indulgents, pardonnez aux imprécisions ou au erreurs, dans ma tête, c’est du « reconstitué » avec des prismes d’aujourd’hui .

Tout a commencé le 29 août 1978 au cours d’un comité central de la LCR, à Poissy, île des Moineaux, dans les locaux du CLAJ, où l’on me faisait procès parce que, membre du Bureau Politique, j’avais envoyé une lettre, qualifiée de « fractionnelle » à un camarade de Strasbourg, Jean-Claude Meyer (dont le pseudonyme était Matisse). Le rapporteur contre mon « fractionnalisme » fut Yves Salesse, et, à charge, Alain Krivine. Il fut soumis au vote deux sanctions possibles :  me « dépermanentiser »  et m’exclure du Bureau Politique. Le vote du Comité central aboutit à ce que je sois « dépermamentisé » mais en étant maintenu membre du Bureau Politique.

Il me fallut donc, le 1erseptembre, chercher un travail, d’autant que nul ne le savait à part sa mère et moi, mais Léa Filoche était conçue depuis le mois de juillet.

Fils d’ouvrier et d’aide soignante, je n’avais aucun bien ni revenu, j’avais 33 ans, j’avais déjà fait une douzaine de boulots différents pour vivre (moniteur, vendeur, nettoyeur, pion maitre-auxiliaire, chauffeur-livreur, conducteur de train, manutentionnaire sur le port, facteur, prof de philo remplaçant, journaliste, imprimeur) je ne doutais pas que j’en trouverais un autre - tout en étant bien décidé à continuer mon combat politique avec la LCR et dans le LCR.

C’est beau, hein, « ouvrier du Livre »

Cela se fit immédiatement grâce à mon camarade Jean-Michel Vallantin qui me proposa :  « Je suis “permanent  du Livre”, je te fais embaucher, t’inquiètes ». J’acceptais aussitôt sans bien savoir quelles allaient être mes tâches.

J’étais embauché « par Blanqui ». Je connaissais les « chefs » de « Blanqui » parce que j’avais eu la charge d’aller négocier avec eux, siège de la CGT du Livre, au nom de la LCR en 1975 quand nous préparions notre propre imprimerie (Rotographie) pour publier le quotidien Rouge (Société de presse nouvelle SPN). C’était l’époque des grandes batailles du Livre, les « rodéos » dans les rues de nuit avec le Parisien Libéré et le groupe Amaury, qui voulait casser le syndicat et  les droits des salariés.  Notre journal Rouge et notre imprimerie militante ne pouvaient se permettre de respecter la convention du Livre et je devais leur expliquer cela : ils m’avaient reçu courtoisement, payé un pot, et fait comprendre que notre petite entreprise n’était pas un sujet dans leurs préoccupations.

C’était « Blanqui » dont j’étais devenu, un des « permanents » (dans ce cas-là ça n’avait pas un sens syndical) et qui me donnait des ordres, m’envoyant à tour de rôle dans une imprimerie ou une autre. Jean-Michel Vallantin bien introduit dans le cœur des décisions du planning me transmettait mes horaires et les lieux, d’un jour à l’autre.

Ça consistait à aller dans les différentes sociétés de presse, œuvrer à la sortie des rotatives. J’étais une sorte d’intérimaire, non pas commandé par les patrons, mais par le syndicat CGT du Livre. Je n’allais jamais au bureau des permanences, mon salaire m’était versé en direct sur mon compte, avec des fiches explicatives récapitulant mes services, et différentes feuilles de paie, imprimerie par imprimerie, journal par journal. Les patrons payaient Blanqui qui me faisait suivre. Je n’ai jamais eu de contrat de travail écrit mais j’étais « à disposition », selon les besoins des imprimeurs des journaux et le planning du syndicat. Tout se faisait par téléphone : «  - Tu vas au JDD demain » « - Tu vas à l’Huma cette semaine ». «  - Tu remplaces au Monde ». Mon seul instrument de travail était une « serpette », sorte de petit couteau arrondi avec une poignée courte pour bien le tenir en main. Cette serpette me servait à couper la ficelle après avoir « ficelé » les paquets de journaux.

J’étais « ficeleur ».

C’est un monde aujourd’hui totalement disparu.

Par exemple, j’allais à France-Soir, rue Réaumur, c’était un des meilleurs « services ». J’arrivais vers onze heures, minuit, une heure, c’était selon et j’allais me poster à la réception des paquets de journaux sortant de la rotative. On était debout dans une atmosphère déshumanisée, tantôt glaciale, tantôt trop chaude. Il y avait une sorte de tapis roulant avec des « coudes » et nous étions placés en différents endroits pour empêcher les paquets de « bouchonner ». Si cela arrivait, il suffisait de redresser le paquet et de le pousser avant que les autres ne s’accumulent et bloquent toute la chaîne.

Parfois les paquets qui étaient automatiquement ficelés, en cordons plastiques, par une machine, arrivaient éclatés : alors nous avions des ficelles et devions le reficeler aidé de nos serpettes. Il fallait faire vite. Il me fallut apprendre le « coup de main », un certain art de manipuler les journaux tout en reconstituant efficacement les paquets. Ensuite on alternait avec les collègues, souvent des jeunes, syndiqués à la CGT, des étudiants syndiqués à l’UNEF, pour attraper et ranger les paquets, arrivés en bout de tapis roulant, dans les camions qui les emportaient partout en France.

Tout cela allait très vite, à l’époque il n’y avait pas de facsimilés, France-Soir Réaumur servait toutes les librairies du pays, une noria de camionnettes y contribuait. Ma fonction était bien circonscrite : d’assurer le lien entre la sortie de la rotative, le ficelage des paquets, leur mise en camion.  Le service de France-Soir ne durait jamais 8 h comme il était indiqué sur la commande, si le papier de la rotative ne se cassait pas, cela pouvait ne durer que deux heures : « fini parti ».

Habitant rue Rambuteau, je partais de chez moi vers minuit et rentrais souvent vers 2 ou 3 h du matin. Ce qui me brisait quand même ma nuit, soit que l’attendais en lisant l’heure tardive de mon départ, soit que je rentrais finir ma nuit (et parfois Jean-Michel Vallantin et ses amis venaient me chercher pour un festin tardif avec libations dans un restaurant des Halles, Au pied de cochon souvent).

Je gagnais une somme très coquette à chaque service,  car mes congés payés (8 semaines) et mes 13° et 14° mois étaient inclus proportionnellement ainsi que des primes aléatoires selon les jours et les différents imprimeries où je travaillais (nuit, dimanche, férié). Jamais je n’ai gagné autant d’argent de ma vie.

C’était théoriquement interdit, mais quand des raisons militantes m’avaient empêché de faire un service, j’en faisais deux dans la même journée qui suivait. Certains de mes collègues avides d’argent en faisaient trois. Une fois, en plein milieu de la nuit, le délégué CGT nous demanda de nous arrêter et décréta une grève surprise immédiate, en nous précisant rapidement que le journal contenait un supplément imprévu.  Je lui demandais bêtement «  - Et alors ? », il me répondit que « les paquets étaient plus lourds », et nous eûmes 50 francs de plus pour ce service.

Comme l’expliquait un de mes camarades « - Tu vois, on fait le même travail qu’un ficeleur au BHV, mais lui, son patron ne craint pas trop que ses colis arrivent en retard,  il est payé au Smic, tandis que nous, les journaux sont périssables, et le patron meurt de trouille que le journal n’arrive pas à temps dans le kiosque, donc il paie cher pour s’en assurer. »

J’allais dans différentes imprimeries, au Figaro et au JDD rue d’Aboukir, à Investir rue du Croissant, à l’Humanité-Poissonnière, au Monde Plaine-St-Denis et aussi dans les entrepôts des NMPP, boulevard Mac’Donald.

Je passais le plus souvent de chez moi à pied, derrière Saint-Eustache, prenant la rue Montmartre, passant de l’ancien secteur des boucheries à celui des imprimeurs, lorsque, disait Aragon, « l’odeur du sang cède la place à l’odeur de l’encre ».

Les services qu’on préférait c’était le JDD, un service court, sans histoire, doublement payé au tarif du dimanche.

C’était aussi l’Huma à cause de la bonne atmosphère de camaraderie au travail. Là aussi le service était vite expédié et bien payé.

Ensuite l’imprimerie du Croissant, un autre service court de fin d‘après midi avec prime pour sortir « Investir ». Je me rappelle que des pauvres venaient y chiper un ou deux paquets de journaux pour les revendre à leur compte, et que l’un des patrons descendait lui-même de son bureau pour passer ceux qui restaient en trop au bleu de méthylène, en nous regardant d’un oeil soupçonneux.

Au Monde, les rotativistes, dans leur vestiaire, avaient un frigo et chacun leur bouteille de Ricard avec leur nom marqué dessus. Ils payaient à tour de rôle une tournée, ce qui faisait courir quelques risques pour le travail, car, après cinq ou six « jaunes », l’effet était garanti. Je me gardais de suivre cet entrainement et ne dépassait jamais le deuxième verre.

Le travail y était plus difficile, car les journaux arrivaient entre nos mains, pliés en huit et c’étaient nous qui faisions les paquets. Or attraper 60 journaux, les compresser entre deux mains, les soulever, les faire tournoyer, virevolter en les entourant, en croix, par la ficelle qu’on fait glisser et qu’on resserre par un nœud coulissant, coupant d’une même mouvement le reste de la corde à l’aide de notre serpette maintenue en main pendant toute l’opération, ce n’était pas si facile !

Les premières fois que je m’y exerçais, le paquet s’éventra par le centre,  et il me fallut rechercher à quatre pattes les journaux dans toutes les directions, sur le tapis, par terre, sur la table voisine. Mes collègues expérimentés m’attendaient au tournant et éclatèrent d’abord maintes fois de rire à mes tentatives avant de m’apprendre patiemment les bonnes manières. Eux qui allaient à toute vitesse et en faisait même concours entre eux, surent décomposer leurs gestes, pour me montrer la technique. Quand même il me fallut des semaines pour arriver à leur niveau et, à mon tour, jouer les artistes funambules avec mes 60 journaux à la fois : « - Tu vois qu’on mérite notre salaire, appelle un patron pour qu’il fasse ça, on va se marrer ».

J’allais souvent à Mac Donald, porte d’Aubervilliers, sur « les maréchaux ». Là, c’était un complet service de nuit de 9 h du soir à 6 h du matin. On n’aimait pas y aller, mais c’était impératif dans le partage de nos plannings. C’était un immense hangar où travaillaient des centaines de femmes et d’hommes. Tous les journaux, revues, magazines de la capitale, y arrivaient par palettes entières tout au long des nuits, des jours, toute la semaine.

La nuit, ça commençaient par les quotidiens les plus urgents, puis les hebdomadaires, puis les magazines mensuels. Les « bricarts » (les contre maitres) nous apportaient des palettes entières et nous étions chacun derrière des casiers allant à mi hauteur de notre taille à celles de nos bras levés.

Nous repartissions les différents type de journaux dans ces casiers et de l’autre côté des casiers des femmes les saisissaient selon des carnets de commande, les triaient, les assemblaient en petits et moyens paquets, les étiquetaient en adresses de librairies, de « maisons de la presse » de tout le pays, puis ils partaient sur un tapis roulant, se faisaient plastifier en bout de chaine, et reprendre en charge dans une noria de camionnettes qui partaient aussitôt.

Le travail était sexué : avec les serpettes, les hommes découpaient les palettes et « bourraient » les casiers de façon à ce que les femmes ne soient jamais en manque et ne ralentissent jamais. Le contremaître, lorsque nous tardions à approvisionner  les casiers, venait nous relancer : « - Traînes pas, bourres ta femme ».

Il y avait 90 % de femmes et 10 % d’hommes dans le gigantesque atelier. Tous les contremaîtres étaient des hommes. Le travail était organisé de façon sexiste à l’avantage de hommes et au détriment des femmes. Le boulot des hommes était censé « soulever des poids » et répartir des kilos de papier, il était aussi plus espacé : quand les casiers étaient pleins les hommes attendaient assis, les femmes étaient toujours debout, triaient des petits tas de magazines mais n’arrêtaient jamais.

Le boulot sexué se répercutait dans tous les sens car les femmes plaisantaient comme des charretiers contre les hommes : «  - T’as amené tes joyeuses ce soir ? » « - Tu nous les montres »  «  - Bon, cette nuit, on fait un concours de culs ronds et de culs plats »    «  - Ah, celui-là il a le cul plat » «  Le mien, il a un cul rond ! ». Et un homme qui traversait l’atelier, se voyait mettre la main au cul pour « tâter ». «  - Je l’ai tâté celui-là, c’est du bon bien rond. »

Moi, je « bourrais » les casiers au maximum pour pouvoir lire entre temps la presse que j’avais ainsi dans les mains. Chaque nuit, j’avais toutes les informations, je lisais tout, je partis même avec des journaux, et me trouvais ainsi plus informé que les autres quand j’arrivais au bureau politique de la LCR auquel je participais toujours. Il n’y avait pas internet, pas de téléphones portables, c’est au cours de ces nuits-là que je me cultivais, sur les révolutions nicaraguayenne, iranienne, l’intervention russe en Afghanistan, les grandes grèves de la métallurgie, les dernières années de Giscard. Finalement, de ce point de vue, ce me fut un boulot utile.

Mais les nuits à Mac Donald étaient longues :  il y avait une énorme horloge dans le grand hangar, on la voyait de partout. Je me rappelle que les heures étaient interminables. De 9 h à minuit, les aiguilles ne semblaient jamais bouger. La grosse aiguille ne remontait pas, on aurait dit qu’elle était lestée de plomb. De minuit à quatre heures, la même grosse aiguille semblait ne pas vouloir redescendre, le mécanisme semblait l’avoir bloqué. N’importe comment quand je la regardais, avec attention, à la dérobée, subrepticement ou longuement, cette grosse aiguille me décevait toujours.

A quatre heures du matin, il y a avait une pause repas d’une demie heure. Qu’on ait faim ou pas, tout le monde se précipitait,  les hommes mangeaient avec les hommes, les femmes avec les femmes. Les hommes buvaient des bières Pelforth, les femmes du Muscat. C’était à qui allait en boire le plus, parce que ça aidait à faire passer le temps restant plus vite,  de 4 h 30 à 6 h. Ensuite on était des zombies, plus personne ne se parlait, le travail ralentissait, puis on courait tous, épuisés, vers le premier métro ou le premier bus.

Dans la bouche de métro de la Porte d’Aubervilliers, j’arrivais devant les grilles encore fermées. On étaient des dizaines dans le noir à attendre leur ouverture. Quand c’était l’heure on se précipitait dans les rames, mais les lumières étaient encore éteintes, alors chacun s’asseyait et commençait à somnoler. Et puis il y avait le signal sonore et les lumières s’allumaient brutalement, secouant les corps, les têtes se redressant tant bien que mal. Généralement les femmes étaient plus dignes et plus belles que les hommes, elles s’étaient remaquillées fièrement par-dessus leurs fatigues tandis que la barbe des hommes les rendaient gris et hâves.

Une fois que j’étais de jour, il y eut une grève…  de femmes. Pour une dispute avec un contremaitre, les femmes avaient fait une assemblée et décidé d’arrêter. Les hommes immobiles étaient restés à leurs places quasi tétanisés ou gênés. « - Qu’est ce qu’ils vont faire ? » demanda une des femmes leader.

Je me sentais mal à l’aise, mais je quittais mon poste et je marchais vers elles. «  - Y’en a un qui se décide mais les autres ? » Les autres hésitaient mais ne bougèrent pas, ce qui me mit davantage mal à l’aise, isolé, j’eus peur d’être démagogique, je fis quelques pas en arrière pour aller rechercher des collègues et les entrainer. «  - Ah tu vois, il recule, y’a rien à attendre des mecs ».

Une grève de femmes contre les hommes. Tous et toutes travaillaient dans le même syndicat. C’était tendu et violent. Je décidai de retourner vers elles. Un bricart vint leur crier d’un ton agressif de se remettre au travail, elles refusèrent en l’insultant. Toute la presse du jour était bloquée et évidemment la direction du dépôt vint enfin proposer de négocier. Je n’ai pas su ce qui avait été conclu, à part « qu’elles avaient gagné ce qu’elles voulaient » me dit un des contremaîtres avec un accent de mépris.

J’ai vécu ainsi pendant deux ans, Léa avait un an et une petite Emma était apparue, jusqu'à ce que je redevienne majoritaire dans la LCR en 1979 (thèses T4, congrès de Saint-Gratien) et que les mêmes qui m’avaient « licencié » pour un simple courrier me demandent de redevenir « permanent »  au quotidien Rouge à temps plein. Pendant deux ans je n’avais jamais aussi bien gagné ma vie - bien plus que quand je deviendrais inspecteur du travail, même en fin de ma carrière. Permanent au Smic, je (re)diminuais par trois mon salaire et regrettais aussi, de ce point de vue, de n’être plus « ouvrier du livre ».

C’est beau, non, « ouvrier du Livre » ?

Je voulus garder ma serpette, pour je ne sais quelle raison, sans doute comme souvenir de ce monde disparu, mais elle s’est égarée.

Gérard Filoche (7 novembre 2020)

 

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PS :

1°)Jean-Michel Vallantin nous a quitté prématurément à l’âge de 60 ans, il savait chanter comme pas un, Gaston Montéhus et Aristide Bruant (notamment « La filoche » et « Les mains blanches »), la Commune n'est pas morte et le Chant des partisans, dans nos longues soirées fraternelles et nos nuits de libation, c’est à ce bon vieux camarade que je rends hommage ici et que je remercie encore de tout coeur.

2°) je n’en avais pas fini avec le Livre : quand je suis devenu, en 1982, contrôleur du travail à la formation professionnelle, j’ai eu l’occasion fortuite de visiter un organisme appelé « Coforma » et de rapporter en sa faveur auprès des commissions officielles de la Préfecture pour qu’il obtienne un agrément de formation, je sus alors qu’il s’agissait du syndicat CGT des correcteurs.

Je fus invité à un « célèbre Alla » du Livre, à Blanqui en l’honneur des « stages Rigoud », il y avait 400 personnes au moins, et les murs vibrèrent quand 10 puis 100 puis 400 crièrent « Alla … allaa… alaaaaaa  « A la santé du confrère qui nous régale aujourd’hui » ! »

3°) Et encore : après avoir passé le concours d’inspecteur du travail et suivi la formation à l’INT de Marcy l’Etoile près de Lyon, de 1985 à 1987, j’ai fait mon « stage » de deux mois à l’hiver 1986 au « Journal officiel ». C’était, peu le savent, une coopérative où les 900 salariés étaient syndiqués CGT, et n’avaient pas le droit de faire grève - sauf symboliquement. Ils avaient un Préfet spécial pour les contrôler. On en était encore aux « typos » en plomb et aux maquettes sur table avec filets. C’est là que j’ai rédigé un « mémoire » intitulé « Du plomb à l’électron ».  (Cf. archives INT)

 

 

 

 

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