Pétition aux députés qui débattent des perversions à l’université

Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs !

 

Le 4 juillet dernier, vous avez voté un « projet de loi de transformation de la fonction publique ». Il modifie à peine les procédures disciplinaires en cours à l’université. Il est encore en discussion.

1) Pour ceux et celles qui ont vécu le scandale de Paris-VII à titre de plaignants ; pour ceux et celles qui ont subi des harcèlements sexuels et moraux, des abus de pouvoir, des postes trafiqués en faveur des plus offrantes, les menaces et les silences complices des collègues, cette loi telle qu’elle vient d’être amendée ne règle rien. Elle ne fait qu’accorder une « assistance juridique » aux personnes considérées jusqu’à maintenant comme des « victimes », et non comme des « plaignantes » - de plein droit. Ces dernières ne portent pas plainte elles-mêmes : c’est laissé à la discrétion d’une hiérarchie trop souvent silencieuse. Ainsi à Paris VII pendant plus de 10 ans. Qui se satisfait d’un tel amendement ?

Aujourd’hui à Paris VII, après six mois d’enquête de l’IGAENR, les sanctions pleuvent. Mais elles sont anonymisées. À quoi servent les sanctions, si elles ne sont pas publiques ? Les abuseurs sont protégés par cette loi. Ils purgent leur peine en secret. Pendant ce temps là, les « victimes » continuent d’être humiliées et placardisées par des collègues complices, qui sont toujours en place. Quand les sanctionnés retournent à leurs postes, ils peuvent recommencer. Ils sont nommés à vie.

2) La hiérarchie des Mandarins actuellement en poste à l’université proteste contre cet amendement. Elle prétend qu’il déroge à la liberté juridique des Universités. Incroyable ! Comment se fait-il que les Universités soient au-dessus des lois ? Pourquoi leurs présidents promulguent-ils leurs propres décrets, leurs règlements en costume sur mesure, etc. ? Les Mandarins chinois écrivaient les décrets des Empereurs et ils formaient une caste à part. L’université française en est-elle encore là ?

Cette loi inique protège les abus.

  • Nous demandons : que les sanctions soient publiques !
  • Nous demandons : la fin du mandarinat ! Qu’aucun enseignant ne soit élu à vie, qu’il soit évalué sur son travail. Qu’il soit noté par les étudiants ;
  • Nous demandons la fin du paradis judiciaire des universités ! Qu’elles se plient à la loi commune !

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