Année de lucidité
2025 n’a pas été une année de compromis.
Elle a été une année de lucidité brutale.
Le monde poursuit sa chute : destruction organisée du vivant, marchandisation intégrale des existences, gouvernance hors-sol, mépris des peuples, confiscation de la parole. On appelle cela modernité pour éviter de nommer la régression.
L’agriculture paysanne agonise pendant que l’agro-industrie prospère.
Les pauvres sont sommés de se taire.
Les vieux d’effacer leurs traces.
Les jeunes de s’adapter à l’inacceptable.
Face à cela, je n’ai pas baissé la voix.
J’ai continué à marcher, écrire, dire.
À rappeler que le progrès sans humanité est une imposture.
À affirmer que les chemins de Compostelle mènent aussi aux chemins de militance.
À refuser la résignation, aujourd’hui la victoire la plus recherchée du pouvoir.
Mon corps a parfois flanché.
L’hospitalisation de Noël 2024 en est la trace.
Mais l’essentiel a tenu : la volonté de rester vivant, debout, et du côté du vivant.
Les livres ont circulé.
Réellement.
Le berger des mésanges bleues a dépassé les 4000 ventes.
Quatre mille lecteurs pour une parole paysanne, critique, enracinée.
Non pas un succès marchand, mais un signe de résistance.
Et Du chemin de Compostelle aux chemins de militance a démarré sur les chapeaux de roues.
Preuve qu’il existe une faim de sens, de cohérence, de paroles incarnées.
Preuve que marcher, penser, résister peuvent encore aller ensemble.
Ces livres ne sont pas des produits culturels.
Ce sont des actes politiques.
Des grains de sable dans la mécanique du consentement.
Écrire, en 2025, est devenu une forme de désobéissance civile.
Et tant qu’il restera du souffle, je continuerai.
Parce que se taire serait consentir.
Vœux pour 2026 – Année de résistance
Pour 2026,
je ne souhaite ni croissance,
ni réussite,
ni adaptation à l’inacceptable.
Je souhaite du courage,
celui de dire non quand tout pousse à dire oui.
Je souhaite une colère juste,
celle qui protège la vie
au lieu de la sacrifier sur l’autel du profit.
Je souhaite des résistances locales,
enracinées, paysannes, humaines,
loin des slogans, près de la terre et des corps.
Je nous souhaite moins de technologies inutiles
et plus de liens réels.
Moins de discours creux
et plus d’actes assumés, risqués, incarnés.
Que 2026 soit l’année
où nous cesserons de demander la permission
pour défendre la dignité humaine,
la terre,
et l’avenir des enfants.
Ils peuvent gagner du temps.
Ils ne gagneront pas l’humanité.
Dans cette continuité de lutte et de parole libre,
mon nouveau livre, Le chant profond de la terre,
actuellement chez l’éditeur,
verra le jour aux alentours de Pâques.
Un chant de résistance,
né du sol, des chemins,
et de ce qui refuse de se taire.
BONNE ANNEE 2026.
Je vous invite à lire mes livres, mais à commander chez votre libraire indépendant et engagé, et surtout à refuser Amazon, fossoyeur des librairies et du lien humain.