Le slogan pervers : pour embaucher faut pouvoir débaucher

Ainsi, le Medef s’acharne à faire adopter le « licenciement sans motif » et l’UMP l’a repris à l’Assemblée nationale. Pour cela ils usent inlassablement du slogan pervers du père Gattaz : « pour nous permettre d’embaucher, il faut nous faciliter les licenciements ». 

Ainsi, le Medef s’acharne à faire adopter le « licenciement sans motif » et l’UMP l’a repris à l’Assemblée nationale. Pour cela ils usent inlassablement du slogan pervers du père Gattaz : « pour nous permettre d’embaucher, il faut nous faciliter les licenciements ». 

Et tous les zélotes reprennent l’évidence : « pour embaucher faut pouvoir débaucher ». Pour signer le contrat il faut être libre de le déchirer. Etrange quand même : avant de penser à la naissance du contrat il faut penser à sa mort. Ce qui occupe en premier chef le cerveau d’un patron, serait de se débarrasser demain de celui qu’il va salarier aujourd’hui. Il n’est pas intéressé par ce que celui-ci va produire ni sa qualification, il est obsédé par la procédure finale, la rapidité, le coût de la rupture de son contrat. Un patron ca n’a rien de positif dans la tête, genre « je vais garder longtemps un salarié » ni genre « mon carnet de commande impose que j’embauche ». Non, l’essentiel serait de ne plus être obligé d’envoyer une lettre, ni de convoquer le salarié les yeux dans les yeux, ni de motiver sa décision, et encore moins de payer des indemnités. Fini les licenciements humains, droit aux licenciements comme des chiens.

Plus question que le salarié fasse un recours devant le tribunal des prud’hommes  sous prétexte que le licenciement serait abusif ou sans cause réelle et sérieuse. Ca insécurise ! Les patrons sont risquophobes. Plus question d’entretien, de lettre motivée, toute poursuite pour abus de droit doit cesser. Licencier arbitrairement sans risque, voilà le saint Graal !  Le patron de droit divin doit pouvoir dire « dehors et je n’ai pas à dire pourquoi », le salarié doit obtempérer. Comme ça il sera davantage soumis n’est ce pas ? Laurence Parisot appelle cela « la séparabilité », elle dit « c’est comme un divorce » ! Et c’est toujours le même qui garde les meubles.

Finies la déclaration universelle des droits de l’homme de 48, la charte européenne de 99, la convention 158 de l’OIT, l’UMP et le Medef veulent supprimer l’obligation de motiver les licenciements et Macron prépare cela.

 

Sur Rfi : contrôler les licenciements, pas les faciliter

Par Frédéric Rivière

Diffusion : mardi 2 juin 2015

G.Filoche (PS)«Le droit du travail est un rempart contre le chômage de masse»

Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, militant syndical. RFI

Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, ancien inspecteur du travail, auteur du livre Vive l’entreprise? Le code du travail en danger, aux éditions Hugo & cie (mars 2015) est l’invité du matin sur RFI. Il commente au micro de Frédéric Rivière  les chiffres du chômage, la loi sur le dialogue social et les négociations avec les partenaires sociaux.

« Vive le droit du travail, c’est l’indice du degré d’évolution d’une civilisation, la seule condition pour nous sauver du chômage de masse. »

« Les grandes entreprises font de plus en plus de dividendes mais elles préfèrent les placer dans les Iles Caïman plutôt que d’embaucher ; spéculer rapporte plus que l’emploi , tant que c’est comme ça elles ne se privent pas »

« Il faudrait que notre gouvernement de gauche prenne des mesures et les mesures ce n’est pas de faciliter les licenciements, c’est de contrôler les licenciements »

Gérard Filoche est favorable à l’autorisation préalable de licenciement: « Il faut que l’Etat ait les moyens de contraintes et pas de gentillesses à l’égard d’employeurs... »

« Pourquoi en arrive-t-on à ce paradoxe? On va protéger le licencieur et non plus le licencié. C’est incroyable! Ca fait 70 ans qu’il y a un droit de licenciement dans le pays et on est en train de le casser. La loi Macron prévoit même article 103 que quand les syndicats gagneront au tribunal administratif contre un plan social malvenu, boursier, ça n’aura aucune incidence pour les salariés concernés ni pour leur réintégration, ni pour leurs indemnités. »

« Si on va dans le sens de la dérégulation, chaque fois on augmente le chômage ».

« C’est l’organisation, le partage et le droit du travail qui font qu’on peut avoir une société où tout le monde a une place. »

Gérard Filoche (PS): «Le droit du travail est un rempart contre le chômage de masse… par rfi

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