Le comble de l’anti socialisme : aidez les patrons à virer abusivement au plus bas prix

L’homme qui se paie un Falcon pour quitter le congrès de son parti et emmener ses enfants de Poitiers à Berlin pour 17 000 euros à un match de foot, ne recule plus devant rien : le voilà qui facilite les licenciements abusifs, sans cause réelle et sérieuse, boursiers, de façon à ce qu’ils coutent le moins cher possible aux patrons.

L’homme qui se paie un Falcon pour quitter le congrès de son parti et emmener ses enfants de Poitiers à Berlin pour 17 000 euros à un match de foot, ne recule plus devant rien : le voilà qui facilite les licenciements abusifs, sans cause réelle et sérieuse, boursiers, de façon à ce qu’ils coutent le moins cher possible aux patrons.

Et le candidat qui promettait de donner priorité à la jeunesse, la donne en effet : les jeunes auront le droit de faire trois CDD de suite au lieu de deux !

Tout cela facilitera précarité et chômage de masse : qui facilite les licenciements augmente le nombre de chômeurs mécaniquement, c’est vérifié avec certitude depuis trente ans. Qui assouplit les CDD fait reculer le CDI.

Avec Macron dont l’article 103 de son projet de loi scélérat prévoit que si un plan social est invalidé par les tribunaux, « cela n’a aucune incidence pour les salariés qui ne sont ni réintégrés ni indemnisés », on a une attaque brutale contre la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, contre la charte européenne des droits humains de 1999, contre la convention OIT n° 158. Car la protection des droits de l’homme prévoit que face à un licenciement, le salarié doit être informé du motif de son licenciement, avoir la capacité de se défendre, et pouvoir effectuer un recours afin d’obtenir réparation.

Le droit des humains doit prévaloir sur l’économie, et non pas l’inverse, cela fait un siècle qu’existe pour cela un Code du travail.

La délinquance patronale qui s’exerce le plus souvent par des licenciements abusifs et à la suite d’heures supplémentaires massives impayées, a désormais de beaux jours devant elle : elle est protégée par des barèmes, les juges ne pourront plus la sanctionner à la hauteur de la félonie commise et de la détresse qu’elle provoque sur les salariés ainsi jetés à la rue.

Valls et Macron ont épousé le point de vue du Medef : dans un licenciement, c’est le licencieur qu’il convient de protéger et non plus la victime. Ils choisissent de faciliter la débauche plutôt que l’embauche.

Et tout cela pour rien, c’est à dire seulement pour épouser le camp des patrons contre celui des salariés car chacun sait pertinemment que cela ne créera aucun emploi.

Il y a des limites à l’antisocialisme, à l’anti gauche, à la trahison des valeurs, à la provocation et à la soumission libérale, mais là Valls et ceux qui le cornaquent, les franchissent.

Ceux là même qui faisaient mine d’appeler à faire reculer la précarité, qui prétendaient, il y a encore deux ans, lors de l’ANI, puis de la loi Sapin du 14 juin, faire reculer les CDD courts, moyens et longs, en les taxant… et qui l’ont fait si mal que le nombre de CDD a explosé… les voilà qui choisissent maintenant de multiplier les CDD comme des petits pains ! Carrément !

Jeunes l’heure du CDI recule encore : les patrons vous faisaient marner – exprès - en CDD… là un champ supplémentaire s’offre à eux et votre précarité peut être prolongée : trois CDD au lieu de deux.

 

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