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Billet de blog 15 juin 2014

Un vieux néo-blairisme se lance à l’assaut du meilleur du Parti socialiste

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L'heure est à sauver le Parti socialiste contre les assauts de ses pires ennemis, les vieilles méthodes des néo-blairistes sont à l'œuvre

Incroyable, un premier ministre (de gauche) au pouvoir annonce que la « gauche peut mourir » ! Il précise, ce qui est inouï pour des français qui connaissent leur histoire et réfléchissent : « Elle n’a jamais été aussi faible depuis 1958 ».

Quoi, la gauche est majoritaire dans le pays, et le chef prétendu de cette majorité affirme qu’elle est sur le point de « mourir » ? Et remonte aux pires heures de 1958 ?

Alors qu’il y a 2 ans à peine, la gauche, le PS, dirigeait tout, les villes, les régions, les départements, l’assemblée, le Sénat, la présidence ?

Alors qu’elle détient encore la présidence, l’assemblée, les régions, les départements ? Alors que la droite est en totale déconfiture et gagne… en perdant des voix ?

Alors que l’extrême droite s’affiche en tête par défaut ?

Alors qu’électoralement, la gauche ne souffre que de l’abstention laquelle est due entièrement à ce qu’elle ne fait pas une politique de gauche ?

Si la gauche est menacée de mourir, c’est par sa faute ! A peine après 8 semaines d’exercice du gouvernement Valls, le FN était en tête ! Contrairement à ce qu’il prétend le Premier ministre en est responsable : en huit semaines, il n’a pas su, pas voulu,  corriger le désastre des municipales, ni la ligne politique qu’il l’a produit en décevant nos électeurs.

Au contraire, par ses déclarations ( « il est difficile de faire quelque chose pour les salariés ») il l’a confirmé et amplifié !

En s’inscrivant, de façon incroyable, dans le défaitisme, Valls sape les espoirs pourtant encore forts de la gauche. En faisant cela, et même en se proposant de faire plier les cheminots et les intermittents, il justifie l'austérité, imposée par la finance et les marchés.

En fait la raison n'est elle pas que le premier ministre lui même appelle de ses voeux à faire mourir cette gauche-là ? Cette vieille gauche, comme il l'appelle, lui, par antiphrase ?

Car il tient un langage sectaire et non pas rassembleur. Il est venu au Conseil national pour donner la leçon. Son discours était arrogant et fermé. Il a menacé les parlementaires qui ont le courage de vouloir continuer à représenter leurs électeurs : halte à la « re-parlementarisation à outrance » (sic) s’est il écrié dans une Ve République dans laquelle chacun le sait, le Parlement, hélas, ne compte pas

Médiapart analyse à juste titre cette offensive et raconte que le premier secrétaire est prêt à suivre cette attaque sans précédent :  (cf. article de Stéphane Alliés, 15 juin 2014) : « Quand on lui demande si nous sommes en train d’assister à la mue du parti socialiste français en New Labour à l’anglaise ou en Parti démocrate à l’italienne, Jean Christophe Cambadelis opine. « C’est à ce niveau-là qu’il faut se situer. Ce qui est en jeu, c’est un nouveau parti socialiste »  Il enfonce le clou : « La force propulsive du cycle d’Epinay est arrivé à son terme ». Et il invente un curieux "tripartisme" ou le FN devenant l'ennemi, l'UMP pourrait ne plus l'être.

Ceux qui n’écoutent pas ces mots à temps et ne les prennent pas au sérieux, se réveilleront quand il sera trop tard : politiquement défaits en rase campagne ! L’attaque est absolument explicite : «  Il nous faut nous réinscrire dans une réalité qui a changé. On veut pouvoir dire : “le socialisme moderne est arrivé”

Mais il n’y a rien de « moderne » bien sur là-dedans, que du très très vieux libéralisme ! Même pas du « social libéralisme » ! Du néo blairisme ! « Néo » cela ne veut pas dire « mieux » ou « moins » cela veut dire pire ! Et que ceux qui ignorent encore ce que cela veut dire se repenchent sur l’histoire du travaillisme et de sa prise en main par une aile droite qui ne voulait plus entendre parler des syndicats de son pays.

Le blairisme c’est une vieille vieille politique archi usée, qui a servi de carpette de la City et aux guerres de Bush, ce sera ici, celle de la BNP, des 500 familles, de la troïka UE FMI BCE,  de la finance rapace et attardée qui a mis à sac l’Europe et ses peuples, qui a détruit la Gréce, qui a nourri les extrêmes droites et la xénophobie anti européenne.

Cherchez, d’ailleurs dans le discours de Valls du 14 juin, il ne cherche même pas à masquer. Pas une concession à l’histoire du socialisme, pas une seule à Blum, à Jaurès ou à Mitterrand, pas une bribe d'empathie pour les luttes sociales. Pas une seule aux salariés qui produisent les richesses, seulement des hommages à ces « Entreprises » abstraitement déifiées avec un « E » » majuscule !

Tout ça pour justifier l’austérité à moins 50 milliards contre le peuple, la soumission à la finance, les 35 milliards sans contrepartie au Medef, 11,5 milliards en moins pour la Sécu, 11 milliards en moins pour les collectivités territoriales, l’affrontement avec les cheminots, avec les intermittents, même avec la réglementation pourtant minimaliste des chauffeurs de taxis. Tout ça pour justifier la non-amnistie des syndicalistes, la suppression des élections et la casse des prud’hommes, les ouvertures du dimanche, l’explosion des CDD, la facilitation des licenciements, le gel des seuils sociaux, la mise sous tutelle de l’inspection du travail, la baisse des indeminites accidents du travail et maladies professionnelles, le recul des retraites, le gel du smic et des salaires, le laisser faire des liquidateurs d’entreprises de Mittal à Alstom… et les signaux sont multiples dorénavant visibles jusque dans les détails, le pouvoir absolu des banquiers à l’Elysée, ou la nomination de Toubon en pseudo défenseur des droits

Tout cela pour mieux favoriser « l’acceptation par tous du cap fixé par le président de la République le 14 janvier dernier ». C’est une déclaration de guerre : en fait ce n’est pas la gauche qui est menacée de mort. C’est le Parti socialiste ! Et "les alliances invraisemblables à gauche" ?

Or le PS lui même n’est pas responsable de sa défaite de mars et de mai 2014, ce n’est pas la faute aux maires, ce n’est pas la faute à ses élus,  pas la faute à ses militants, c’est entièrement la faute à l’exécutif et à ses choix successifs et approfondis de ne pas respecter les promesses de mai juin 2012. Le rejet du PS est profond, sans précédent, mais en fait le parti lui même s’il était démocratiquement consulté serait massivement opposé à ce qui arrive, à ce qu’on lui fait subir du haut des institutions de la Ve République. Le projet du PS adopté en 2011 ce n’était pas ça, les programmes élaborés et votés en son sein, n’avaient rien à voir avec la politique libérale actuellement mis en oeuvre.

C’est ce qu’a répondu Jean-Marc Germain à Manuel Valls qui prétendait que, « dans l’opposition » le (vieux ?) PS (« incompétent ?) n’avait pas travaillé, ne s’était pas préparé : oui, nous avions un projet, oui nous savions comment faire une politique de gauche, ajoutant « Si au pouvoir on n’applique pas ce qu’on a pensé dans l’opposition, alors on le repense avec des hauts-fonctionnaires imprégnés par le monde de la finance ».

Résistance donc au Parti socialiste ! Résistance au groupe parlementaire socialiste ! Défense du parti socialiste de gauche, pluraliste, issu d’Epinay contre ces néo-blairistes désormais déclarés. Retour à l’unité de la gauche : « On ne pourra pas ressouder la gauche si la pratique du pouvoir est contraire à ce pourquoi on a été élu » déclare encore Jean Marc Germain.

Battre le collectif budgétaire (et le budget 2015) de Manuel Valls est donc vital. Jean Marc Germain et Laurent Baumel l’ont dit :  « Nous irons jusqu’au bout de nos amendements ». L’un d’eux sera t il le prochain Premier ministre ?  Car une majorité rouge rose verte qui a préparé ces amendements en commun existe et peut s’affirmer.  Il en sortira un gouvernement de gauche répondant aux aspirations de mai juin 2012 : c’est la seule issue, la seule chance pour répondre aux aspirations sociales et ne pas aller dans le mur aux prochaines élections.

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