Affaire Duhamel… De la morale au business!

Ils sont fils de ministres quand ils ne sont pas ministres eux-même. Ils sont éduqués tant par la qualité des écoles prestigieuses qu’ils ont du fréquenter que par leur monde où les codes du pouvoir de l’argent et de l’intellectualisme bourgeois cohabitent. Ils sont tout cela et pour autant ils se comportent comme si aucune morale aucun tabou ne leur étaient imposés.

Pour eux tout doit être permis. Tout leur est permis : L’aisance sociale, l’aisance financière. Leur naissance justifie leur position. Ils en jouissent outrageusement.  Pour certain, ce n’est pas encore assez. Il leur faut en plus la jouissance dominatrice des corps. Il leur faut toutes les jouissances même celles qui font partout ailleurs tabou. Et tous leurs amis, leurs relations, comme certains ministres du passé ou du présent n’ont jamais imaginé, jamais su ??? N’ont rien dit, rien laissé penser.
Aujourd’hui on pourrait croire que par la dénonciation d’un de ses membres les plus visibles, les plus brillants, le vernis unitaire de défense de classe se brise. L’omerta se fissure et la fameuse « parole se libère ».

Dans ces milieux la libération n’est pas faite de cris et de souffrance comme dans le menu peuple. Elle se fait culturellement, elle se livre, elle se fait livre. Elle se fait publier par une éditeur majeur, elle se fait distribuer,elle se fait promouvoir par le chœur des média qui au non d’ »information » ne sont que publicistes.

Cette soudaine souffrance de l’autrice émergeant au bout de ces années qui la provoque ? La victime ? Non la sœur de la victime. Belle fille de ministre et elle même fille de ministre. Que nous dit cette dénonciation couverte par la prescription. La perte des postes, des emplois ? pour un homme qui n’a même plus besoin d’activité sociale pour maintenir un train de vie qui sera toujours fastueux pour le plus grand nombre ?

Cette souffrance connaît son point d’orgue : une mission d’une heure, en première partie de soirée, sur une chaîne de télévision nationale. Elle se fait dans une émission littéraire, sous forme d’entrevue exclusive. Un animateur du service public se chargeant de donner à ce moment d’exhibition vulgaire tout le vernis du culturel la où il n’y a la que du sordide et de l’abject. Car ici point de littérature, juste un livre qui, on le sait, vendra.

Cette nouvelle « affaire » de mœurs participe-t-elle d’une prise de conscience générale de notre société des drames et de souffrances tus durant tant d’années ? N’est-elle pas – une nouvelle fois – l’affirmation que seuls les expressions conformes au modèle social dominant, soumises au sas médiatique, comptent. La compassion n’est réservée qu’aux membres des élites ?

Alors toute cette émotion projetée quelle est son but ? La justice ? Point, montrer que seule la qualité de l’expression des élites est audible et surtout... faire de l’argent.

JM Gerbeau

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