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Le « 4B », une réponse efficace ou impasse idéologique ?
Le mouvement féministe « 4B » né en Corée du Sud s’oppose à toute forme de relation sexuelle avec les hommes, affirmant vouloir déconstruire les dynamiques patriarcales. Mais peut-on réellement considérer cette posture comme une réponse aux problématiques de domination de genre ? Ce n’est pas un hasard si ce mouvement émerge dans des sociétés moralistes comme la Corée du nord ou les Etats Unis, où les prises de position réactionnaires sur la sexualité ont souvent façonné les débats publics.
Une rupture extrême
Le « 4B » repose sur quatre principes de refus explicite. bihon, le refus du mariage hétérosexuel, bisekseu, l’abandon des relations sexuelles avec les hommes, biyeonae, le refus de rechercher un partenaire romantique et bichulsan, refus de la reproduction. L’absence de sexualité et de relations y est érigée en valeur émancipatrice, présentée comme un moyen de reprendre le contrôle sur son corps et ses choix. Ce mouvement cible les symptômes des oppressions patriarcales mais il ne propose pas d’alternatives concrètes pour réinventer les relations ou transformer les structures de pouvoir. Sa réponse repose sur une posture de refus total.
La sexualité, valeur négative ou un espace à réinventer ?
Dans une partie du discours féministe radical la sexualité est perçue comme une source de domination et de danger. Bien que parfois fondée sur des expériences réelles de violences et d’inégalités, cette vision reste biaisée par une extreme généralisation qui voit les hommes commedes « agresseurs potentiels ». En Europe, et notamment en France, les récentes études montrent une réduction des relations sexuelles, accompagnée par une montée en puissance des industries érotiques : gadgets, littérature ou expériences numériques. Mais faut-il pour autant affirmer que l’émancipation et l’autonomie passent par une absence de sexualité ? Une vision qui divise plus qu’elle ne libère.