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Billet de blog 14 mars 2023

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Plusieurs féminismes

La scène médiatique a vu apparaitre une frange plus radicale du mouvement néo féministe revendiquant ouvertement un sentiment de mépris et d'hostilité à l'égard des hommes. Mais comme l’a bien montré Bibia Pavard, « il n’y a jamais eu dans l’histoire un féminisme unifié, mais des positionnements féministes antagonistes. »

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Pour féminisme on identifie un mouvement social et politique qui vise à obtenir l'égalité politique, économique et sociale des femmes. Il s'agit d'une lutte visant les systèmes de domination au sens large. Les sources du féminisme peuvent être trouvées dans de nombreuses traditions et mouvements sociaux et politiques. On retrouve certaines des racines les plus profondes du féminisme dans les mouvements de l'émancipation des femmes du 19ème siècle, tels que le mouvement suffragette en Angleterre et en Amérique, qui a lutté pour le droit de vote des femmes.

Le féminisme moderne s'est développé à partir des années 1960 et 1970, qui a abordé des questions telles que la discrimination sexuelle dans les milieux du travail et la violence domestique. Ce mouvement s'est appuyé sur les travaux de nombreuses femmes de couleur et de lesbiennes, qui ont critiqué les lacunes raciales et homophobes dans le féminisme de la deuxième vague.

Le féminisme se poursuit aujourd'hui dans de nombreuses formes, y compris le féminisme intersectionnel, qui reconnaît les formes multiples de domination, telles que le sexisme, le racisme, l'homophobie et la transphobie, et leur impact sur les femmes. Le féminisme se poursuit également à travers les luttes pour les droits des travailleuses, pour l'égalité salariale, pour l'autonomie reproductive et pour l'égalité des genres dans les milieux de travail, les familles et les relations personnelles. Aux années 2000 une révolution morale provenant des États-Unis marque une rupture. Les derniers combats féministes ont permis à la parole de se libérer, de dénoncer les dérives, les silences, les violences, de mettre en évidence les inégalités de genre. La scène médiatique a vu pour autant vu apparaitre une frange plus radicale de ce mouvement revendiquant ouvertement un sentiment de mépris et d'hostilité à l'égard des hommes. Mais comme l’a bien montré Bibia Pavard, « il n’y a jamais eu dans l’histoire un féminisme unifié, mais des positionnements féministes antagonistes. » Les bons principes du départ se sont retournés dans la vision d’une société totalitaire qui n’admet pas d’opposition. De la lutte pour l’égalité sociale le féminisme s’empare d’une lutte morale et moralisante qui voudrait encadrer pratiques sexuelles, modes et postures des autres femmes. A Rennes, on lit dans la presse, des cours non genrées pour plus d’égalité et de mixité ». Dans ce collège, « l’espace récréatif ne peut plus se résumer à un grand terrain de foot bitumé avec les garçons qui jouent au milieu et les filles qui jouent autour, cette époque est révolue », estime la maire de la ville. Mais en si faisant on ne produit pas, encore une fois, le cliché machiste qui suppose que le foot est un sport pour garçon uniquement ? Certains considèrent que le féminisme a souvent ignoré ou minimisé les expériences de discrimination et de violence envers les personnes LGBTQIA+ et a fait passer les intérêts des femmes hétérosexuelles avant les intérêts des personnes LGBTQIA+.

Là la partie la plus extrême du mouvement arborant des valeurs exacerbées, elles se trouvent enfermées uniquement dans la théorie. Cette liberté de la femme ne s’applique pas, par exemple au sujet de la GPA[1], où le droit de la femme de disposer de son corps et d’avoir seule un regard sur celui-ci se voit limité. A cet égard, de nombreuses féministes ont demandé « aux Nations unies l’abolition du recours aux mères porteuses sur le même modèle que l’abolition de l’esclavage »[2]. Pour certaines d’entre-elles, le véritable sujet concerne l’exploitation du corps de la femme, sa marchandisation. Quid de la prostitution dans ces débats ? Contrairement aux idées reçues, être féministe et non abolitionniste ne s’avèrent pas incompatibles[3]. Dans ce mélange hétéroclite d’autres mouvements comme par exemple la Fédération des femmes du Québec (FFQ) milite pour une dépénalisation de la prostitution et une « capacité d’agir et de consentir à des activités de prostitution ». Il convient de relever d’ailleurs, que la prostitution intéresse et touche autant les femmes que les hommes.[4]

[1] En 2019, 66% de français se montrent favorables à la GPA pour les couple hétérosexuels et homosexuels.[2]https://information.tv5monde.com/terriennes/gpa-les-associations-feministes-protestent-contre-une-future-reconnaissance

[3] Référence au titre d’un article paru dans Slate et dans lesquelles les deux féministes belges expliquent les raisons : « Contrairement aux abolitionnistes qui considèrent que la violence est inhérente à la prostitution, les non abolitionnistes considèrent que la violence que subissent les prostituées est liée à leur situation ». Autrement dit, la promiscuité et non la prostitution en tant que telle, se trouve à l’origine de la violence.[4] Kraus François., art. cit.

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