Pétition contre les licenciements boursiers et pour un salaire à vie

Contre les licenciements boursiers réalisés malgré les bénéfices? Contre le chantage au chômage? Marre d'un travail dangereux? 4 mesures phares pour rendre aux salariés la maitrise de leur outil de travail, 4 mesures pour VOUS sortir tous de la crise (mise à jour)

 Forçons nos candidats à adopter des lois qui NOUS sont fondamentales et vont rendre sa gloire à la France. Faisons circuler les idées.

Lois: Pour toute grande entreprise procédant à des licenciements économiques ou une délocalisation, remise d’un pouvoir de décision majeur aux salariés puisqu'ils sont les principaux intéressés et les producteurs. Donc aucune fuite des machines-outils.
Peur de la fuite des financeurs? Une cotisation auprès des entreprises, qui leur est rendue sous forme de subventions pour l'investissement, prise sur les dividendes des actionnaires, saine car sans speculation, sans taux d'intérêt, qui leur évite de s'endetter pour investir.
Le salaire garanti à vie pour tous. Payé à 100% par une caisse de type Sécurité Sociale (ce qui existe déjà car presque la moitié du salaire brut est déjà prélevé par cotisation et redistribué à tous sous forme de retraite, assurance maladie ou chômage), gérée par les salariés ou les partenaires sociaux, indépendante de l'Etat. Le salaire ne sera plus payé directement par les employeurs, qui verseront en échange une cotisation-salaires, ce qui élimine le chantage au chômage. Pour retrouver la dignité au travail, sans peur.

Arguments:

 

Comment se libérer de la spéculation qui licencie malgré les bénéfices? Sans tomber dans les erreurs de l'économie soviétique.
La crise de 2007-08 des titres pourris (subprime), la plus grave depuis celle de 1929, a créé des millions de chômeurs et de dette publique, mais n'a pas suffi aux experts libéraux pour réviser leur thèse. Au contraire, plus il y a dette, plus ils la renforcent en étouffant l'économie.

Je vous propose une pétition inspirée en partie des travaux d'un génie de l'économie, Bernard Friot,  spécialiste des questions de Sécurité Sociale, auteur d'un concept innovant débarrassé de la gangréneuse recherche absolue du profit, et dont les sources puisent dans un fonctionnement qui depuis 70 ans est une brillante réussite et que le monde nous envie: la Sécurité Sociale française.
Tout existe déjà: nous n'avons qu'à étendre le concept pour résoudre notre crise économique. Incroyable?

1/ Aujourd'hui de nombreuses entreprises licencient par centaines, ferment ou sont délocalisées alors qu'elles sont rentables (ex: Goodyear, Fralib, les Conti, Samsonite...) voire très rentables, lorsqu'elles font partie du CAC 40 (ex: Sanofi, EADS...).
Comment éviter ces fermetures et licenciements abusifs?


Dans toute entreprise défaillante de plus de 50 salariés, s'apprêtant à des licenciements économiques ou une délocalisation, le pouvoir de décision sera remis pour majeure partie aux salariés eux-mêmes, puisqu'ils sont les principaux intéressés et les producteurs.

 

Favoriser par décision de justice la transformation d'une entreprise en Scop, donc la copropriété de l’entreprise par tous ses salariés, est ainsi une des possibilités[1]. Donner aux salariés une place majeure dans les conseils d'administration des sociétés privées en est une autre. Que les voyous s'en aillent, resteront les machines, les emplois et les sociétés[2]. Peur de la fuite des financeurs ? voir 2/ ci-dessous.

SANOFI, premiere entreprise du médicament en Europe, deuxieme dans le monde en terme de bénéfices, qui en a réalisé 4 milliards l’an dernier, annonçait le licenciement cette année d’environ 600 personnes en France malgré de bonnes prévisions.

Il y a 2 ans, malgré une santé tonitruante, un carnet de commandes plein, une augmentation de plus de 80% de sa valeur en bourse, EADS (groupe AIRBUS) annonçait la suppression de 5800 postes en Europe, dont 1000 en France.


Les dividendes versés aux actionnaires ne pourront plus être supérieurs aux bénéfices de l'entreprise.


Or c'est ce qui a cours aujourd'hui dans de nombreuses multinationales : Mittal, Accord, Orange... Même lorsqu'elles présentent un déficit, leurs actionnaires ponctionnent chaque année plusieurs centaines de millions d'euros[3].

On nous parle de « coût du travail ». Car cela leur coûte, que des gens travaillent pour eux. Le salarié est donc une « charge » pour l’entreprise. Mais nous parle-t-on du coût du profit ?[4]

 

 

2/ Est créée une cotisation obligatoire des entreprises,

 rendue sous forme de subventions à l'investissement,

 qui leur évite d’emprunter

 

Cette cotisation est gérée par une caisse publique (banque ou caisse d'investissement) dirigée par les partenaires sociaux, indépendante de l’Etat. Ainsi cet argent produit par le travail des salariés n'échappe-t-il plus à la collectivité en s'évaporant pour une grande part dans la financiarisation et la fortune insensée de quelques-uns. Il est géré par la collectivité. L'investissement ne nécessite plus le crédit, avec son cortège de taux d'intérêt et donc de spéculation, cette perte sèche.[5]

C'est ainsi qu'ont pu être créés les hôpitaux.
Si les collèges et lycées ont également été construits, ce n'est pas essentiellement par le biais des marchés de capitaux mais par l'impôt, forme particulière de cotisation. De même des inventions majeures, comme internet, ou le TGV, sont-elles le fruit de recherches publiques, financées par l'impôt, avant d'être récupérées par le privé. L'innovation n'a donc aucun besoin de promesse de fortune, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire.
L'investissement sera donc financé par cotisation, comme aujourd’hui pour l’assurance maladie, et s'il est opportun d'investir plus que le montant de cette cotisation, les caisses d'investissement donneront simplement plus de subventions, créant ainsi de la monnaie comme le font les banques aujourd'hui, mais sans crédit, donc sans spéculation, pour un coût moindre. L'argent donné en sus sera ensuite récupéré par cotisation lorsque les projets des entreprises auront été accomplis, créant une valeur supplémentaire, qui donnera lieu à autant de cotisation supplémentaire.

 


3/ Un salaire garanti à vie sera dû à tout Français,

 versé intégralement non plus par les employeurs

mais par une autre caisse publique indépendante de l’Etat.

 

Les employeurs sont ainsi débarrassés de la nécessité de verser des salaires, et comme on va le découvrir, de la prédation des actionnaires. En échange, les entreprises doivent une cotisation "salaires" à cette caisse, à taux unique, au prorata de la valeur ajoutée.

Ce principe existe déjà pour partie chez TOUS les salariés: en effet, 45 % du salaire brut est versé sous forme d'assurance maladie ou retraite, famille ou chômage, et prélevé sur les entreprises par une cotisation uniquement gérée par une caisse: la Sécurité Sociale. Il s'agit donc ici d'utiliser ce qui a déjà été inventé par nos aïeux lors de la libération de 1945, pour l'étendre à la totalité du salaire. Ceci peut paraitre déroutant _ ce qui nous déroute est ce à quoi nous ne sommes pas habitués _ mais il suffit de constater que ce système existe déjà en grande partie et fonctionne bien. Le déficit n’est dû qu’à une insuffisance de recettes, organisée[6] [7]. Pas de spéculation sur cette masse d’argent considérable. Et le salarié est libéré de la dépendance économique à son employeur.


4/ Ce salaire est inconditionnel, que l'on travaille ou non.

Son montant doit offrir les conditions d'une vie décente.

Il progresse en fonction des efforts et services rendus

 

Il débute par exemple dès l’âge de 18 ans à 1200 € nets mensuels (Bernard Friot propose même 1500 €), évolue en fonction de nombreux critères sur l’activité déjà effectuée dans les années précédentes _ diplômes et pénibilité des taches, capacité à produire, temps passé au travail (temps partiel / temps plein, nombre d’années au travail) _ jusqu'à un maximum de 6000 €. Il ne doit jamais régresser. A l’âge de la « retraite », il persiste sans décroitre, puisqu’il est attribué à vie. Les allocations chômage et RSA disparaissent bien sûr, de même que les indemnités journalières de maladie puisque le salaire est conservé.

Celui qui cesse de travailler ne voit plus augmenter son salaire mais le conserve en récompense des efforts déployés jusqu’alors.
Ainsi, si l'employeur est libéré de la nécessité de verser et négocier les salaires, le salarié, lui, échappe à l'aliénation à son employeur, à la peur de perdre la rémunération attachée à son emploi puisque son salaire est garanti à vie par la collectivité, à la nécessité de se contraindre à des postes pénibles ou dangereux, qu'il acceptera ou non d'exercer contre une évolution future de son salaire.

Cette évolution ne sera pas décidée par l'employeur ni au sein du milieu de travail du salarié, mais par un organisme public national indépendant des entreprises[8], un organisme lointain pour éviter tout copinage, selon de nombreux critères. Elle sera très progressive pour inciter toujours au travail.

Pour décider les gens à des travaux pénibles, les employeurs devront s’efforcer à des conditions intéressantes. Ainsi cette négociation donnera-t-elle enfin son juste prix au travail, et celui-ci assurément sera réalisé dans les meilleures conditions possibles pour que les salariés acceptent de l’effectuer[9].  Finie la surveillance et la pression permanente. Finis les travaux inutiles, écologiquement nuisibles, pour mettre en valeur du capital. Finis le Mediator, les boues rouges, les rejets de mercure et de PCB. Finis le chantage et la peur, et l'absurde. Alors, quel enthousiasme retrouvé dans la volonté de travailler, libéré financièrement, dans la dignité de son travail, et participant pleinement aux orientations de son entreprise.

Le salaire à vie, que l'on ne peut pas perdre et qui ne peut pas régresser existe déjà en France pour des millions de personnes: les fonctionnaires[10], qui ont une garantie de l’emploi, et les retraités[11]. Le système est donc en place et bien rodé depuis des décennies. Dira-t-on d’un enseignant qu’il ne produit rien (dans nos chères petites têtes)?[12] C'est ainsi que sont également payés les infirmières, les médecins et tout le personnel soignant dans les hôpitaux, qui "produisent de la santé". Voire en libéral, par le biais de la Sécurité Sociale, cotisation. Dans l'exemple précis du médecin généraliste que je suis, on voit qu'un professionnel INDÉPENDANT est rémunéré d'une certaine manière par le biais d'une cotisation. Je suis bien payé, je suis libre, je ne crains pas un licenciement, et je suis heureux de travailler dans ces conditions. Le système fonctionne déjà bel et bien ! Vous avez droit à la même condition.


Pourquoi un revenu de base sans condition de travail?
Le monde a évolué depuis l'invention de la roue.
De plus en plus les machines nous ont remplacés dans nombre de travaux pénibles, les pelles mécaniques et foreuses géantes font le travail que parvenaient à peine à accomplir jadis des centaines d'esclaves, et bien plus vite. Les ordinateurs ont remplacé les dactylo et quantité de secrétaires, avec plus d'efficacité. Ce progrès immense devait servir à tous, en allégeant les taches de l'humanité. Pour beaucoup, il est hélas capté par le très petit nombre qui possède ces machines et qui pourtant n'a pas le mérite de les avoir inventées, et le reste de la population dépend alors d'eux. De manière évidente, le minimum est de reverser à l'ensemble de la population une part décente de ce progrès humain.
Libéré de la contrainte de faire le serf pour pouvoir se nourrir, grâce à un revenu de base suffisant et versé sans aucune condition, l'individu peut laisser libre cours à ses aspirations, ses passions, se spécialiser dans un domaine qu'il affectionne particulièrement, et comme la plupart ont le besoin de partager avec autrui, il participera le plus souvent au bien commun, et la société n'en deviendra que plus riche car chacun pourra produire le meilleur de lui-même. Beaucoup d’entre nous ont le besoin de se sentir utile aux autres et veulent donc apporter leur contribution à la société par un travail, d’autant plus s’ils savent qu’ils vont travailler dans la dignité, sans peur, et participant réellement aux décisions. Nous n'irons plus au travail en trainant les pieds parce qu'on sait qu'on fait du sale boulot pour mettre en valeur le capital d'un actionnaire. Et nous
pourrons plus facilement changer d'emploi, de trajectoire professionnelle, selon nos désirs, car nous ne craindrons jamais pour notre salaire.

Quelques-uns se contenteront de se prélasser sans rien apporter à autrui, gardant un salaire de base. Libre à eux. Ils auront quand même leur part de ce qu'a apporté le progrès humain et qui est destiné à tous. C’est mieux qu’un actionnaire parasite qui garde les pleins pouvoirs tout en détruisant des emplois.

Ainsi disparaitra la misère, et notamment celle des malades chroniques et handicapés contraints de perdre leur travail et acculés aux minima sociaux. Ainsi reculera la délinquance.

Mais si certains ne travaillent plus, leur verser un salaire décent signifie que la cotisation de l'entreprise sera supérieure aux salaires qu'elle verse aujourd'hui. Réponse: les cotisations chômage existent déjà elles-aussi, et pour le supplément, l'entreprise bénéficiera d'une baisse obligatoire de versement de ses dividendes, voire de l'exonération d'une part de son endettement. Car en France l'ensemble des entreprises est 3 fois plus endetté que ne l'est l'Etat. Les banques et les actionnaires ont suffisamment pompé les richesses produites par le travail réel. Car aujourd’hui la rente rapporte bien plus que le travail.

Craindra-t-on une économie soviétique? Le marché des biens persiste, avec des prix fixés selon la loi de l'offre et de la demande. Le bien qui ne trouve pas preneur reste sanctionné. De même, le salarié qui sera licencié pour faute ou parce que l'entreprise périclite restera sanctionné, même s'il garde son salaire malgré cet échec. Et l'entreprise réellement défaillante aussi. L'économie conserve ainsi ses lois naturelles.



Cette masse d'argent qui sert à tous les salaires et à l'investissement, part majeure du PIB, échappera au monde de la finance et à tous ses désordres puisque ne sera gérée que par des caisses publiques, administrées par les citoyens eux-mêmes _ leurs représentants _ sans crédit et sans financiarisation. Ce système existe déjà en France pour la retraite et la maladie: c’est la Sécurité Sociale. Etendons-le.


Cette recherche permanente du profit maximum de la part des grands actionnaires, ceux qui possèdent en masse, ne peut actuellement que nous emmener au chaos: écologique, économique, et pour finir, par la misère qu'ils provoquent, par la haine qui nait de la misère, à l'affrontement des peuples et à la guerre. Pour éviter ces crises majeures qui secouent régulièrement l'humanité par la faute d'actionnaires, spéculateurs géants, il est impératif d'imposer des freins conséquents aux prédateurs et de trouver des solutions innovantes.
Cette proposition en est une. C'est à nous tous de lui permettre de naitre, c'est à nous d'en affiner les détails.
Elle ne prétend pas répondre d'emblée à toutes les questions qu'elle soulève. Exemples: quels seront les critères d'évolution du salaire? Quelle sera la composition des organismes décideurs? Comment rémunère-t-on les travailleurs étrangers? Etc.
Les affrontements idéologiques ne sont pas terminés, ni les conflits de classe. C'est par la délibération citoyenne, la participation de tous à la mise en œuvre de ce projet, que nous y répondrons.

Si par un tel système on offre à tous nos compatriotes les moyens financiers de la tranquillité d’esprit, si nous donnons enfin à notre économie un fonctionnement sain, si nous retrouvons le plaisir du travail, alors la France assurément deviendra un phare de l'humanité, et bien d'autres nations se rallieront à cette réussite, consolidant celle de la France.
Que cette prouesse soit la vôtre.

Gil Delhoume

Pétition à retrouver sur  Change.org: 

https://www.change.org/p/candidats-%C3%A0-la-pr%C3%A9sidentielle-contre-les-licenciements-boursiers-contre-le-chantage-au-ch%C3%B4mage-4-mesures-pour-vous?source_location=petitions_share_skip


Le salaire à vie (Bernard Friot), video de Usul

https://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw


Extraits de la conference pedagogique de Bernard Friot et d'Usul à propos de notre fonctionnement économique, et du salaire à vie, abordant même la question de la souveraineté nationale

https://www.youtube.com/watch?v=AVzfHPTfFEo

 

 

 


[1]C'est ce que réclament souvent les salariés lorsque survient la fermeture abusive de leur société, mais la justice généralement le leur refuse car cette loi n'existe pas. L'entreprise, même rentable, disparaît et ses emplois avec. Il existe près de 3000 Scop en France. Cette loi favorisera la transformation d'entreprises en coopératives où chaque salarié a un pouvoir de décision, et non plus les propriétaires lucratifs. Donc un véritable rôle politique, motivant pour le travail. Finie la désindustrialisation au profit des actionnaires.

 

[2]La propriété privée, d'usage, est légitime et nécessaire (sa ou ses maisons, voitures, ses outils de travail personnels...). Mais la propriété lucrative de l'outil de travail des salariés par un individu pose problème. Car ce droit de propriété lucrative peut enlever le droit au travail ou exploiter à outrance le travail des autres, jusqu'à les mettre éventuellement en danger. La force de travail est traitée comme une marchandise que l'on peut acheter et dont on peut se débarrasser sans complexe (ex: licenciements pour faire monter la valeur boursière de l'entreprise, même si elle est rentable). Cette marchandisation du travail vivant, des travailleurs eux-mêmes, est donc abusive. Les propriétaires de l'outil de travail, hormis le salaire qu'ils versent à leurs ouvriers, qui doit être le plus comprimé possible, sont les seuls à tirer un profit de ce que produisent leurs salariés. Il n'y a pas de partage. Le droit des propriétaires "lucratifs" de l'outil du travail est donc très nettement supérieur au droit au travail.

Si l'on réduisait la propriété lucrative de l'outil de travail dans les entreprises, avec ses taux d'intérêt et ses dividendes, il y aurait beaucoup moins de coût inutile pour l'entreprise. Elle peut fonctionner comme collectif de travail, dirigé uniquement par les véritables producteurs de richesse. Exemple : les Scop.

 

[3]Au nom de la concurrence, les cadences imposées à ceux qui ont la force de travail doivent être maximales (ex: entrepôts des grands distributeurs, Amazon, etc.) pour un salaire le plus réduit possible, afin de maximiser la productivité. Mais la concurrence féroce n'explique pas pourquoi les propriétaires des multinationales, ceux qui possèdent l'outil de travail de leurs salariés, en tirent un profit très important. Il n'y a pas pour eux de réduction des dividendes sous prétexte de concurrence, alors qu'il y a compression des salaires et des droits du travail au nom de cette concurrence.

Puis, gelant les salaires, ils nous contraignent à nous endetter… auprès de leurs banques puisqu’il s’agit des mêmes actionnaires...

 

[4]Pour inciter les propriétaires de l’outil de travail à daigner accepter d'embaucher, on leur octroie en plus des aides à l'embauche, des subventions, des réductions de "charges salariales" (donc réduction du salaire brut): le salarié est donc une "charge". Et il faut baisser le "coût" du travail. 

 

[5] Bernard Friot propose que les entreprises conservent par exemple 15% de leur valeur ajoutée pour l’investissement qu’elles gèrent seules, et qu’une cotisation de 15% supplémentaires aillent aux caisses qui les redistribuent sous forme de subventions à l’investissement (financements de projets, créations d’entreprises…).

 

[6] La cotisation patronale n’a plus augmenté depuis plus de 30 ans alors que le taux de profit a progressé, la part des salaires dans la valeur ajoutée ayant diminué de 10% dans le même temps.

 

[7]Risquons-nous plus de déficit?
Le système de santé des USA dominé par les assurances privées   dépense plus de PIB que la Sécurité Sociale française ou que les systèmes européens financés par l'impôt. Car les assurances privées se rémunèrent grassement et ajoutent le prix de la spéculation puisque cotées en bourse.

 

[8] Cette caisse sera gérée par les partenaires sociaux, voire les salariés eux-mêmes.

En effet, pendant les 15 premières années de la Sécurité Sociale, elle était gérée par les élus émanant des entreprises, dont les 3/4 représentaient les salariés, ceux du patronat n'occupaient qu'1/4 des sièges. Il s'agissait donc d'une forme d'autogestion par les salariés eux-mêmes de sommes équivalentes au budget de l'Etat ! Les conseils d'administrations décidaient, élisaient leurs directeurs. De Gaulle a effacé toute cette démocratie sociale en 1967 en supprimant ces élections et rendant les directeurs autonomes des CA, et donnant au patronat une place majeure dans la gestion de la Sécurité Sociale.

 

[9]Certains emplois très pénibles mais indispensables ne seront-ils pas délaissés?
On peut les récompenser par une meilleure progression dans la grille du salaire à vie, on peut aussi organiser un turn-over civique.
Aujourd'hui le caractère très pénible de certains emplois est également lié au fait que le salarié ne décide pas de ce qu'il produit, il continue de le faire même s'il considère que c'est inutile ou néfaste. Le temps qu'il passe au travail et les conditions de son emploi peuvent aussi lui devenir insupportables. Un poste de travail qui cause un cancer mortel à son salarié devrait-il être maintenu dans les mêmes conditions ? Pourquoi les salariés n’auraient-ils pas le droit d’en maitriser les conditions ?  Ils travaillent souvent dans la crainte de leurs supérieurs, avec une pression permanente. Et cela n'est en général pas reconnu par une progression du salaire. Toutes choses qui changeraient fondamentalement dans un salaire garanti à vie tel que proposé ici.

 

[10]Les fonctionnaires ont un salaire selon leur grade, donc leur niveau de responsabilité, attaché donc à leur personne et non à leur poste de travail qui peut changer, et ce salaire ne peut pas régresser. Et lorsqu'ils partent en retraite, ils ont depuis une loi de 1853 une "poursuite de leur traitement" jusqu'à leur mort, qui est donc un salaire à vie, celui de leur fin de carrière, alors qu'ils ne sont plus à l'emploi. Il ne s'agit pas d'un revenu différé, dû à leur prévoyance, leur épargne comme pour les retraités du privé, mais bien d'une poursuite de leur salaire.

 

[11]Un retraité travaille-t-il?
Un retraité qui fait du bénévolat dans une association est-il moins utile à la société qu'un trader en bourse? Ou qu’un salarié travaillant à rejeter de la dioxine, du mercure ou des PCB dans la mer ou l’air que nous respirons ?

[12]Le vocabulaire usuel des libéraux emploie le mot de production pour les entreprises privées mais pas pour les fonctionnaires. Selon eux, un fonctionnaire ne produit pas, encore moins un retraité même s'il effectue un travail dans le cadre du bénévolat.
Pourtant une secrétaire n’effectue-t-elle pas le même travail dans le public et dans le privé? Dans un cas elle produit, dans l'autre elle est de la "dépense" publique ! Cette définition du travail productif est simplement politique. Chacun en vérité produit avec son travail.

Concernant les enseignants,  les sciences apprises en classe, entre autres, ne serviront-elles pas _ certes plus tard _ à produire des biens ou services de haut niveau, de forte valeur économique ? Bien sûr ils ne produisent pas eux-mêmes de marchandises, mais ils sont indispensables à ceux qui en produisent, tout comme les policiers, qui en assurent la sécurité, et les autres fonctionnaires, et participent donc tout autant à la production.
La cotisation ou l'impôt ne sont donc pas des ponctions parasites sur la valeur ajoutée des entreprises, mais financent en grande partie les salaires de "producteurs publics" utiles à tous, comme les soignants et enseignants. Par contre, les assurances privées ont une activité de parasite en spéculant et dilapidant en bourse. Qui est le plus utile, le plus productif? Le moins cher (cf note 7) ? L'actionnaire qui financiarise ou l'enseignant?
La cotisation ou la bourse?

 

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