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Billet de blog 18 juin 2015

L'impasse sociale démocrate

GILBERT HAFFNER
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 L’impasse sociale-démocrate

La sociale démocratie arrive aujourd'hui en bout de course; elle fut révolutionnaire, puis réformiste; elle est devenue l'ombre d'elle-même. Là où le mot socialisme fait encore peur aux gens de droite "bien-pensants" qui l'assimilent un peu trop vite au stalinisme, la social démocratie fait honte à tous ceux, gens d'une gauche de combat qui ne se reconnaissent pas dans les aberrations droitières d'un président de la République qui fut premier secrétaire d'un parti qui se disait encore faussement "socialiste". Le seul fait qu'un Papandréou, fossoyeur de l'idée même de socialisme dans son pays, grand commis du capitalisme éhonté, puisse être encore président d'un Internationale Socialiste qui a depuis longtemps perdue son âme, montre bien la triste réalité de la sociale démocratie actuelle. Remonter aux sources de ce grand mouvement politique pour mieux le débarrasser de ses scories malodorantes et espérer à nouveau en une transformation radicale de la société, voilà l'enjeu que, peut-être, un nouveau mouvement venu de l'autre côté des Pyrénées, dénommé "Podemos" (Nous pouvons) porte en lui et nous redonne l'envie d'en découdre avec ceux qui privilégient le capital au détriment de l'humain.

Rappelons-nous !

Encore un glissement sémantique ! Il est vrai que nous sommes habitués depuis des années à découvrir des modifications de sens surtout dans les domaines politiques, économiques ou sociaux. C’est devenu une telle habitude que peu de gens relèvent ces tromperies, car il s’agit bien la plupart du temps de tromperies, de sens galvaudé ou transformé pour berner le citoyen. De « l’Etat-providence » en lieu et place de « l’Etat social de droit » aux cotisations patronales maquillées en « charges sociales » en passant par la simple transformation du capitalisme en libéralisme, plus présentable et plus mensonger par sa référence à la liberté, nous avons le choix des termes nés de la publicité des idéologues capitalistes et de leurs pas reconnaissants, des experts jusqu’à certain type de journalistes. Mais ici, le glissement sémantique est un peu différent, car il s’est imposé peu à peu à partir de la mutation droitière de la sociale démocratie. Le glissement est encore plus grave car il a vidé de sa substance une notion phare de la libération et de l’émancipation des peuples.

Pour bien comprendre l’actualité et ses approximations, il convient parfois de revenir, ne serait-ce qu’incidemment, aux sources. La social-démocratie est d’abord, comme son frère aîné le socialisme, une conséquence de l’industrialisation, de la prépondérance du capitalisme moderne naissant et des luttes sociales qui vont se développer tout au long du XIXème siècle pour libérer la classe laborieuse du joug insupportable qui lui est imposé. Quelques dates permettront de fixer les contours de l’émergence de l’une et de l’autre. Si le terme « socialisme » apparaît, selon toute vraisemblance avec la révolution française de 1830, il se concrétisera dès la révolte des canuts, qui va s’étaler de 1831 à 1848, traversant ainsi deux monarchies et un début de république. Mouvement social très significatif du décalage entre la situation de l’homme au travail désolante et permanente avec des régimes politiques différents, sourds jusqu’à l’indifférence aux cris de leur peuple. En aval de cette révolte exemplaire, d’autres soulèvements ouvriers vont amener à une prise de conscience intellectuelle et morale déjà engagée par ceux que l’on nommera plus tard les « socialistes utopiques », les futurs anarchistes et humanistes Proudhon et Bakounine, et bien sûr les futures figures tutélaires du mouvement ouvrier et  socialiste que sont Marx, Engels et Trotski, suivis par les politiciens les plus progressistes du moment. Nous pouvons dire que la social-démocratie est née en Allemagne au détour du milieu du XIXème siècle, se réclamant d’une certaine « démocratie sociale » et d’une certaine idée du socialisme s’inspirant tout simplement du Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels. Á une époque où lutte sociale et lutte politique étaient largement confondues, la social-démocratie naissante luttait déjà contre l’exploitation capitaliste, préconisait une société sans classe et appelait l’avènement du socialisme dans cette utopie dénommée « l’Etat de l’avenir ». Rappelons que Lénine fut membre du « Parti ouvrier social-démocrate ». Certes en Allemagne, dès le départ, deux conceptions du devenir social cohabitaient dans le mouvement social-démocrate : celle, marxiste appelant au renversement des institutions politiques et sociales du système capitaliste (Rosa Luxemburg et Karl Kautsky) et l’autre connue comme « la longue marche à travers les institutions », partisane de la négociation pas à pas pour obtenir des conquêtes sociales et politiques (ce qui mènera du révisionnisme d’Edouard Bernstein encore acceptable au réformisme prêt à la collaboration de classe).

La guerre de 14/18 et la révolution d’octobre vont précipiter le cours de la transformation entamée quelques décennies auparavant. De la Ière Internationale d’inspiration marxiste (1864) à la IIIème fondée par Lénine (Kominterm) en 1919, il y eut la parenthèse très socialiste (social-démocrate ??) de la IIème  Internationale fondée par Engels en 1889. Peut-on parler de l’âge d’or de la social-démocratie en ces temps-là ? Ou doit-on aller plus avant dans le temps pour apprécier le début de discrédit définitif dont elle souffre aujourd’hui. Car il s’agit bien d’un discrédit, voire d’une trahison de la classe ouvrière et plus amplement du peuple le plus défavorisé dans le système d’injustice institutionnalisé par le capitalisme et ses affidés. Rappelons quand même que la social démocratie « révolutionnaire » subsista dans sa théorie de collectivisation et appropriation des moyens de production et d’échange, quoique les politiques associées fussent de plus en plus discordantes, jusqu’aux lendemains de la 2ème guerre mondiale. Le premier divorce patent fut consommé par le SPD allemand lors de son fameux congrès de Bad Godesberg en 1959. Ce jour-là, les partis sociaux démocrates européens entraient, sans le savoir tous consciemment, dans la spirale capitaliste de l’acceptation et de la défense de la concurrence libre et de la propriété privée des moyens de production. Les socialistes français et italiens vont traîner les pieds pendant quelque temps, souvent pour des motifs électoralistes (cf. François Mitterrand entre le congrès « marxiste » d’Epinay de 1971 et le « tournant de la rigueur » de 1983), pour mieux se fondre ensuite dans la nouvelle idéologie à la mode et enterrer à jamais la conception vraiment socialiste de la première social-démocratie. Aujourd’hui, même les plus naïfs ne sont plus dupes d’un renversement idéologique majeur responsable en partie de la dégradation constante des conditions de vie des citoyens les moins favorisés et de son corollaire d’enrichissement considérable de la classe la plus riche. C’est là où la vieille gauche républicaine, laïque et humaniste se marie en grandes pompes avec la droite la plus conservatrice et le monde de la finance internationale. Les dernières nouvelles en la matière ne sont guère réjouissantes : elles nous viennent des compères en centrisme indéfini François Bayrou et Jean-Louis Borloo qui se réjouissent en ces termes de la conférence de presse du président de la République du 14 janvier 2014 : « C’est la clôture de l’acte ouvert en 1971 avec l’Union de la Gauche. Le président de la République a prononcé les mots tabous de social-démocratie, cela a une signification très importante. Il s’est passé la première secousse d’un tremblement de terre ». La messe est dite, mais la responsabilité de ceux-là qui furent nos camarades risque de se prolonger jusqu’à l’installation, cette fois néfaste et mortifère, d’une extrême droite aux aguets.

Alors que dire et que faire ?

Que dire ? Expliquer, expliquer, développer, convaincre.

Il semblerait au premier abord qu’un simple retour aux sources de la social-démocratie nous garantisse un programme fort proche de ce que voulait réaliser l’écosocialisme, chère un temps au Parti de Gauche, aujourd’hui tombé dans l’oubli, avec peut-être une grande partie de l’écologie politique en dehors. Mais côté socialisme, nous pourrions parfaitement donner l’illusion d’un profond toilettage de l’idéologie en cause. Autrement dit, revenant au Manifeste du Parti Communiste, duquel nous changerions le nom et dans lequel nous ajouterions une bonne dose d’écologie, le tour serait joué de la présentation d’un projet de société tourné vers les masses laborieuses et actant la disparition du capitalisme comme instrument d’asservissement. Mais le tour n’est pas aussi simple à monter, pour plusieurs raisons.

D’abord, quoique la situation sociale actuelle fasse penser à celle des ouvriers du début de l’ère industrielle, resservir le même discours que celui diffusé plus de 160 ans auparavant serait une double erreur. Quelles que fussent les évolutions constatées dans la période, elles sont marquées par les différents temps de l’histoire politique du monde, et de ce fait nous ne retrouverons pas facilement les mêmes caractéristiques et les mêmes accroches qui produiraient les mêmes effets. L’histoire ne se reproduit jamais à l’identique ; seules subsistent quelques constantes qu’il convient de ne pas négliger. Et puis, la première cause de la naissance de la social-démocratie ou du socialisme qui est l’émergence de la lutte de la classe ouvrière contre le capitalisme, n’existe plus ou presque plus dans les pays dits « développés » ou autrement dit totalement gangrénés par le néolibéralisme. En effet, c’est l’existence même de cette classe prolétaire qui est en cause. Chaque jour se raréfient les usines dans nos pays au profit (et au détriment) de pays à main d’œuvre bon marché. Sauf à mener le combat du début du XIXème siècle dans ces pays, il est illusoire de penser à une mobilisation massive (des millions seulement en France) des ouvriers puisqu’ils n’existent pratiquement plus. Certes ils ont été remplacés en partie par des ouvriers de petites entreprises et plus majoritairement par des employés du secteur tertiaire, l’ensemble formant le nouveau prolétariat, alimenté quotidiennement par les « déclassés » de la classe moyenne. Aucune analyse sociologique quelque peu sérieuse ne saurait conclure à l’utilisation des mêmes outils ou références pour notre temps et pour l’ancien temps, les choses n’étant évidemment pas égales par ailleurs. Il convient peut-être alors de se poser la question du nouveau prolétariat, quitte à le nommer différemment et qui est en fait constitué d’une foule de nouveaux déclassés qui viennent s’ajouter aux millions de laissés pour compte plus anciens. Cette foule immense ne sait pas qu’elle existe ; ce n’est pas avec chacun devant son téléviseur que l’on peut compter sur une mobilisation de toutes ces victimes du capitalisme ; alors peut-être internet. !!!

Autre raison qui fait problème, comme on dit vulgairement : la disqualification impressionnante de la grande sphère « socialiste » dans laquelle la « communiste » occupe une place de choix dans l’accumulation de haine irraisonnée de nombre de nos concitoyens de droite et même d’une certaine gauche. Taire cette évidence serait pour le moins une erreur, voire une faute. Et dans la même sphère « socialiste », la social-démocratie, dans son évolution plus que droitière engendre le rejet voire le dégoût, cette fois dans les rangs d’une gauche véritable. Il est possible, avec beaucoup de pédagogie et de conviction, de réhabiliter le marxisme en le dissociant totalement du stalinisme dont il ne fut jamais l’inspirateur ; il est impossible de se réclamer de cette gauche-là et d’accepter la dérive totale de la social-démocratie, sauf à considérer que le capitalisme a une fois encore gagné la bataille idéologique pour mieux conforter sa victoire économique mondiale.

Il est bien sûr hors de question de seulement imaginer le moindre rapprochement avec cette nouvelle droite qui va de l’extrême à l’ancien socialisme dévoyé en passant par le centre marécageux de toujours.

Notre combat consiste à revendiquer notre filiation intellectuelle et morale avec le socialisme et l’écologie authentiques, et à appuyer ou à imposer, par le moyen d’un contre-pouvoir citoyen efficace, lui-même ancré dans le peuple du travail salarié, un programme politique qui reprenne les grandes idées et les grands projets laissés en jachère après le passage de l’ouragan néolibéral qui sévit en nos contrées depuis bientôt deux siècles, avec des résurgences force 10 ces dernières années dites « de crise ».

Que faire ? Surtout pas ce qu’ils font

Peut-être s’inspirer de ce que firent certains de nos aînés

Toujours lutter pour que l’être humain et l’intérêt général priment sur le vulgaire et le matériel.

Dans le cadre de « ce qu’ils firent » ou plutôt de « ce qu’ils voulurent », il serait judicieux de conserver dans la mémoire vive du contre-pouvoir citoyen, à titre de pense-bête utilisable en tout lieu de pouvoir et en tout temps où une quelconque atteinte aux droits de la personne ou aux valeurs de la république sociale est constatée, quelques principes intangibles.

Il pourrait s’agir des4 caractères fondamentaux d’un fondement socialiste inspiré de la conspiration des Egaux[1], nommé plus tard le « socialisme économique »:

  • l’égalisation : sans entrer dans les détails, et à l’identique de la liberté, voilà bien une valeur, l’égalité qui peut parfaitement se décréter et se sauvegarder. La vigilance doit s’organiser au sein du contre-pouvoir citoyen de telle sorte que tout manquement soit immédiatement combattu.
  • la collectivisation : c’est la sempiternelle appropriation des biens productifs (moyens de production, d’échange, de circulation, d’investissement, etc.) qui furent intégrés dans plusieurs doctrines et programmes. L’histoire nous ayant appris les possibles déviances de ce grand principe fondateur du socialisme, le contre-pouvoir citoyen doit agir en amont (demande de mise en œuvre accompagnée d’un contrôle citoyen indépendant) et en aval (contrôle constant de la bonne application).
  • la gestion démocratique de l’entreprise : c’est la fameuse introduction de la République à l’usine. Principe simple à mettre en place, à condition de le codifier à l’avance et de s’assurer ensuite qu’il n’est pas oublié.
  • la planification : le mot associé au plan soviétique fait encore peur aux âmes sensibles. Il convient d’abord de démystifier le concept ; il ne s’agit de rien moins que d’un calendrier de réalisation des grandes (et moins grandes) ambitions de l’Etat. Il est plus aisé de prévoir et de suivre attentivement la progression des actions que de laisser piloter le navire au gré du vent et des tempêtes. La planification écologique est un bon exemple de l’utilité d’une planification, les effets désastreux de la destruction de la biosphère par le capitalisme ne pouvant se réparer par la simple promulgation d’une loi ou d’un décret.
  •  

Une fois sortis de l’impasse sociale-démocrate, un nouveau chemin, esquissé ici doit être tracé, borné, mesuré, sécurisé et suivi avec toute la rigueur qu’un contre-pouvoir citoyen fort peut imposer.

Gilbert Haffner


[1] Procède du « Manifeste des Égaux » de Gracchus Babeuf (1760-1797), du 30 novembre 1795 (9 frimaire- an IV) qui affirme « le bonheur commun » et « l’égalité des jouissances » comme but de la société et se prononce pour « l’égalité parfaite » ; la propriété privée doit de ce fait être supprimée et remplacée par « la communauté des biens et travaux ».

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