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Billet de blog 21 juin 2015

Le renouveau du socialisme

GILBERT HAFFNER
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le renouveau du socialisme

Le terme « socialisme » n’est pas obsolète ; ce n’est pas encore un gros mot ; il est riche de valeurs et d’utopies et il recèle sûrement de vastes potentialités pour définir un futur vivable pour tous les citoyens. Avant de l'enterrer purement et simplement comme nous y invitent un peu lourdement des dirigeants "ex socialistes" en mal de reconnaissance de glissement vers la droite, il serait salutaire de parler de "renouveau"; car c'est tout simplement possible.

Avant de parler de renouveau du socialisme, il serait sans doute utile   de rappeler les fondamentaux dudit socialisme à un moment où des dirigeants d’un parti du même nom ne rêvent que d’en changer. Peut-être, comme le suggérait Denis Sieffert dans un récent éditorial de Politis, veulent-ils sacrifier aux changements d’identité à la mode dans les partis français ; après les « Républicains » de Sarkozy, il suffirait de nommer le PS « Démocrates » et le tour est joué en même temps que l’allégeance aux Etats Unis d’Amérique devient enfin claire et sans surprise. Heureusement, il existe des socialistes authentiques qui n’accepteront jamais ce reniement aux valeurs d’une idéologie fondatrice d’un immense espoir pour les peuples humiliés et opprimés par les coalitions politico-financières mondiales qui ne sont autres que l’ultralibéralisme destructeur de vies et d’environnement. Au moment où les peuples non avertis, où les citoyens grugés et conditionnés acceptent avec résignation que ce soient « les marchés », drôles d’entités totalement impersonnelles qui dictent leur loi inique aujourd’hui à la Grèce, demain au monde entier, et qui, de plus, leur demandent de se serrer un peu plus la ceinture, il est peut-être temps de se ressaisir et de puiser dans la mémoire socialiste encore vive pour faire en sorte que cesse ce cirque infernal qui conduit à la misère généralisée.

Donner quelques pistes de renouveau qui devraient selon toute vraisemblance s’écarter assez fortement des déviances et erreurs commises au nom du socialisme se présente comme un chantier ouvert où chacun peut apporter sa contribution, à condition qu’elle situe toujours l’être humain avec ses souffrances et ses joies au centre des préoccupations et des utopies en construction. Il n’est pas question ici de monter un programme politicien, mais bien d’analyser la situation du pays, de l’Europe et du monde et de déterminer avec précision les attentes et les besoins des populations les plus défavorisées, dont le nombre s’accroit au fur et à mesure que l’argument de la fausse crise économique gagne du terrain. Le gouvernement des entreprises multinationales est à l’horizon de quelques années et prendra le pas sur les gouvernements nationaux, sur le droit et sur la justice. Le danger se précise chaque jour davantage ; demain les responsables politiques seront nommés par une troïka ou une autre, comme ce fut le cas en guise d’expérimentation il y a peu en Grèce et en Italie. Avant que n’émerge et s’installe cette nouvelle dictature, ce sont les citoyens eux-mêmes, trop souvent oubliés par ceux et celles qu’ils ont élus, qui doivent prendre la main et jouer une nouvelle partie, dont l’exemple récent de Podemos a peut-être jeté les bases et défini les premières règles d’une autre manière de gouverner et de renouer avec les principes fondateurs de la démocratie et de la République.

  1. 1.   Les fondamentaux

Ils sont nombreux, mais nous nous limiterons à n’en citer que quelques-uns, sachant que les nommer et s’inscrire en partie dans leurs trajectoires ou pensées ne suffit pas à l’action pédagogique sans laquelle le contre-pouvoir que nous voulons organiser ne saurait se développer. Ce qui veut dire que nous devrons par la suite, et sans trop tarder, réaliser une synthèse des mouvements, idées et projets socialistes dans l’histoire. Le système des fiches thématiques renseignées et référencées me semble constituer le format idéal d’une future diffusion de masse (ou pour le moins dans un premier temps sur internet).

Je listerais ainsi le mouvement appelé « socialisme utopique »[1] pour ses aspects expérimentaux que l’on retrouve aujourd’hui encore dans un grand nombre d’initiatives populaires, peut-être le « socialisme libertaire » des anarchistes trop souvent oublié ou assimilé à la seule violence politique, Karl Marx et le marxisme pour la puissance et l’actualité de son analyse et sa capacité d’anticipation, Léon Trotski pour la finesse de ses capacités organisatrices de la société et de ses écrits stratégiques, Jean Jaurès pour les fulgurances de son esprit de tribun proche des réalités quotidiennes du peuple. Il me semble qu’ensuite, nous n’avons pas eu de grand théoricien socialiste, et qu’il faut donc chercher quelques intellectuels engagés qui ont pu reformuler ou préciser quelques démarches socialistes modernes, tels Edgar Morin, Alain Badiou, Gilles Deleuze, Michel Foucault, Jean-Paul Sartre et quelques autres. L’une des caractéristiques inquiétantes de notre époque est justement le vide intellectuel autour des projets de société meilleure et plus juste, les penseurs ayant été remplacés par des associations ou cercles de réflexion divers souvent pilotés par des partis politiques et par les partis et hommes politiques eux-mêmes qui, au nom de l’électoralisme et des ambitions personnelles ont plutôt fait reculer le concept et la réalité du socialisme. Certes reconsidérer le socialisme (y compris si l’on adjoint l’écologie) est une tâche herculéenne ; ne rien faire et se satisfaire de la médiocrité ambiante ne fait que renforcer la domination capitaliste ; alors peut-être qu’un apport à la fois intellectuel et pratique dans un cadre politique et non politicien pourrait favoriser un redémarrage des grands courants de pensée politique et sociale.

Le socialisme utopique : Représenté à la fin du XVIIIème et dans la première moitié du XIXème siècles par quelques penseurs et praticiens du social, il se fonde avant tout sur la réalité de la situation des plus pauvres et sur des expérimentations locales. Saint-Simon, référence parmi les références de ce mouvement n’ira pas loin dans la contestation du système économique ; il est connu aujourd’hui comme le père fondateur du socialisme réformiste. Charles Fourier et ses phalanstères (l’un des plus connus demeure le familistère de Jean-Baptiste Godin) reste un projet sympathique et attirant pour imaginer une vie collective douce et travailleuse ; nous retrouvons ces notions dans certaines communautés un peu partout dans le monde, le mouvement hippie s’étant en partie seulement nourri de ces enseignements. Etienne Cabet et l’Icarie, sorte de communisme chrétien égalitariste n’ira pas bien loin dans sa conquête américaine. Plus sérieux mais limité dans son expansion, nous pouvons citer Philippe Buchez, perdu entre saint-simonisme et franc-maçonnerie créera avec quelques amis la « charbonnerie » (branche des carbonari italiens qui, eux, auront un rôle politique) se posera en fait comme l’un des précurseurs du socialisme chrétien. Le seul qui inspirera à n’en pas douter un mouvement de grande ampleur, Robert Owen, communiste avant l’heure, socialiste, utopiste éclairé, père fondateur du mouvement coopératif, fut sans doute également l’un des instigateurs de ce qui deviendra plus tard le syndicalisme. C’est lui qui lança en 1817 la célèbre formule: « 8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de sommeil », reprise par la suite par la 1re Internationale et le mouvement ouvrier français.

Ce courant, plutôt que mouvement, doit retenir l’attention de ceux qui sont  «à la recherche des solutions idéales », en ce qu’il regroupe une foule d’initiatives populaires, où l’amélioration des conditions de vie et la démocratie constituent les objectifs fondamentaux. Certes, il y a quelquefois ressemblance avec le paternalisme ou la charité chrétienne, mais dépouillés de ces caractéristiques entrepreneuriales ou religieuses, et correctement fédérés dans une approche politique réellement socialiste, des projets de ce type peuvent fournir des solutions transitoires viables vers cet autre monde dont nous rêvons raisonnablement.

Le socialisme libertaire : Plutôt que chercher à qui revient la paternité soit de l’anarchisme soit du socialisme libertaire, il serait profitable, en termes de sources et de théorisation d’étudier deux grands noms de cet ensemble assez disparate : Pierre-Joseph Proudhon, « qui cherchait un moyen terme entre la propriété privée (appropriation exclusive des biens par des particuliers) et le communisme (appropriation et distribution égalitaire des biens des particuliers par l’Etat) »[2] et Michel Bakounine pour qui la liberté prime sur toute autre revendication et qui, comme tous les anarchistes, refuse le rôle prépondérant de l’Etat, tout en militant pour une force populaire large et organisée qui, quelque peu « adaptée » pourrait se nommer « contre-pouvoir citoyen ». De ceux-ci, nous pouvons tirer des leçons d’organisation politique, de fonctionnement de la société  et d’anticapitalisme volontariste. Il y a sans doute beaucoup à prendre dans toute l’histoire anarchiste, libertaire, anarcho-syndicaliste et socialiste libertaire. Pour cela il convient de se départir du côté systématiquement violent de certains courants qui malheureusement a seul subsisté dans l’imaginaire collectif ; il en va souvent ainsi de grandes idées ou idéologies, qui en partie se sont détruites elles-mêmes, en partie ont été brocardées et condamnées par les puissants qui voyaient en elles des risques évidents pour leur privilèges. Autre leçon à tirer pour notre projet.

Karl Marx et le marxisme : Le risque est grand de vouloir tout dire et donc de ne rien dire, tant la stature de géant visionnaire de Marx gène l’analyse et  l’enseignement. « A contre-courant de la morosité idéologique, voire de la mélancolie démocratique qui semble marquer l’air du temps, il convient donc de revisiter un penseur visionnaire qui à bien des égards a anticipé certaines des dérives de notre époque, tout en esquissant les voies d’une émancipation humaine authentique, à mille lieues des réalités historiques qui ont prétendu s’inspirer de lui. Marx a su prévoir la mondialisation capitaliste et la froide mercantilisation de toutes choses qui en résulte. Il a montré les limites d’un libéralisme qui ne se soucie pas de donner chair et vie aux conquêtes du droit, et n’exalte le modèle du contrat que pour mieux enfermer les acteurs économiques dans la contrainte du rapport de force local. Il a réfléchi sur les mécanismes de l’aliénation et développé le soupçon qui réfère les beaux principes et les beaux discours à la réalité triviale des pratiques, afin de les mettre à l’épreuve et de démystifier une certaine façon de faire de la politique »[3].

Ce qu’il faut voir, comprendre et mesurer, c’est le décalage imposé par les tenants de la « pensée unique » entre l’intérêt majeur et la puissance des théories des penseurs socialistes au service des peuples et les dérives et déviances, parfois incitées ou contrôlées par les mêmes capitalistes, des réalisations concrètes que l’on peut dire usurpées et déformées de ces grands esprits libérateurs. Tout comme l’anarchisme ne se résume pas à quelques bombes posées ici ou là au cours des siècles, les écrits de Marx ne sont en rien les inspirateurs de Staline ou de quelques autres dictateurs « communistes » dévoyés. Toutes les théories, toutes les philosophies, toutes les idées progressistes au sens de génératrices de mieux-être pour les défavorisés de la terre ont toujours trouvé sur leur chemin les valets serviles du capitalisme ; alors ce fut pour certains la prison ou la mort, pour d’autres l’exil ou la falsification de leur pensée, pour d’autres encore le pur et simple oubli dans la grande bibliothèque pillée des bienfaiteurs de l’humanité. A la lettre P, point de Proudhon dans aucune librairie pendant des décennies. Henri Pena-Ruiz nous conte avoir parié une caisse de champagne avec un collègue qui l’apostrophait sur le lien « évident » entre la pensée de Marx et l’ère stalinienne ; le mettant au défi de trouver une seule phrase justifiant cette affirmation, il nous dit attendre toujours la preuve. Il nous dit aussi ne pas avoir attendu aussi longtemps pour savourer le champagne.

Léon Trotski : Dans nombre de milieux bien-pensants, y compris de gauche, « trotskiste » est au mieux synonyme d’extrémiste de gauche (à mettre dans le même sac que ceux de droite), au pire synonyme d’assassin. C’est avec ce genre de raccourci méprisant ou accusateur que l’on crée les conditions pour accepter sans broncher toutes les atteintes à la personne humaine organisées par le néolibéralisme dans le monde entier. Si l’on ajoute au cocktail la propre intolérance des uns et des autres appartenant au grand peuple de gauche, alors le mélange devient vite détonnant jusqu’à l’avènement salvateur d’une vraie dictature.

Mais comment se passer de la pensée de ce grand intellectuel communiste dont le plus grand tort est d’avoir osé critiquer et dénoncer les méthodes de Staline. Que l’on soit ou non d’accord avec le concept de « révolution permanente et mondiale », l’objectif du trotskisme ne peut que nous satisfaire car il prône la suppression du capitalisme comme modèle économique pour lui substituer, dans un cadre aujourd’hui oublié de lutte des classes, un socialisme disposant des moyens de production et capable de satisfaire les besoins de tous et non d’avantager constamment une minorité de privilégiés. Que l’on soit ou non d’accord avec les méthodes des trotskistes, de l’entrisme ou des alliances conjoncturelles avec les non révolutionnaires conseillés par Trotski lui-même, ou encore du fonctionnement parfois quasi sectaire (dû souvent à leur interdiction dans l’URSS de Staline ou de leur mise à l’index dans les pays occidentaux, non seulement par le patronat mais aussi par les partis de gauche traditionnels), il convient, comme pour Marx, de revisiter les œuvres de Trotski, afin de nous donner quelques clés supplémentaires de la lutte contre le capitalisme.

Jean Jaurès : Voilà notre icône national, cité par tous et par n’importe qui (ex. Sarkozy), de telle sorte que parfois on se prenne à douter de la parole du grand homme.

En 1917, Léon Trotski écrit un éloge de Jean Jaurès qu'il conclut par ces mots : « Jaurès, athlète de l'idée, tomba sur l'arène en combattant le plus terrible fléau de l'humanité et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le précurseur, le prototype de l'homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes, des espoirs et de la lutte ». Ceci ne suffit évidemment pas à fixer la personnalité et la pensée de Jaurès, comme il ne suffit pas de savoir qu’il mêla habilement le marxisme et l’humanisme, qu’il fit référence permanente à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qu’il fut historien de la révolution française. Jaurès n’est pas un révolutionnaire, mais plutôt un réformiste qui osait aller plu loin que la plupart de ceux que l’on classe dans cette catégorie. L’une de ses caractéristiques qui doit nous intéresser au premier chef est ce qui l’a perdu irrémédiablement au moment de la guerre, sa croyance en la force du contre-pouvoir syndical. Jaurès prônait la grève générale des deux côtés du Rhin pour éviter la guerre ; peut-être était-il sur le point de réussir et de montrer ainsi jusqu’où pouvait aller un contre-pouvoir. Le pouvoir occulte des Krupp et des Schneider le fit assassiner avec la bienveillance attristée (après l’assassinat) des édiles politiques. Ce qui ne veut pas dire que son message fondamental doive être oublié. Homme politique refusant toute fonction gouvernementale, journaliste de talent dénonçant les turpitudes et les injustices de la société capitaliste de son temps, tribun conscient du pouvoir des mots, Jaurès doit nous inspirer, mais à la différence de ceux qui s’en servent comme d’un oriflamme, nous devons plonger dans les combats qu’il a menés et comprendre les stratégies qui furent les siennes.

  1. 2.   Les pistes de renouveau

En écrivant le titre, il me semble avoir déjà cité les pistes, ou au moins les avoir évoquées. Et si, en intégrant quelques autres courants de pensée socialiste passés sous silence eu égard au manque de place et de temps pour cet exercice, les pistes de renouveau n’étaient en fait qu’une synthèse adaptée à notre époque. Mais est-elle si différente des autres époques ? Les constantes de privilèges de quelques-uns et d’injustices multiples pour l’immense majorité subsistent sans prendre une ride. Ce n’est pas parce que les technologies de l’information donnent le tournis et sont en passe de devenir le nouveau miroir aux alouettes que les hommes et les femmes d’aujourd’hui sont plus ou moins intelligents, plus ou moins généreux ou avares selon les cas, plus ou moins ambitieux ou satisfaits de leur sort, plus ou moins combatifs ou résignés devant l’oppression. Il me semble que nous possédons toutes les clés théoriques pour changer enfin le monde ; nous avons acquis au cours des siècles une expérience cumulée des luttes, des victoires (bien minces et rares) et des défaites (malheureusement plus nombreuses) des classes laborieuses. Mais nous sommes peut-être en mesure de refuser l’inéluctabilité des mesures rétorsives et régressives présentée depuis  des années comme une fatalité et une juste punition de notre culpabilité populaire. Le renouveau, c’est, au-delà de la définition précise que nous devons en donner pour être crédibles, l’exposé simple et ambitieux des fondements revisités et des valeurs réaffirmées du socialisme au service du peuple tout entier. Ce socialisme-là, fruit de la longue marche des peuples et de la nécessaire révolte à venir contre l’absolutisme capitaliste n’est pas la nouvelle appellation d’un système politique au nom duquel furent commises de nombreuses erreurs dans le passé. Si le mot « socialisme » n’était pas aussi chargé de signification sociale, s’il n’était pas comme un souvenir des luttes passées et un hommage aux combattants d’alors, s’il n’était pas aussi beau, il faudrait le changer tout simplement. Dans ce que nous devrons dire du renouveau socialiste, il y aura une liste des caractères positifs propres de cette renaissance, mais il y aura aussi un contre argumentaire des déviances sémantiques et des approximations diffusées à l’envi par l’idéologie capitaliste dominante.

Gilbert Haffne


[1] Expression forgée par Friedrich Engels, pour l’opposer en le ridiculisant au « socialisme scientifique » qu’il préconisait avec Karl Marx. L’expression a fait florès et il représente assez bien les diverses composantes de la mouvance.

[2] Edward Castleton – Le Monde Diplomatique – janvier 2009

[3] extrait  Henri Pena-Ruiz – Marx quand même –Plon - 2012

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