Je ne prétends pas apoporter d'idées originales ici.C'est un exercice égoïste :me demander ce que je mets derrière un mot .Des amis médiapartiens ont déjà eu la gentillesse de dialoguer sur d'autres mots "généraux", c'est-à -dire vagues...
Pour moi, être matérialiste, c'est dire que l'aléatoire, le sans loi, l'informe, était là avant toute forme définie, avant toute "loi". Et qu'une tendance forte à un retour vers une absence de différenciation , de formes et de transformations, est toujours présente, et pesante (l'entropie).
C'est-, donc, dire aussi que les diversifications, les interactions, les histoires, sont l'antithèse de ce "sans loi", apparues après lui, et toujours , à la fois, remises en cause, et indéfiniment inventives et actives.
C'est dire, ence qui nous concerne, que "le corps", cette organisation complexe et hautement improbable,fluctuante sans répit , de "formes" physico-chimiques plus simples préalables, est là avant ce, plus complexe encore, flux d'énergie interactifs: conscience, langage, pensée. Et c'est dire que, muni de conscience, de langage, de pensée, on choisit de ne pas ignorer ce que l'on est.
Alors, se pose la question : détenteurs de "vouloirs", de "pouvoirs", qu'en fait-on? Pris dans le double mouvement contradictoire, entropique général, et néguentropiqaue du vivant , mais nés du néguentropique, allons-nous chercher à faire régresser le côté dont nous sommes issus? Ou, au contraire, nous efforcer de promouvoir ces aspects d'organisation, de diversité, de complexité croissante, dont nous sommes, chacun et tous, des lieux et des moments?
On le voit, pour moi, l'une des conséquences d'une prise de position matérialiste est l'exigence d'une éthique élaborée et remaniée sans cesse au fil du temps.