Le vieil aphorisme "mens sana in corpore sano" semble un peu oublié.
L'Education Nationale, si elle rend l'enseignement intitulé "EPS"(éducation physique et sportive) obligatoire , la considère comme un domaine à part. Les handicaps moteurs ou perceptifs (non-voyants, malentendants ) sont pris en compte par "l'enseignement général"...qui n'inclut pas l'EPS.
Les épreuves aux examens existent dans le Primaire et le Secondaire, mais avec un statut très particulier.Elles peuvent faire l'objet d'une "exemption"..ne comportent évidemment pas de "note éliminatoire" et ont un "poids" si léger dans la réussite que les élèves ne les considèrent que comme un possible "rattrapage", ou une occasion de glaner une "mention".
C'est étrange, dans une société où le corps humain fait l'objet d'une attention et d'un, intérêt très forts ; où les beautés, les merveilles, les exploits, les malheurs, les catastrophes du corps humain inondent le quotidien.
Et l'idée que chaque individu est une totalité indivisible est encore occultée par cette vieille dichotomie corps-esprit héritée de tant de religions. qui a engendré des coutumes, des préjugés, des répertoires de signes sociaux (par exemple, un vêtement qui rend plus difficiles les efforts corporels est réservé aux puissants et aux respectés).Et les religions sont encore propagandistes et préceptrices d'ascèses, de restrictions des nourritures, des activités corporelles, sous des formes très variées.
En a parte : certes, une activité intellectuelle intense s'accommode mal d'efforts physiques, d'emprises d'urgence ou de dagner, de responsabilités de "faire", dans les moments où elle est maximale. Sauf (il y a toujours des exceptions) si l'activité corporelle est peu intense, réclame peu d'attention : les péripatéticiens "pensaient et débattaient en marchant)..J'ai, personnellement, joué aux échecs "à l'aveugle" en marchant dans une rue tranquille avec un ami, autrefois).. Et des activités intellectuelles, des professions réclament, pour la santé et la sécurité de chaque travailleur, une formation (attitudes, gestes, respiration, etc...
Dans le système scolaire français, les activités corporelles ont pris, un temps, l'allure de "préparation militaire ( mise en rangs, marche au pas) , avant de devenir "sportives". Une analyse linguisto-historique des sigles APS (activités physiques et sportives) EPS (éducation physique et sportive) et des pratiques correspondantes révèle beaucoup de non-dits. L'examen de formes concrètes d'organisation et de pratiques : "corrective", "sport scolaire et universitaire", classes de nature (neige, mer, etc...) est aussi passionnant.
Seuls ,des chercheurs, ou des militants de pédagogeis nouvelles se sont intéressés aux pratiques "non encadrées" (attentes d'entrée en cours,,récréations, parcours de salle en salle).
Et des cas particuliers amusants : pour ceux qui font leur scolarité à domicile, un contrôle périodoque du respect de l'obligation scolaire (visite d'un inspecteur) est obligatoire...mais pas, à ma connaissance, pour l'EPS. Il existe un sport universitaire, mais les profs d'EPS ne sont "formés" à l'Université que depuis peu, sous des formes différentes de celles des autre disciplines universitaires (j'ai été prof d'UFRAPS , Unités de Formation et de Recherche en Activités Physiques et Sportives).Auparavant, une Ecole Nationale (ENSEPS), devenue plus tard Institut (INSEP) formait les professeurs de la France entière,.
Les préoccupations "hygiénico-médicales", ou "de formation du fantassin", o ou de"sportivité", et plus tardivement d'art (danse, "expression corporelle") qui ont présidé aux activités corporelles scolaires , l'ont emporté sur le côté "éducatif". Un "sport de balle" permet d'apprendre qu'une "équipe" hétérogène, chacun au service du projet commun (gagner un match, appliquer une stratégie, devenir experts en actions tactiques Compétences inaccessibles à un individu agissant en solitaire, qui , peuvent l'aider à se doter de compétences utilisables ailleurs (profession, loisir, santé).
quelques remarques finales et de "relances"
- le corps humain n'est pas que sa partie animale...mais est celui d'un mammifère primate particulier
- l'activité corporelle n'est jamais, nulle part, absente dans une vie humaine . est nécessaire de la connaître, s'y intéresser, se doter de compétences maximales,
-les entraves idéologiques à cette prise en compte rationnelle et responsable de son propre corps sont anciennes et puissantes.
-l'éducabilité peut être source d'esclavage, d'illusion, d'ignorance ...et, aussi, d'autonomie, de savoir, de lucidité.
-aucun aspect des activités humaines n'est absent , nulle part, jamais.Il ne faut pas "découper en rondelles" cette globalité...sans se'n apercevoir, ni autrement que pour l'acquisition de savoirs et compétences particuliers.
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